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ÉCOLE CENTRALE DES ARTS ET MANUFACTURES

Rue de Thorlgny, au Marais, à Paris.

Objet et durée de l'enseignement.

L'école centrale est destinée spécialement à former des ingénieurs civils, des directeurs d'usines, des chefs de fabriques et de manufactures ; elle forme également des professeurs de sciences appliquées, doués d'une capacité toute spéciale ; car l'homme chargé de professer la pratique doit être ingénieur, les sciences appliquées ne pouvant être enseignées convenablement que par des hommes qui ont vécu longtemps dans les ateliers. Ainsi, Vécole centrale a pour objet d'alimenter l'industrie d'hommes capables de prendre la direction de ses établissements et de ses grands travaux , tout en procurant aux jeunes gens doués de quelque disposition pour l'étude des sciences appliquées un état indépendant, honorable et lucratif.

Tout, dans l'organisation de l'école, est dirigé vers ce double but.

L'enseignement comprend les matières suivantes :

Chimie (analyse chimique et chimie industrielle) ;

Géométrie descriptive ;

Physique générale et physique industrielle;

Construction des machines et métallurgie du fer (fabrication du fer et de l'acier) ;

Constructions et travaux publics ;

â80 DL l'i.NSTUUCTIO.N l'LULlULE

Exploitation des mines, métallurgie générale, minéralogie, géologie ;

Théorie des machines et métallurgie du fer (hautsfourneaux);

Machines à vapeur;

Géométrie et mécanique rationnelles;

Pliysiologie et histoire naturelle appliquées à l'industrie ;

Chimie générale;

Langue anglaise;

Dessin ; — Travaux graphiques.

Les études durent trois ans.

La première année ne comprend que les études générales, également obligatoires pour tous les élèves. Pendant cette espèce d'éducation préparatoire, qui sert déjà de première initiation à la science industrielle, chaque élève a pu examiner la spécialité qui convient le mieux à ses goûts, à sa capacité ou à sa position sociale, et consulter ses parents en leur donnant les bases d'une décision si importante. Chacun d'eux déclare, en conséquence. au commencement de la seconde année , la spécialité à laquelle il se destine, et l'école se divise ainsi en groupes. Tous les cours sont encore suivis par tous les élèves; mais les dessins et les manipulations se partagent en deux séries, l'une générale et l'autre spéciale. Tous les élèves exécutent les manipulations générales et les dessins généraux ; chacun dans sa spécialité s'occupe des autres. On a pu parvenir de cette manière à combiner les études générales nécessaires à tous, et les études approfondies nécessaires à chaque élève dans sa direction particulière. Cette organisation a permis d'introduire dans l'enseignement de l'école un plus grand nombre de cours, et de développer davantage ceux qui en font la base.

D'après cette organisation , les élèves sont partagés en trois divisions, et chacune des deux premières divisions

;>n quatre soctions. Les élèves nouvellement admis forment la troisième division; la deuxième se compose des ['"lèves qui ont suivi les cours d'études de la première année, et satisfait aux conditions d'examen qui la terminent; enfin, la première division se compose des élèves qui ont suivi les cours et subi les examens de la deuxième.

Tout élève doit déclarer, au commencement de la seconde année, la section dans laquelle il veut entrer.

Première section. Construction des machines , arts mé- [:aniques.

Deuxième section. CoNSTurcxiONs, arts physiques : travaux publics, architecture civile et industrielle; chauffage, éclairage, salubrité des villes et des grands établissements.

Troisième section. Chimie. Chimie minérale, poterie, porcelaine, verrerie, minium; produits chimiques en général, acide sulfuriqiie, acide hydrochlorique, soude, chlorure de chaux, aluns, sulfates de fer et de cuivre, chromâtes, salpêtre; art de l'essayeur; affinage des métaux précieux, etc. Chimie organique , Arts agricoles-. teinture, couleurs , vernis, acide pyroligneux, vinaigre, acétates, céruse, crèmes de tartre, acide tartrique, sucre de cannes et de l)etî;eraves , amidon, toiles peintes et papiers peints, distilleries, brasseries, huiles, graisses, cire, savons, tannerie, charbon animal, bleu de Prusse, gélatine, etc.

Quatrième section. Exploitation des mines, métaelurcie.

ExarTiCns. — Diplômes. — Cerlificals de caparité.

Le diplôme d'ingénieur civil est accordé aux élèves qui ont satisfait à toutes les épreuves du concours.

Le certificat de capacité est accordé à ceux qui n'ont satisfait qu'à certaines de ces épreuves.

288 DE l/lNSTRl'CTION PlBI.IQrE

Conditions d'admission.

L'école n'admet que des externes âgés de seize ans au moins.

Les élèves ne sont admis à lécole centrale qu'après avoir subi un examen f à Paris, devant les professeurs attachés à l'école; dans les départements, devant les professeurs de mathématiques des collèges royaux ou communaux), d'après lequel le conseil des études constate qu'ils sont en état d'en suivre les cours avec profit.

Connaissances exigées pour l'admission '.lans la division de première année.

\° Arithmétique et algèbre. Les quatre règles d'arithmétique, avec l'usage des décimales; la connaissance du système des mesures décimales. — La réduction , la multiplication, la division des fractions, leur transformation en décimales. — Les quatre règles sur les monômes et les polynômes algébriques ; on insiste sur la multiplication des polynômes, mais on ne demande que quelques notions de la division. La formule du binôme pour l'exposant entier. L'extraction des racines carrées et cubiques des nombres avec une certaine approximation en décimales.— La résolution de l'équation du premier degré à une inconnue. On insistera sur la pratique du calcul. — De la possibilité de résoudre plusieurs équations à plusieurs inconnues; application pour le premier degré, et particulièrement à la question des partages proportionnels.— Théorie des proportions déduite des équations qui expriment l'égalité des deux rapports. — Somme des progressions par différence et par quotient. — Théorie des exposants négatifs et fractionnaires. — Notions complètes des logarithmes considérés comme exposants variables; usage des tables les plus simples. — Résolution de l'équation du deuxième degré.

EN ir.A.NCK. 28!)

2" C.éométrie élémentaire. Notions dos anglos; leur niesiiro. — Dos angles entre une sécante et deux parallèles. — Somme des angles d'un triangle. — De l'égalité des triangles et des lignres n'elilignes. — De deux sécantes coupées par des parallèles. — Toutes les propriétés du triangle rectangle. — Construire une moyenne proportionnelle entre deux lignes. — De la tangente à une courbe; conslruire la tangente au cercle. — Mesure des aires planes reetilignes. — Les aires des polygones semblables sont (Dinmc les carrés des côtés bomologues. — Volumes des (lilTérents solides terminés par di'S plans. — Les volumes (les polyèdres semblables sont comme les cubes des côtés bomologues. — Tout ce qui se rattache à la perpendicularité et au parallélisme entre des plans et entre des |)lans et des droites. — De deux sécantes coupées par un système de plans parallèles.

3" Géométrie des lignes et des surfaces courbes. — Surface du cercle ; calcul du rapport de la circonférence au diamètre. Surface du cylindre, du cône, du cône tron- (jué (>t de la sphère. — Volume d'un cylindn;, d'un cône et d'une sphère.

Nota. On admettra pour cette géométrie curviligne les démonstrations les plus simples, comme celles de P.ezout.

A" Les candidats doivent traiter par écrit, en français, un sujet de composition donné. Leur écritun; doit être lisible, leur orthographe correcte. (Ceci n'est de rigueur que pour les élèves français. Les élèves étrangers seront admis pourvu qu'ils entendent la langue française de manière à pouvoir suivre les cours. )

5° Les candidats doivent construire, à une échelle donnée , avec la règle et le compas , quelques problèmes de géométrie élémentaire.

Il est à désirer que les candidats sachent très-bien ce qu'on exige d'eux pour leur admission ; qu'ils soient familiarisés avec l'algèbre et exercés aux applications de

290 DE l'iNSTRICTIOX l'L'BLIQlË

la géométrie élémentaire à deux et à trois dimensions. Sans une bonne instruction préparatoire, tout progrès à l'École Centrale est impossible , et les jeunes gens qui s'y destinent doivent se convaincre que, pour posséder à fond les matières de leur examen, il faut qu'ils étudient plus que le programme de l'école.

Les connaissances exigées pour l'admission à l'Ecole Polytechnique comprennent en outre la résolution générale des équations numériques, la géométrie analytique, les éléments de géométrie descriptive, la statique, le dessin d'une académie et le latin.

Dêbomsés.

Le prix de l'enseignement est de 77.j fr. par an , ])ayables en trois époques, ainsi qu'il suit :

Première époque , 19 novembre, 575 fr.;

Deuxième époque , 15 février, 200 fr. ;

Troisième époque, 15 mai, 200 fr.

La somme de 575 fr. , que tout élève doit payer avant le 20 novembre, demeure dès lors acquise en entier à l'établissement, quel que soit le temps que l'élève passe à l'école , et aucune partie de ces 575 fr. ne peut être affectée au deuxième ou au troisième versement.

Indépendamment des 775 fr. , les élèves sont tonus de verser chaque année à la caisse de l'école 25 fr. , qui sont destinés à subvenir à leurs menues dépenses , à payer les objets perdus, cassés ou détériorés par leur faute. Le décompte de cette somme leur est fait à la fin de l'année , et on leur en remet un bordereau détaillé. Le dépôt de ces 25 fr. additionnels se fait le 19 novembre, en même temps que le premier versement.

L'élève se pourvoit à ses frais des objets suivants nécessaires à l'enseignement :

Un tablier de chimie (2 fr.) ; une paire de fausses manches (90 c); un étui de mathématiques (27 fr.); une éponge (50 c. ) ; un godet de porcelaine (20 c. ) ; deux rè-

glos (2 fr. 50 c. ) ; deux équerres (4 fr. 50); deux pinceaux et une hampe (1 fr. 10 c. ); deux planches (8 fr. ); un morceau de gomme élastique ( -15 c. ) ; un morceau de colle à bouche (10 c.) ; une écritoire (40 c); un exemplaire des Tables de Logarithmes de Lalande (5 fr. 50 c.) ; un bâton d'encre de Chine ( 1 fr.); une tablette de carmin (2 fr. ) ; une tablette d'indigo (75 c.) ; une tablette de sépia (75 c. ).

KCOLE DU COMMF.RCE ET DES ARTS INDUSTRIELS.

Rue de Cliarontic, 'Jj, à Paris.

DmF.CTEUR, M. Pinel-Grandchami'.

PROFESSEURS des divisions supérieures :

{ Division industrielle. — Division commerciale. )

MM. Pjnel-Grandchamp, docteur en droit , directeur de l'école. •

CouRTiAL , ancien élève de l'École Polytechnique , ancien répétiteur à cette école , examinateur d'admission aux écoles du gouvernement, professeur à l'École royale des beaux-arts, etc.

Fremy, directeur des travaux chimiques au collège de France, répétiteur à l'École Polytechnique.

Cii. Callou, ingénieur civil.

Sardou , professeur d'opérations et de comptabilité commerciales, auteur de plusieurs ouvrages sur l'enseignement commercial et la langue française.

Cortemreut , professeur de géographie , auteur de plusieurs ouvrages sur la géographie.

Davits , professeur de langue anglaise.

FoRMSTECHER , professcur de langue allemande.

Parlo di Alvarez, professeur de langue espagnole.

RoRiNET, ingénieur-dessinateur, auteur du grand ouvrage sur le dessin des machines.

Lary, peintre, professeur de dessin.

292 ut; l'iNSTIILCTION l>LbLlytE

Do\ti;ii, professeur d'histoire naturelle au collège royal de Henri IV.

P. TiiÉ.NARD, chef des travaux chimiques au collège de France.

C. Beugnet, ancien élève de l'École Normale , licencié es sciences.

FRA>coi;rR fils, professeur de mathématiques.

Lamauciœ, professeur de calligraphie.

5lAr.Ti.\, ancien élève de l'école, préparateur et répétiteur du cours de chimie.

DiJPLis, répétiteur de mathématiques et de physique.

objet et durée de renseignement.

1^'école a été fondée en 1851. Son hut est de faire concourir les études générales avec les études spéciales , de faire en même temps des hommes lettrés et des hommes positifs.

Consacrée à l'enseignement le plus étendu, et propre, sous ce rapport , à toutes les classes de la société , cette école a de plus pour objet, dans ses divisions commerciales et industrielles, de former des négociants , des manufacturiers, des mécaniciens, des architectes, et en général des hommes capables de se livrer avec succès à toutes les spéculations industrielles.

Aujourd'hui que l'esprit d'association dirige les capitaux vers les grandes entreprises, l'éducation de cette école est également utile aux jeunes gens que leur position de fortune dispense de se créer un état, mais qui, dans la suite , auront à chercher un emploi fructueux de lems capitaux. Us peuvent y acquérir une instruction théorique et pratique qui les mettra plus tard à même de juger et de surveiller les opérations de commerce et d'industrie auxquelles ils voudraient s'intéresser.

Tn conseil de perfectionnement choisi dans les sommités de la société et de l'industrie est un gage de la bonne

EN i-UANCL. 2'JÔ

(liiocHuii tloiuiée aux études et du mouvement progressif (jui leur est imprimé'.

L'école l'orme quatre grandes divisions subdivisées eliarune suivant le nombre et le degré d'instruction des «■lèves.

1" Division i-rli-aratoike aux classes commerciales et industrielles. — 2" Division commeuciale. — 3" Division in- MisïiuELi.E. — 4" Division ÉLÉiMENTAïuE.

Les classes de la division préparatoire ont pour objet la langue française et les mathématiques. Les élèves de cette division peuvent, selon la volonté des parents, suivre des cours de langue latine et de langue grecque, qui se font, comme ceux des langues vivantes , trois fois par semaine, de manière à ne pas absorber entièrement le temps des élèves. 11 y a cinq cours de langues anciennes correspondant aux classes de 7% G% S'', 4^ et 5''.

Les enseignements religieux sont confiés à des aumôniers attachés à rétablissement ; tous, les exercices du culte catholique ont lieu sous leur direction.

DIVISION PRÉPARAXOIUE.

objet de l'eiiseigncmenl.

Langue française , — Langue allemande, — Langue anglaise , — Arithmétique , — Algèbre , — Géométrie, — Histoire, — Géographie, — Calligraphie , — Dessin.

DIVISION COMMEUCIALE.

Le temps des études est divisé en deux années.

' Membres du consi'il de perfcclionnemenl : MU. Ahago, secrélaiio pcrpéUiel de rAcadémie des Sciences; Dumas, mcnibre de l'Inslilut, presidenl du conseil des éludes de i'KcoIe centrale des arts et manufactures, etc.: le comte de Gastauin, pair de France, membre de l'Inslilut, etc. le comte Pillet Wjll, régent de la Banque, etc.; Michel Chevalier , conseiller d'État, professeur au collège de Trance , etc.; FnA^coElJn, professeur a la Faculté des sciences, vice-président de la Société d'encourascmenl, etc.; Boussincatjlt, membre de l'Inslilut, etc.; Foukkevron, ingénieur civil, etc.

:29i DE L'iNSTiaciiu.N l'LbLiyLt;

l^*" ANNÉL. — l.angue française, — Langue allemande,

— Langue anglaise , — Langue espagnole, — Géographie,

— Arithmétique , — Comptabilité commerciale , — Droit civil, — Chimie, — Histoire naturelle, — Dessin. — 2" anisi-E. — llhétorique et grammaire générale, — Langue allemande, — Langue anglaise , — Langue espagnole , — Calligraphie, — Arithmétique commerciale, — Opérations de commerce, de banque et de comptabilité, — Droit commercial (tribunal de commerce), — Chimie, — Histoire naturelle, — Dessin.

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