SUR FRÉDÉRIC CUVIER
nir à la pensée de Rollin, qui voulait deux histoires naturelles, une pour les savants, et l’autre pour les enfants. Il faudrait, en un seul mot, proportionner les études à l’âge.
«J’appelle physique des enfants, dit Rollin, « une étude de la nature qui ne demande.que des « yeux... Elle consiste à se rendre attentif aux «•objets que la nature nous présente, à les con- « sidérer avec soin, à en admirer les différentes « beautés, mais sans en approfondir les causes « secrètes, ce qui est du ressort de la physique « des savants *. »
La curiosité est, dans l’enfance, le premier ressort de l’intelligence. Et c’est pourquoi l’ histoire naturelle conviendrait si fort à cet âge.
Conduisez un enfant dans un cabinet d' histoire naturelle : il n’est rien qu’il ne voie, qu’il ne touche, sur quoi il ne vous interroge. On sent alors toute la justesse de ce mot de 'Rollin, qui, bien compris, nous donnerait, en effet, tout le secret de l’éducation de l’enfance : « Il est in- « concevable combien les enfants pourraient « apprendre de choses, si l’on savait profiter de « toutes les occasions qu’eux-mêraes nous en « fournissent 1 2 . »