‹ De l'instruction publique en FranceChapitre 84 sur 110 · EN IT.ANCE · texte numérisé non relu

EN IT.ANCE

soriiiel ; il lui faut l'accepter tel qu'il se présente à lui. Cela est nue nécessité fâcheuse sans doute; mais cela n'est point une diiïiculté grave, car la très-grande majorité des paroisses n'a pas besoin d'être desservie par des hommes d'une inlclligence supérieure; il suffit de prêtres convenablement instruits , ayant du zèle et du bon sens. Loin de regretter qu'ils soient nés dans la condition la plus modeste, il y a lieu, au contraire, de s'en léliciter; car autrement il se pourrait que vivre confinés l)armi des gens sans instruction dans une commune rurale, n'y recevoir qu'un faible traitement, y être astreints à un service pénible, excédât leur zèle et leurs fitrces.

Au clergé que manque-t-il donc pour exercer l'autorité que nous lui souhaitons? — D'abord quelques hommes supérieurs qui lui impriment une direction plus élevée; ensuite une instruction plus profonde et plus variée, qui rende les mitiistres du culte plus utiles aux populations, dont il leur serait facile de s'assurer le respect et la confiance par la reconnaissance. Sur ce point nous nous associons volontiers aux vues du tribun Chassiron, que nous avons commencé par rappeler, afin qu'aucun doute ne restât sur l'esprit qui nous a dicté ces observations.

Les petits séminaires, qui, sous le rapport de l'instruction qu'on y reçoit et de la séquestration peut-être trop aitsolue du monde dans laquelle ils tiennent leurs élèves, paraissent réclamer des améliorations, sont d'origine récente; ils n'existaient point aux grands jours de la puissance du clergé.

Napoléon, qui comprenait l'influence de la religion et (lui ne la séparait point de l'État, afin d'obvier aux inlonvénients que présentaient les petits séminaires créés SI tus son règne, à l'ombre de la protection du cardinal lesch, avait ordoimé aux élèves de ces établissements de suivre les cours des lycées impériaux.

540 DE L'i.NSTRLCnON PI BLIQLL EN FRANCE.

Beaucoup d'hommes sortis de ces écoles à demi guerrières, où le drapeau national qui flottait sur leurs têtes portait ces mots : Spes patriœ (espoir de la patrie), se souviendront toujours d'avoir vu, en 1813 et 181 i, déjeunes abbés en soutane entrer dans leurs classes au son de la cloche, tandis qu'eux s'alignaient à la voix du capitaine instructeur et marchaient au bruit du tambour.

L'instruction du clergé est un grave sujet de méditation, que nous regrettons de n'avoir pu qu'effleurer.

Page 1