‹ De l'instinct et de l'intelligence des animaux (volume 2)Chapitre 103 sur 170 · Histoire de l'hytne, tome IX, page · texte numérisé non relu

Histoire de l'hytne, tome IX, page

Le chien est la conquête la plus complète de l’homme sur la nature. Cet animal nous a donné son espèce entière, et à ce point que le type de cette espèce semble avoir disparu. Nulle part le chien n’a été trouvé à l'état de pure nature.' 1 A défaut de cet état de pure nature qu’on ne connaît pas, F. Cuvier remonte jusqu’au chien le moins modifié pâr l’hômme, c’est-à-dire jusqu'au chien de l’fiomme le plus grossier, témoins industrieux de la terre, jusqu’au cbierf de l’habitant de la Nouvelle-Hollande. C’est ce chien qu’il prend potfr type de l’espèce. Après le chien de la Nouvelle- Hollande , celui qui se rapproche le plus de l’état sauvage est le chien des Esquimaux. Notre ménagerie les a possédés tous deux : ils n’avaient, ni l’un ni l’antre, l’aboiement net et distinct de nos chiens domestiques; et ils avaient, l’un et l’autre, sous lèur poil soyeux, une sorte de poil fahieui oh dè duvet , que nos chiens domestiques ont entièrement perdu.

Le chien et le loup sont deux espèces si voisitfes qu’on n’a pu leur trouver encore de caractère qui les distingue. Linné , en ce genre pdurtant si habile, n’en a trouvé d’autre que celui de la queue, tournée à droite ou à gau- * che. Le caractère distinctif du chien , selon

Linné, serait d’avoir la queue tournée à gauche '.

Notre ménagerie a eu plusieurs loups très apprivoisés’. L’un d’eux a offert à F. Cuvier un de ces attachements profonds, dont on croirait l’espèce même du chien à peine capable. « Ce loup, « dit-il, suivait en tous lieux son maître, obéis- « sait à sa voix, montrait la soumission la plus «complète.... Étant obligé de s’absenter, son « maître en fit don à la ménagerie : là, enfermé « dans une loge, cet animal fut plusieurs semaines « sans montrer aucune gaieté , et mangeant à « peine; cependant sa santése rétablit; il s’attacha « à ses gardiens, et paraissait avoir oublié toute « autre affection , lorsque, après dix-huit mois, « son maître revint. Au premier mot que celui-ci d prononça, le loup, qui ne l’apercevait point en- « core dans la foule, le reconnut à la voix, et té- « moigna sa joie par ses mouvements et par ses « cris. . . Il fallut se quitter une seconde fois. . . Trois « ans s’écoulèrent... Après cet espace de temps, « qui certainement aurait suffi pour que le chien « de la race la plus fidèle oubliât son maître, celui « du loup revint; c’était le soir, tout était fermé, « les yeux de l’animal ne pouvaientle servir, mais « la voix de son maître ne s’était point effacée de sa « mémoire : dès qu’il l’entend, il le reconnaît, lui

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