COMPLÉMENTAIRE, SPÉCIALE, PROFESSIONNELLE
(Spécialités. -Diversité.)
L'éducation secondaire est trop pareille pour tout le monde. Il faut, j'en conviens, des établissements d'une autre nature , où les classes diverses de la société puissent trouver un aliment intellectuel qui convienne à leur vie, à leur destinée.
GvizoT, Chambre des députes , 1835.
i< Les établissements d'éducation, tels qu'ils sont organisés dans noire pays, ont pour objet principal et à peu près exclusif de faire entrer les enfants dans une série d'études grammaticales et littéraires dont les langues anciennes sont la base. Aussi n'exisle-t-il plus pour un enfant, après qu'il a appris à lire, écrire et compter, ni école, ni collège, si sa destinalion sociale, sa position de famille , les goûts, lui rendent inutile ou impossible la connaissance du grec ou du latin. « Qu'»rrive-l-il de là ?
« C'est, d'une part, que beaucoup de jeunes intelligences, laissées sans culture, sont abandonnées à tous les hasards des événements ; c'est, d'autre part, qu'une multitude d'éducations classiques se poursuivent et s'achèvent sans bons résultais : inutiles à beaucoup, parce qu'ils y assistent, durant longues années, sans les comprendre ; perdues pour d'autres, parce qu'ils entrent dans des professions où rien ne leur en rappellera les souvenirs ; décevantes et funestes pour ceux qu'une demi-science jelle hors des professions laborieuses où ils trouveraient à vivre utilement, et qui , ne sachant ni travailler de leurs mains ni combiner fortement des idées , embarrassent la société, la surchargent de médiocrités et la placent dans la cruelle situation de ne savoir comment disposer ni d'assez d'emplois ni d'assez d'argent pour satisfaire tant de prétentions affamées. « Cet état de choses est le produit de notre ancienne organisation sociale, dont il reste encore parmi nous tant de vestiges. »
Ch.Uenouard, député.
Rapport fait au nom de la commission nommée par la Chambre des députés sur le projet de loi toucliant l'iil- Slruclion primaire.
(Session de 1833.)