DE LA PARENTÉ DES ESPÈCES
Ainsi donc, toujours origine simple, pure; jamais origine mêlée. Tous nos cochons viennent du sanglier seul, et non du sanglier croisé avec quelque autre pabhyderme ; tous nos lapins, du lapin sauvage seul, et non de ce lapin eroiséavec le lièvre etc., etc.
Nos animaux domestiques ont donc une origine simple, pure, naturelle et non artificielle, en un mot, une ; et c’est parce que leur origine est une, qu'ils ont une fécondité continue , une succession constante. .
Tous nos animaux domestiques sont donc des espèces simples ; et tout y reste simple ; les variétés, les races ne sont, dans chaque espèce, que des modifications déterminées de cette espèce même. , . • ’ , •
Je dis modifications déterminées. En effet, les modifications qui donnent les races sont toujours superficielles, bornées ; le fond de Y espèce n’est point altéré; ce fond subsiste; toutes les races d’une espèce, quelque variées, quelque nombreuses qu’elles soient, ne s’écartent jamais assez les unes des autres pour cesser d’être fé-
1. Le lièvre et le lapin sont deux espèces distinctes, et qui, dans mes expériences, n’ont jamais produit ensemble. S’ils tiennent jamais à produire, leur prodftit sera un métis d'espèce, c’est-à-dire un individu à fécondité bornée.
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coudes entre elles, et c’est là le grand fait : leur fécondité commune est la preuve la plus directe, la marque la plus sûre de la permanence de leur
unité première.
Rien n’a plus d’intérêt, rien n’est, en soi, d’une étude plus philosophique, plus haute, que ce qui touche au grand mystère de la parenté des espèces.
« En général, dit BufTon, la parenté d’espèce est « un de ces mystères profonds de la nature que « l’homme ne pourra sonder qu’à force d’expé- « riences aussi réitérées que longues et difficiles.
« Comment pourra-t-on connaître , autrement « que par les résultats de l’union mille et mille « fois tentée des animaux d’espèce différente leur « degré de parenté? L’âne est-il parent plus pro- « che du cheval que du zèbre? le loup est-il « plus près du chien que le renard ou le chaa cal 1 ? »
Mes expériences répondent à cette dernière question. Le loup et le chacal sont plus près du chien que le renard, car le loup et le chacal produisent avec le chien, et le renard et le chien ne produisent point ensemble.
Buffon continue : « L’union des animaux d’es-