FABRICANTS ET MANUFACTURIERS
Considérations de classe et de fortune. — L'étude de la mécaiiiquo, do la chimie et fie la physique, que nous avons mise au nombre des connaissances obligées de l'histruction éléiuentaire gratuite, ne peut manquer d'avoir une heureuse influence dont toutes les industries se ressentiront, et particulièrement l'industrie manufacturière. Ce que nous avons dit pour les négociants et commerçants s'applique également aux nînnufi'.cturiers et fabricants. La classe riche et la classe moyenne tendent à s'associer pour les exploitations dont le développement a besoin de grands capitaux.
Cette alliance ne saurait être trop encouragée dans l'intérêt du pays. Ce sera un grand pas de fait vers le bienêtre général que de détourner de l'agiotage, en faveur de l'industrie, les grandes fortunes flottantes.
IVul en Angleterre, même le paresseux, ne rougit du travail : l'aristocratie britannique regarde comme un honneur de faire valoir ses terres, elle se plaît à prendre part, de toute façon, aux entreprises manufacturières et commerciales, les plus humbles comme les plus élevées; elle n'y fait pas de pertes , car elle n'y fait pas de fautes, ainsi qu'il est arrivé si fréquemment en France à de hauts persoimages, après la chute de l'empire. Autant ceux-ci sont |)eu au fait de tout ce qui touche ces opérations, autant les grands seigneurs anglais connaissent la banque , les manufactures, les assurances, la mécanique, la ^éo-
graphie commerciale et la tenue des livres. Aussi n'hésitent-ils pas à confier des capitaux à des entreprises dont ils sont capables d'apprécier les chances, et dont ils comprennent la marche et les phases. C'est ainsi que chez eux toute idée utile et grande est sûre de trouver accueil et argent. En France, au contraire, ces mêmes idées ne sont reçues qu'avec défiance : qui prête un sou sur elles le hasai'de et fait presque une charité, car il ne sait s'il prête ou s'il donne. Aussi, la plupart du temps, est-ce le charlatanisme qui soutire les capitaux , tandis que l'idée utile, peu adulatrice de sa nature, cherche infructueusement des gens qui la comprennent, l'aident et s'enrichissent à l'aider.
Ce qui fait qu'en France la grande majorité des familles tient encore ses enfants à l'écart de la carrière industrielle, c'est l'idée fausse que l'agriculture, l'industrie et le commerce n'exigent pas d'études spéciales approfondies, qu'un peu d'expérience ou d'intelligence suffit à leur pratique. Cette erreur profonde a de graves conséquences : elle retarde le développement de la richesse publique ; elle laisse au travail le boulet que l'ignorance le condamne péniblement et honteusement à traîner; elle laisse subsister, entre le pauvre et le riche, une inégalité trop grande et conséquemment dangereuse. L'espèce humaine s'élève toutes les fois qu'elle parvient à faire accomplir, par une force autre que la sienne , un travail pénible ou répugnant ; le progrès industriel consiste à réduire le plus possible la part de la force corporelle et à étendre au contraire davantage celle de la puissance intellectuelle.
APTrruDE : — Génie inventif. — Esprit d'ordre. — Dextérité.
INSTRUCTION NATIONALE : — Premier et second degrés.
INSTRUCTION PROFESSIONNELLE : — Mécaniquo. — Minéralogie.— Chimie et physique appliquées et approfondies. — Législation de l'industrie et des douanes. — Machines.
EN FIUNCE. 288
— Procédés industriels en usage en Angleterre. — Langue anglaise. — Statistique des produits manufacturiers.
ÉTABLISSEMENTS D'INSTRUCTION SPÉCIALE