TOUE II
su A^PBflDICC.
Autant que possible on tâchera que les femmes des maîtres d'écoles se chargent eUes-mémes de renseignement des travaux d'aiguille aux jeunes filles.
La surveillance immédiate de chaque école de pauvres sera confiée spécialement à un c(»nité composé de l'un des ecclésiastiques de ta paroisse désigné par le comité des écoles de la ville, et d'un membre de l'administration des pauvres , chargé particulièrement de l'inspection da matériel.
La surveillance suprême appartient à l'administration des pauvres et au comité des écoles de la ville, dont le Sladl-Schulralk , ou conseiller des écoles de la ville, fait toujours partie.
Les soùs-maltres sont subordonnés aux maîtres d'école. Ils pourront être congédiés à volonté pour cause d'incapacité ou d'inconduite.
L'acquisition et l'entretien des locaux pour les éeolet des divers quartiers, le choix des maîtres et leur surveillance, l'administration du budget des écoles, appartiennent à l'administratisn des pauvres.
Les bureaux de bienfaisance de chaque quartier, l'ecclésiastique et l'administrateur chargés de la surveillance spéciale, s'occupent :
lo De l'admission des élèves;
2* Du contrôle pour la fréquentation des écoles;
3<* De la sortie des élèves;
4"* Des rapports annuels.
1° Comme on doit établir quatorze écoles communales de pauvres, la ville sera divisée en quatorze quartiers d'école, ayant chacun une école complète (garçons et Qlles). Tous les parents , demeurant dans chaque quartier, devront s'adresser au bureau de bienfaisance, et particnliè* rement à l'administrateur spécial , pour obtenir l'admission de leurs enfants à Técole. Cette admission aura lien
ArPfiriHGE. SIS
ordinaireoieitt deux fois par an , à Pâques et à la Saint- Michel, au commencement des cours.
L'administrateur décidera si l'enfant doUâtre admis gratuitement (toujours en payant un gros par mois), ou s'il doit être taxé à la rétribution de cinq à dix gros d'argent qui doit former le fonds extraordinaire.
Cette rétribution sera payée d'avance et de mois en mois h un administrateur du bureau de bienfaisance, choisi à cet effet, et elle sera versée tous les mois à la caisse du fonds extraordinaire.
Lorsque le nombre d'élèves û%e pour chaque classe de garçons ou de filles ( soixante et quinze enfants ) sera rempli , on n'en admettra pas davantage , et on adressera les élèves qui se présenteront aux écoles voisines.
â<> La fréquentation régulière de l'école sera Tobjet d'un contrôle spécial et de la surveillance la plus active : car c'est la condition première de tous les avantages que l'école doit produire. On serait trop heureux si tous les parents et les enfants étaient portés d'eux-mêmes à favoriser les mesures prises pour que les écoles soient régulièrement fréquentées. Malheureusement il n'en est pas ainsi , et surtout dans les grandes villes. Quoique la contrainte soit une mesure déplorable, il faut presque partout commencer par là ; et encore l'exécution n'est-elle pas sans difficulté dans une ville aussi peuplée que Berlin.
Pour obtenir des résultats favorables et amener dans les écoles tous les enfants pauvres en âge de les fréquenter, les maîtres d'école tiendront un registre de présence et enverront à la fin de chaque mois l'extrait de ce registre constatant les absences les plus marquées.
La commission des pauvres ou l'un de ses membres fera venir les parents , et si les excuses ne sont pas suffisantes, ils seront d'abord avertis et menacés. Tous les trois mois on dressera la liste des parents qui n'auront eu aucun
égard aux remontrances réitérées de la commission , et l'administration des pauvres pourra alors recourir aai voies de contraintes, conformément au § 48 du titre XIl , seconde partie du code général , qui prononce des peines correctionelies contre ce délit. Pour servir d'eiemple aux autres , il ne serait pas mal de publier de temps en temps le nombre des parents qui auront été condamnés pour n'avoir pas envoyé leurs enfants régulièrement à l'école.
Mais ce n'est pas assez d'assurer, autant que possible , cette régularité pour les enfants qui vont à l'école , il faut encore d'autres mesures pour qu'aucun enfant pauvre ne reste entièrement privé de l'instruction élémentaire. 11 y a toujours dans les grandes villes, un nombre considérable de malheureux qui n'ont jamais de domicile fixe , et qui changent de quartier tous les trois mois , tous les mois, et souvent tous les jours. Nous ne voyons qu'un seul moyen de les atteindre , et le voici : ce serait de s'entendre avec tous les établissements particuliers d'instruction élémentaire qqi ne sont pas sous ta direction de la ville, et de convenir,' qu'à une époque déterminée , tous les maîtres d'écoles primaires de la ville , sans exception, délivreront à leurs élèves un certificat de présence dont le modèle sera imprimé et distribué à toutes les écoles. Les parents seront tenus de montrer ce certificat. A la même époque la police municipale ou des commissions choisies parmi les citoyens , pourront , à l'aide des tableaux de recensement, faire dans toute la ville une inspection générale et simultanée. On dressera dans chaque quartier la liste des parents qui n'auraient point représenté les certificats de présence à l'école , ils seront appelés en police correctionnelle et condamnés suivant la loi , ou obligés de faire inscrire leurs enfants dans les écoles (t). «
(1) En France , et à Paris surtout, TinstitutioD de la garde natio-
APPENDICE. ZVt
L'exécution d'une pareille mesure dépendra sans doute beaucoup du zèle des autorités qui en seront chargées ; mais il ne faut pas que les difficultés effrayent quand il s'agit de remplir un devoir sacré en remédiant à un mal si déplorable.
3o La loi veut que Tinstruction de l'école se prolonge jusqu'à ce que l'ecclésiastique chargé d'examiner les enfants, les juge suffisamment éclairés sur les connaissances qui conviennent atout homme raisonnable de leur classe. On ne fixera donc point un âge déterminé pour la sortie de l'école. Elle sera autorisée par une décision du maître de l'école et de l'ecclésiastique chargé de l'inspection spéciale ; et comme dans toute école communale de^pauvres on n'enseignera aux enfants rien de superflu , cette décision sera motivée sur ce que l'enfant aura parcouru avec fruit le cercle de l'enseignement de l'école, et acquis les qualités morales que son influence a dû produire.
Il faut , en général , compter, au moins six années pour que le but de l'éducation intellectuelle et morale puisse être convenablement rempli. Ainsi , la plupart des enfants qui entreront à l'école dans l'âge de six à sept ans, pourront en sortir suffisamment instruits à treize ans.
La sortie des écoles ne pourra avoir lieu qu'à deux époques de l'année, à Pâques et à la Saint-Michel , après un examen public. C'est à la suite de cet examen que l'inspecteur ecclésiastique et le maître d'école arrêteront la liste des élèves qui pourront quitter l'école ; il sera délivré à chacun d'eux un certificat de sortie dont le modèle sera imprimé , et on distribuera à ceux qui se seront le
iialc pourrait être d'ua graud secours pour arriver à de promptA résultats, st l'on partagpeait le travail de recensement des enfants entre les mêmes citoyens qui s'occupent volontairement du recensement pour le service de la garde nationale.
mwttx distingués, à titre d'enconragement , des livres à leur portée (et de préférence la Bible oii un liTre de cantiques). Les frais en seront prélevés sur les fonds extraordinaires.
Il serait encore fort utile que les citoyens fussent tenus, sous une peine correctionnelle, de ne prendre à leur service ou en apprentissage aucan enfant qui ne serait point porteur d'un certificat de sortie ou de fréquentation de récole.
io Les rapports annuels de l'inspecteur ecclésiastique et de radministrateur du bureau de bienfaisance serviront à mesurer les progrès des écoles. Ils traiteront de la tenue intérieure de Técole, de renseignement et de la discipline, comme aussi des affaires matérielles de l'école, et signaleront les imperfections auxquelles l'administration des pauvres et le comité des écoles s'efforceront de remédier.
Ce plan général pour l'établissement des écoles des pauvres de la ville, ne pourra évidemment s'exécuter que peu à peu, à mesure que les difficultés qui se présentent dans les diverses localités pourrontêtre surmontées; mais on espère que, de son côté, le conseil municipal ne balancera pas à accorder les fonds nécessaires pour effectuer , le plus promptement possible , une organisation complète de l'instruction publique élémentaire.
Nous avons vu que les quatorze écoles communales de pauvres coCtteraient annuellement. . . 24,800 thalera
dont il faut déduire i,000
fournis par les fonds extraordinaires.
Reste. . . 23,800
Aujourd'hui l'éducation des pauvres coûte 15,725
c'est donc une augmentation de . . . 8,100
APPENDI6E. S19
Sur celte tomme 7000 thalers seront destinés à payer les loyers ou les intérêts des capitaux employés à la construc^ tion de nouvelles écoles, et les i,iOO tbalers restants auront pourvu à réducation de 1000 enfants de plus.
La plus grande difficulté sera de trouver des locaux convenables aux écoles communales , pour deux classes de garçons et deux classes de filles à soixante et quinze en^ fants par classe. Il faut à chaque école, en comptant cinq pieds carrés par enfant , quatre salles d'environ dix-neuf pieds de large sur vingt pieds de long, et en outre le logement des deux maîtres principaux.
Le projet alloue 300 thalers (environ 2,000 francs) pour le loyer de chaque école. Mais il est des quartiers où il sera presque impossible de trouver réunies, à ce prix, un nombre suffisant de grandes pièces pour les classes. On sera obligé d'en louer séparément pour les filles et pour les garçons, ce qui présente de graves inconvénients; de plus V une école établie dans une maison particulière prise en location , n'a aucune garantie de durée. Il est donc beaucoup plus convenable que la ville construise ellemême des maisons d'école , ou achète des constructions pour les approprier à cet usage. -
Les 7000 thalers destinés au loyer des qnatorie écoles, ou au payement des intérêts des frais de construction, représentent un capital de 140,000 thalers ; mais comme la ville ne pourrait supporter en une fois toute cette dépense , on propose de créer des actions de 100 thalers portant intérêt à cinq pour cent, pour construire, avee le capital, les établissements nécessaires. La ville garantirait le payement des intérêts, et, moyennant un fond d'amortissement , acquerrait peu à peu la propriété de ces quatorze maisons d'écoles pour les pauvres.
MAISON DE CORRECTION DES lEUNES DÉTENUS.
« Berlin , le H juin 1831.
c Monsieur le Ministre ,
« Outre la mullitude d'écoles correspondantes à nos trois degrés d'instruction, Berlin possède une grande quantité d'établissements de bienfaisance qui ne se rattachent pas assez directement au but de ma mission pour que je tous en entretienne. Mais parmi ces établissements il en est un qu'on peut considérer comme un établissement d'instruction publique, puisqu'il renferme une école, et que c'est sur cette école que reposent en grande partie les espérances des fondateurs. Cet établissement est d'ailleurs si original , et en même temps si simple, que je ne puis résister au désir de vous le faire connaître ; et peutêtre, si vous en parlez à des personnes qui consacrent une partie de leur vie et de leur fortune à de bonnes œuvres , ce peu de lignes pourra leur suggérer l'idée d'imiter en France un des établissements qui honorent le plus la piété et la charité éclairée des habitants de Berlin. Je veux parler de la société pour l'éducation des enfants qui sont privés de toute surveillance morale. ( rerein zur Erziehung sitUiek verwahrloseter Kinder. )
c Vous n'ignorez pas, M. le ministre, qu'il y a dans toutes les grandes villes une foule de petits enfants que la négligence ou même les mauvais exemples de leurs parents , la misère et l'occasion conduisent à une dépravation anticipée , ou du moins à des délits qui leur attirent des condamnations plus ou moins sévères de la part des tribunaux. Condamnés, ils sont ordinairement placés
dans des maisons de correction pour y sabir leur peine, et les maisons de correction les mieux tenues ne les améliorent pas toujours, et quelquefois les corrompent davantage par leur commerce avec des condamnés plus avancés en âge et en vices. Aussi, quand ils sortent de ces maisons de correction après avoir fait leur temps, ne tardent>iU pas à recommencer leur mauvaise vie ; et il n'est pas rare de les voir reparaître cinq ou six fois devant le magistrat avant l'âge où des coodamnalions plus sévères peuvent en délivrer la société. De là tant d'essais de la part des personnes charitables pour améliorer les maisons de correction. Jusqu'ici ces efforts n'ont pas produit de grands résultats, et quelques personnes ont eu à Berlin l'idée beaucoup plus simple de fonder une maison séparée qui se chargerait de l'éducation des enfants repris de justice, et dont la détention pénale serait commuée en un séjour plus ou moins long dans cette maison. On les y garde jusqu'à ce que leur amélioration morale soit bien constatée, et on ne les rend à la société qu'avec les plus grandes précautions.
< La première condition pour entrer dans cet établissement est d'avoir été repris de justice, la seconde est de n'avoir que de dix à seize ans. La société obtient d'abord du gouvernement de succéder à ses droits sur ces enfants pendant le temps de détention auquel ils ont été condamnés; ensuite elle traite avec les parents de ces petits malheureux pour être mise en leur lieu et place.
c Le but de l'établissenient est de réformer les mœnr» de ces enfants, et on y parvient par deux moyens, l'enseignement et le travail. Il y a vingt-quatre heures dans la semaine consacrées à l'enseignement : quatre heures pour la religion, deux pour la langue, quatre pour le calcul, quatre pour l'écriture, quatre pour la lecture, une pour le chant , et cinq pour les connaissances relatives à divers métiers. Le travail consiste à faire le service' de
3M APPEMDICe.
la naisaD , à enlrelenir le jardin , et fabriquer goinuème sea Yêiementa. Il y a en outre des ateliers où oo prépare différents métiers. Une discipline à la foi» forte et pater* Belle accoutume au respect de Tordre. Quand on se croit à peu près sûr de l'amélioration de ces enfants, on les place , selon leur goût et leur capacité , en apprentissage cbes des maîtres avec lesquels la société fait un contrat et entretient une correspondance. On leur donne, en quittant la maison, un habillementcomplet, une Bible, un livre de chant et le catéchisme de Luther. Chaque année, Ja société, par Torgane de son comité, rend compte de l'état de la maison, des progrès des élèves pendant leur séjour dans l'établissemenl, et après leur sortie , lorsqu'ils sont placés en apprentissage. A cet effet, on dresse des tableaux biographiques où chaque enfant est désigné, non pas sous son nom propre , mais par un numéro , avec l'indication de ce qu'il avait fait avant d'entrer à l'école, et des observations sur son caractère et sur sa conduite depuis sa rentrée dans la société. Cette institution , fondée le l*"' mai 1825, a déjà donné les meilleurs résuluts. Le roi a joint sa souscription à celles des personnes charitables qui peu à peu ^ sont accrues , et ont suffi à entretenir dans cette maison soixante enfants par année. Bientôt on a formé un pareil établissement pour les petites filles qui se trouvaient dans la même situation, et, le succès encourageant la bienfaisance, il y a maintenant plusieurs maisons du même genre en Prusse, à Kœnigsberg, ù Dantzig , etc. J'ai visité celle de Berlin , qui a servi de modèle à toutes les autres, et qui est consacrée aux garçons. Elle est placée dans un endroit isolé, près de la porte de Halle. Le lieu est très-sain , et l'arrangement de la maison convient parfaitement à son but. Là j'ai vu une cinquantaine d'enfants qui tous avaient été condamnés à des peines assez sévères, se formant peu à peu à l'ordre et à de meilleures habitudes. Le directeur de la maison ,
M. Kopf , est on homme de bien qui s'est donné à cette œuvre de charité, et remplit ses devoirs avec un zèle et un amour au-dessus de tout éloge. Il m'a montré le dort<&r, le réfectoire. J'ai suivi quelque temps ces enfants dans la récréation , et j'ai assisté à une de leurs leçons d'arithmétique, où ils ont répondu avec facilité et sûreté, comme des élèves d'un bon gymnase. J'ai de plus assisté à une prière en musique fort bien exécutée. Plusieurs ont des figures assez peu rassurantes ; plusieurs aussi semblent revenus pour toujours à des sentiments honnêtes. Il leur est défendu de se communiquer les uns aux autres ce qu'ils ont fait avant d'entrer dans la maison. On s'efforce de leur faire oublier le passé, et de leur éviter l'humilialion et le danger de pareilles confidences. On veut aussi éloigner de leur pensée l'idée qu'ils sont dans une maison de détention. Je me suis procuré et je vous transmets tous les comptes rendus annuels de cet établissement depuis sa fondation Vous y verrez les divers perfectionnements qu'on lui a donnés et le dernier état auquel il est parvenu. Déjà il a rendu à la société cent vingt enfants, dont plusieurs ont embrassé les professions les plus honorables. L'un d'eux est un des bons élèves de la grande école normale primaire de Potsdam.
€ J'ai l'honneur d'être, M. le ministre, avec le plus profond respect , etc. ^