‹ De l'instinct et de l'intelligence des animaux (volume 2)Chapitre 110 sur 170 · SUR FRÉDÉRIC CUVIER · texte numérisé non relu

SUR FRÉDÉRIC CUVIER

cette vie lui valurent des études approfondies, qui, faites sans idées préconçues, sans systèmes, expression toujours fidèle de l’observation exacte, l’ont rendu unique en son genre.

Il a été pour les animaux supérieurs ce que Réaumür et Bonnet avaient été pour les insectes. En un sens, il a fait plus qu’eux : il a mieux démêlé le but précis de l’analyse psychologique, qui est de poser les limites des faits ; il a soumis à l’expérience des questions réputées jusque-là de pure philosophie; il a étendu le domaine de l’observation.

F. Cuvier avait été nommé, en 1810, inspecteur de l'Académie de Paris ; il fut nommé inspecteur général en 1831.

Il porta dans cette autre carrière la même conscience d’honnête homme, la même attention suivie, la même habitude des pensées utiles ; et il nous a laissé, de tout cela, une trace précieuse dans son travail sur Y enseignement de l'histoire naturelle dans nos collèges.

- Rollin, le bon recteur, cet homme qui avait tant médité sur l’instruction de la jeunesse, proposait, vers le commencement du dernier siècle,

« dans les bois pour suivre- les allures de ces êtres sentants... » Voyez ci-devant, page 6.

NOTICE

d’introduire l’histoire naturelle dans les collèges. Il voulait qu’on appliquât les enfants à l’étude de ces phénomènes, « dont ils seront toujours, di- « sait-il, d’autant plus surpris qu’ils acquerront « plus d’intelligence. »

L’ouvrage de Pluche parut alors *. Ce fut le premier fruit de la pensée de Rollin 2 , et peutêtre le seul ; car, pour voir l’higtoire naturelle pénétrer dans l’instruction publique, il faut venir jusqu’à la création des écoles centrales.

Mais, à cette époque, l’histoire naturelle, introduite dans nos écoles, est l’histoire naturelle avec tout ce qu’elle a d’austère et de difficile, ses nomenclatures savantes, ses méthodes abstraites. Or , comme le remarque très bien F. Cuvier, d’abord nos collèges actuels, môme dans-leurs plus hautes classes, ne répondent pas tout à fait aux écoles centrales, et ensuite eet enseignement des méthodes scientifiques, si utile pour les, esprits déjà formés, ne saurait convenir à l’enfancé.

Il faudrait donc, après 1 plus d’un siècle, reve-

1. I.e Spectacle de la nature: ouvrage ingénieux, attachant, qui mène doucement le lecteur de la nature à Dieu, et (pour rappeler une belle expression de Rollin) le rend attentif à la Providence.

2. « On nous avait conseillé d’abord, dit Pluche, le titre de « Physique des enfants ( Préface du Spectacle de la nature). » — C’est Rollin qui avait conseillé ce titre.

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