‹ De l'Instruction publique dans quelques Pays de l'AllemagneChapitre 35 sur 93 · TOME H. it · texte numérisé non relu

TOME H. it

184 DEUXIÈME SECTIOH.

{Schulraûh) dans le conseil de ce dé|^flaaeiit , M. Benihardt, sentit d'autant plus la nécessité de pourvoir aux besoins des écoles de campagne. U fonda donc une petite école normale dans ce but osique ; il la plaça non dans la ville mais dans un faubourg appelé Lastadie, et il fit pour elle le règlement suivant, que je joins ici presque entièrement.

Petite école normale primaire de Lastidie,à Stettin.

1 . Cette école est spécialement destinée aux jeunes gens pauvres qui se destinent à devenir maîtres d'é* cole de campagne, et peuvent au besoin gagner une partie de leur entretien par le travail de leur$ mains.

3. On n*y enseigne que les choses nécessaires aux petites communes pauvres de campagne qui chercbent pour leurs enfants des maîtres d'école chrétiens et utiles, et ne peuvent leur offrir qu'un chétif revenu.

5* Cette école veut être une école chrétienm fondée sur rÉvangile^ Elle désire ressembler à un ménage de campagne fort simple, et en même temps ne faire, autant que possible, de tous ses habitants qu'une aeule famille. Dans ce but, tous les élèves habitent avec les maîtres la même maison et mangent avec eux' à la même table.

4. Les jeunes gens que Ton reçoit de préférence, sont ceux qui sont nés et qui ont été élevés à la campagne, qui savent par principes ce qu'on enseigne dans un bonne école de campagne, qui ont un esprit

INSTMJCTIOM PBIHAItE. US

droit et une humeur gale. Si, avec cela, ils savent an métier on le jardinage, ils trouveront dans les heures perdues Toccasion de s'exercer et de s^instruire encore, ë. Uécole de Lastadie ne peut ni ne veut se comparer aux grandes écoles nonnales complètement or^ ganisées ; au contraire, elle cherchera à se maintenir toujours dans les limites étroites qui lui sont araignées.

6. La plus grande simplicité doit régner dans toutes ses habitudes, et il faudra, autant que possible, joindre à rétnde, qui est Tobjet principal et doit prendre la plus grande partie du temps, un travail manuel.

7. Linstruction a pour but d'apprendre aux jeunes gens à réfléchir, et, enrtes exerçant à la lecture, à récriture, au calcul et au chant, de les mettre en état de s'instruire eux-mêmes et de se former davantage. Car le paysan aussi doit apprendre à penser; mais Téelairer ne veut pas dire le rendre savant, c Dieu vent que tous les hommes soient éclairés, et qu'ils par^ viennent à la connaissance de la vérité, i '

8. L'enseignement doit avoir un rapport immédiat avee la vocation des jeunes élèves, et embrasser seule* ment dans ce qu'elles ont d'essentiel les connaissances que Ton enseigne dans les grandes écoles normales.

9. Les objets de renseignement sont : la religion^ la langue allemande , la lecture , récriture , le calcul et le chant. On joint à cela les premiers éléments de la géométrie , des leçons faci>es d'histoire natu» relie, des récits tirés de. d'histoire nationale, particulièrement de celle de Poméranie , ainsi que dea

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desen[>ti)ont géographiques. L'ob^ prindpAl et le

fond de toute iDstruciioii est la religion, d'après rhistoire et la Bible. Les livres principaux sont la Bible, le psautier, le catéchisme. L'école de Lastadie s'applique aussi à inculquer aux élèves Tamour de la nature, et, dans ce but, elle leur inspire le goût du jardinage et de la culture des arbres.

10. En traitant tous ces objets, il faut s'exercer à parler ayec pureté et justesse ; car, après la connais- %ince de la nature, il n'est rien dont les enfants des paysans aient plus besoin que d'apprendre à exprimer avec simplicité et vérité ce qu'ils savent.

. 11. Lks élèves en savent assez quand ils parlent , Usent et écrivent bien , quand ils font une bonne composition allemande , quand ils calculent avec réflexion et avec facilité, et quand ils chantent bien; ils en savent assez, quand ils connaissent bien la Bible, quand ils possèdent les notions les plus essentîëlleft du système de Tunivers qu'ils ont sans cesse sous les^ yeux, de la nature dans laquelle ils vivent continuellement ; ils sent beaucoup ; quand ils sont des hommes chrétiens, raisonnables et bons.

12. La durée de l'enseignement est fixée à deux années. La première année les élèves apprennent comme écoliers ce qu'ils doivent ensuite enseigner aux autres ; seulement ils assistent aux leçons que les maîtres donnent aux enfants de l'école annexée à cette petite école normale. Dans la seconde année le futur instituteur se met davantage en avant , et dès ce mo-

INSTRUCTION PBIMAIRE. tZI

nent tcml se rapporte de plus en plus à la pratique, ils coDtinueBl ainsi toute Tannée à s'exercer dans renseignement , et à la fin ils reçoivent une instruction courte et facile à comprendre sur la manière de condoire une école de pauvres à 4a campagne.

15. A Técole de Lastadie est jointe une école de pauvres, où les jeunes gens trouvent Foccasion de revenir y en enseignant, sur ce qu'ils ont appris, et de s'exereer dans l'enseignement d'après un plan fixe. Cette école consiste en une seule classe , afin que les élèves voient comment doit être composée et conduite une bonne école de pauvres , et comment tous les enfants peuvent être occupés à la fois.

14. Le nombre des élèves est fixé à douze. Les sobventîons qu'ils recevront dépendront des circonstances. L'enseignement est gratuit. Les élèves habitent six seulement dans chaque chambre. Le professeur habite aussi le même étage. Ils prennent en commun des repas aussi simples que possible , mais sains. Les domestiques sont inutiles , les élèves étant chargés de nettoyer les chambres et de faire les lits. La portière chauffe les poêles.

15. Les leçons commencent et finissent tous les jours par la prière et le chant des psaumes. Le maître est libre de fixer les heures des méditations (particulièrement fondées sur la Bible et les psaumes), ainsi que leur nombre. Tant que le véritable esprit du christianisme , la foi animée par la eharité « régnera dans Téta* blissement et remplira le cœur des maîtres et des

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élèves, récole sera chrétienne et fonuera des inatiuileurs chrétiens ; et ces seatlments de foî et de cbarité iouraeroDt au profit des pauvres el du peuple.

16. 11 ne sera donc pas nécessaire de prescrire une règle minutieuse;maisoiichercheraàréu»ir, autaiHque possible , réducation à Finstruction. La lettre tue et l'esprit vivifie. Mais que ne faudrait-t-il pas pour faire pénétrer le véritable esprit du christianisme dans Tétablisseuent , pour que maitres et élèves, par amour pour le Seigneur, consacrent leurs soins à la jeunesse pauvre !

17. Quiconque voudra être admis dans rétablissement doit, outre ces conditions générales , avoir dixhuit ans accomplis, et n'avoir pas passé sa vingtième année. Il doit apporter des certificats de son pastear, des autorités de sa commune et du médecin du eercie» sur sa conduite antérieure et Télat de sa santé ; il doit posséder de plujs, dans L'histoire biblique , U kedure , récriture , le calcul et léchant, les coMiaissaaces préliminaires qu'on peut acquérir dans une école de cam* pagne bien orgauisée. Celui qui joindra à ces connaissances les principes du clavecin ou du violon sera préféré. On s'annonce chez le directeur, et l'examen d'admission est feit par les membres des autorités départementales qui s'occupent des écoles populaires.

18. 11 n'y a point d'examen public. L'examen de départ se fait de même par le^ conseillers d'école du département, et les certificats de capacité sont fondés sur cet examen , «l'après la gradation i, 2, 3, ei délivrés par les autorités départementales^.

INSTROCTIO!! milAIIS. ISO

19, Qoanl au placeineiit des élèves , iï sent bon que 9 pendait cpielques années y ils travaillent comme maître^ d'éc^ole auxiliaires, a^a d'atquérir peu à pea Texpérience et Tassnrance nécessaires, en contrac* tam des r^abons avec la jeunesse et les communes.

Dans cette supposition , Tàge de l'admission pourrait sans inconvénient être fixé à seize ans , et cette institatioB deviendrait un soulagement pour les maîtres d'école âgés , à cbarge à eux-mêmes et à leurs communes.

20. L'école donne une attention toute particuliàm an chant et à la culture des arbres fruitiers, afin d'ennoblir et d'égayer le culte divin et toute la vie de campagne , et de préparer aux élèves un délassement des travaux de l'esprit et une industrie utile, et de combattre par tout cela la grossièreté et l'obstination anxqueOes^ les cultivateurs sont enclins.

âl . Le dimanche tous les élèves assistent au service ^n dans l'église de Lastadie.

ââ. Les vacances ne peuvent , dans toute l'année^ durer plue de quatre semaines ; elles ont lieu à Pâques , en automne et à Noël.

215. L'établissement n'a d'autres revenus que ceux qu'il doit à la bienveillance du ministre de l'instructif publique et des cultes. Ces secours sont employés : .

i^ k soutenir les élèves les plus pauvres ;

^ X indemniser les mattres auxiliaires de chant et de jardinage ;

S*» A payer l'enseignement de l^école;

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