BES ÉCOLES NORVALBS PRIMAIRES
M<N!I8IBIIR LE MINiSTRB,
Vous connaissez le litre de la loi de 1819 , qui iostilue les écoles normales primaires et pose les prin* dpes de leur oi^anisation. Vous connaissez aussi quel était le ncanbre de ces écoles en 1836 et en 1831» celui des élèves et celui des maîtres, et ce que coûte ehacune d'elles aux provinces et à TÉtat. Maintenant il faut pénétrer dans rbtérieur de ces établissements, reconnaître leur discipline, leur plan d*éiude et leur régime intellectuel et moral. J'entrerai k cet égard dans une foule de détails que Timportanee de leurt résultats justifiera, j'espère, à vos yeux. Je ne crain* drai pas de multiplier les renseignements et les docu* ment3 officiel». J'en ai recueilli un grand nombre, la ploparl manuscrits. Je les donnerai, souvent même en totalité, pour que les choses paraissent elle-mômes et produisent leur effet propre. A la fin seulement, je voua soumettrai les réflexions que m'ont suggérées l'examen attentif de ces documents et la vérification que j'en ai faite par moi-même en visitant les plus célèbres écoles normales primaires de la Prusse.
Je commence par les petites écoles normales. Mais
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comme elles sont presque toutes des établissements particuliers, rÉtat, tout en les surveillant, ne les soumet point à la même publicité qu*il impose à ses grandes écoles. Ces petites écoles se cachent plutôt qu*elles ne se montrent. C'es^t là leur honneur et leur mérite. Mais cela même les rend assez difficiles à bien connatire. Cependant je me suis procuré les règlements de quelques-unes d'entre elles. En général les petites écoles normales diffèrent des grandes noii««eulement parce qu'elles ont un bien moins grand nombre d'élèves, mais surtout parce qu'elles sont destinées la plupart à former exclusivement des maîtres d'école de village, pour les communes les plus pauvres. C'est là leur but propre ; c'est en cela qu'elles sont originales et profondément utiles. Les grandes écoles fournissent, il est vrai, des maîtres pour les campagnes comme pour les villes, et leurs élèves, du moins ceux qui reçoivent des stipendia, Stmi pendant plusieurs années à la disposition du gouvernement qui les envoie où bon loi semble ; et Ton peut se fier à la sévérité connue du gouvernement pour se servir de son droit dans l'intérêt général. Mais il y a toujours des communes ai pauvres qu'on hésite à y envoyer un mattre d'école un peu distingué , et ce sont précisément ces malheureuses communes qui auraient le plus besoin de lumières pour améliorer leur situation. Les petites écoles normales sont destinées à suppléer à l'insi^sance des graiides. Elles travaillent pour lescampagnes pauvres etarriérées. De là décoalent toute leur organisation, leurs études,
INSTROCnON PRIMAiRE. 191
ienrâbdpUiie.'SaDsdottte tes grandes écoles normales de laPmsse méritent la pins haute estime ; mais il n*y aura jamais assez de respect pour ces petites écoles normales qui se cachent, comme je Fai déjà dit, au lieu de sç montrer, qui veulent être pauvres comme les aotres renient être riches, parce qu'elles travaillent pour tes pauvres, et qui s'imposent des restrictions de tout genre comme les autres s'excitent à des développements souvent excessifs. Elles ne coûtent presque rien et elles font beaucoup de bien. Rien n'est plus aisé à établir, mais à une condition, qu'on aura des directeurs et des élèves dévoués et obscurément dévoués. Or ce genre de dévouement, la religion peut teale l'inspirer et l'entretenir. Quand on consent à servir les hommes sans en être ni connu ni apprécié, il faut avoir l'œil élevé vers la divine providence ; ce témoin-là est nécessaire à défaut de tous les autres. Âassi les auteurs et les directeurs de ces petites écoles sont-ils presque toujours des ecclésiastiques inspirés par la ebarité chrétienne ou quelques hommes ver-^ tneui passionnés pour l'instruction populaire. Dans ces modestes institutions, tout respire le christianisme, Tamour du peuple et de la pauvreté. Permettez-moi de vous en faire connaître deux. Tune cachée dans an faubourg de Stettin, l'autre dans le village de Pyrilz en Poméranie.
Stettin a une grande école normale particulièrement destinée à former des maîtres pour les écoles bourgeoises. Un homme excellent, conseiller d'école