‹ De l'instruction publique en FranceChapitre 67 sur 110 · INDUSTRIE · texte numérisé non relu

INDUSTRIE

" Il fui, ilit-on, un temps où les liommes maujiC'.'iicni du gland; le pain alors était du luxe, et ce luxe n'est plus pour riionime civilisé que la première des nécessités. Sans doute aussi il fut un temps où, comme encore de nos jours chez les sauvages, les hommes marchaient nus; ils ne s'en affligèrent guère probablement tant qu'ils furent incertains de leur subsistance. Voyez le progrès! Nourris, les hommes se vèiissent; velus, ils songent à se parer. Autre perfeclionnenient : vOtus, ils veulent s'abriter; il façonnent les creux d'arbres, les cavernes ; puis vieiment les huiles en terre , les chaumines ; ensuite la maison de bois , l'édifice en pierre, les palais, le Panthéon et le Lciuvre. Mais quoi 1 dans ces murs où l'homme défie l'inlempérie des saisons, il faudra (jue l'homme ou resle debout ou s'allonge à Icrre ? Non : déjà l'homme s'est créé des besoins que naguère il ne soupçonnait pas ; les sièges, le lit, le carrelage, les tentures, sont successivement imaginés, puis la pierre spéculairc qui lient lieu de vitres. Que d'embellissements les uns à la suite des autres, jusqu'aux mosaïques, aux riches lapis, aux tentures de velours, aux bas-reliefs, aux incrustations de marbre, aux slaïues, aux bronzes , aux fresques; etc. FA jamais l'aniL'Iioralion précédente , qui, quelques années plus loi, semblait un rêve ou une folie, n'a fail torl à la suivante ; jamais la dernière imaginée ne peut se fialler d'être la dernière.

<• Que les immenses progrès de l'industrie, du commerce et des exploitations du sol n'effraient donc pas ceux qui veulent s'tlanccr dans cette carrière, divisible eu mille autres, chacune plus vaste que toutes les professions libérales .' Quels que soient les perfcclionnemcnts auxquels on arrive , il en restera toujours à faire ! A quelque richesse que parviennent les sociétés ou les indiviiius, on se créera des goûts nouveaux, de nouveaux besoins! De quelques secrets que nous dérobions la connaissance à la nature , elle en gardera bien d'autres pour les générations cl les capacités à venir! L'espace qui s'ouvre devant l'industriel est donc vraiment indéfini, puisqu'en résumé les besoins d'une pari n'ont point de bornes, les possibilités do l'autre n'ont point de limites. Chaque amélioration peut donner naissance à des amélioralions nouvelles, comme le flambeau qu'on vient d'allumer peut, sans rien perdre de l'inlensilè de son éclat , en allumer un second , auquel s'en allumera un troisième, et ainsi de suile indéfiniment.

Ajasson de Ghansagse.

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