Que les bestes usent de la raison
%, Histoire des animaux, livre ix, p, 544,
par faiblesse, par peur; leur naturel ploie : comme le dit Aristote, « le vaincu ne peut « supporter la voix du vainqueur 1 ; » et, sous ce rapport si triste , la condition des bêtes n'est pas meilleure que celle de l'homme.
Le naturel des animaux ne se manifeste jamais plus complètement que dans les efforts qu'ils font pour conserver leurs petits, ou pour leur apprendre à se conserver euxmêmes, pour les instruire.
« La louve, dit G. Leroy, apprend à ses « petits à attaquer les animaux qu'ils doivent « dévorer 2 . »
Qui n'a vu la chatte exercer ses petits à la chasse des souris? Elle commence par étourdir, d'un coup de dent, une souris : la souris, quoique blessée, court encore , et les petits après elle. La chatte est toujours attentive ; et, si la souris menace de s'échapper, la chatte s'élance d'un bond sur elle.
« L'aigle, dit Daubenton, porte son petit
L Histoire des animaux, livre îx, p. 541.
t. Lettres philosophiques, etc., p. 233.
<( sur ses ailes, et lorsqu'il est assez fort pour « se soutenir, il l'éprouve en l'abandonnant « en l'air, mais il le soutient à l'instant que « les forces lui manquent 1 , »
« A l'époque où les petits des faucons et des « éperviers commencent à voler, j'ai vu pluie sieurs fois par jour, » dit M . Dureau de La Mille, « les pères et les mères revenir de la u chasse, avec une souris ou un moineau dans « leurs serres, planer dans la cour 2 , et ap- « peler, par un cri toujours semblable, leurs « petits restés dans le nid. Ceux-ci sortaient « à la voix de leurs parents, et voletaient au- « dessous d'eux. Les pères alors s'élevaient « perpendiculairement, avertissaient leurs h écoliers par un nouveau cri, et laissaient ci tomber de leurs serres la proie sur laquelle « les jeunes oiseaux se précipitaient. Aux « premières leçons, quelle que fût l'attention « des pères à laisser tomber l'objet presque « sur leurs petits volant à cinquante pieds