ÉCOLE ROYALE DE CAVALERIE
A Saumur.
Objet et durée de l'enseignement.
Cette École a été instituée, par ordonnance du 10 mars i 825, pour former les instructeurs des corps de troupes à cheval ; instruire ceux des élèves de l'École spéciale militaire qui sont désignés pour la cavalerie, et créer une pépinière de sous-officiers instructeurs.
Une école de maréchalerie et une de trompettes ont été annexées à cet établissement, dans le but de fournir aux corps de troupes à cheval des maréchaux-ferrants et des trompettes.
L'instruclion est toute militaire et basée sur les ordonnances et règlements en vigueur pour les troupes à cheval. Elle comprend :
L'ordonnance sur les exercices et manœuvres de la cavalerie; réquitation militaire, embrassant la connaissance du cheval , son emploi , sa conservation et sa reproduction; la théorie sur le service en campagne, appliquée sur le terrain autant que possible ; l'escrime à pied et à cheval ; le tir du mousqueton et du pistolet; la natation et la voltige; enfin des cours de topographie, d'histoire et d'administration militaire.
Les élèves maréchaux -ferrants sont instruits dans riuppiatrique élémentaire pratique et dans la maréchalerie.
Les élèves trompettes sont instruits dans la musique vocale et instrumentale.
On admet à l'École royale de cavalerie :
1" Un lieutenant par chaque régiment de cavalerie, d'artillerie ou escadron du train et des équipages militaires. Ces officiers sont tenus de suivre pendant deux ans les cours de l'École, et prennent, durant leur séjour, la dénomination de lieutenants d'instruction ' ;
2" Les élèves sortant de l'École spéciale militaire et destinés au service de la cavalerie, prennent la dénomination d'officiers élèves de cavalerie. Après deux ans de séjour à l'École, ils sont placés comme sous-lieutenants dans les régiments;
' Les corps des troupes à cheval qui n'ont à proposer, à l'époque des inspections, aucun lieutenant pour l'École de cavalerie , sont autorisés, par une ordonnance du 21 décembre 1828 , à présenter pour celte destination un oITicier du grade de sous-lieutenant, choisi parmi ceux qui auraient eu le désir de se perfectionner dans l'instruclion ; équestre, théorique et pratique.
L'n sous-officier par régiment d'artillerie est également admis à suivre les cours de l'Iicole de cavalerie , à la charge , par le corps auquel il appartient , de verser au trésor une somme de 400 fr. pour dépenses d'entretien de ce sous-ofiicier à Saumur.
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5° Des brigadiers ou cavaliers des corps, désignés à l'inspection générale de chaque année, et comme les plus susceptibles de suivre avec fruit les cours de l'École, et de devenir par la suite de bons sous-officiers instructeurs ;
4° Comme élèves maréchaux-ferrants, des enrôlés volontaires ou des appelés;
5" Enfin, comme élèves trompettes, des enfants de troupe ou des fils de gendarmes, de quatorze à dix-huit ans ; ou, à défaut, des jeunes gens tirés des classes civiles de la population.
Couililioiis (l'admission.
Les lieutenants ou soits-lieulenants d'instruction, les sous-lieutenants élèves, sont désignés chaque année, savoir : les premiers sur leur demande par MM. les inspecteurs-généraux ou les chefs de corps ; les seconds à leur sortie de l'École spéciale militaire.
Pour être susceptible d'admission parmi les cavaliers élèves instructeurs, il faut avoir été proposé à l'inspection générale, ainsi qu'il est dit ci-dessus.
Pour être reçu élève maréchal-ferrant , il faut : 1° n'être pas remplaçant; 2° être âgé de dix-huit ans au moins et de vingt ans au plus; 5" avoir cinq pieds deux pouces au moins.
L'engagement des élèves maréchaux se fait à Saumur, après l'examen du commandant.
Quand ils sont en état d'exercer les fonctions de maréchal-ferrant, ils sont placés en cette qualité dans les corps de troupes achevai.
Connaissances prculubles pour les élèves maréchaux.
Savoir lire et écrire ; avoir fait pendant un an au moins un apprentissage comme ouvrier maréchal-ferrant, serrurier, taillandier, armurier ou éperonnier.
Connaissances préalables pour les Élèves trompettes.
Ils doivent savoir lire et écrire.
Les enfants de troupe ou fils de gendarmes, pour être admis au nombre des élèves trompettes, doivent être âgés de quatorze à dix-huit ans, et annoncer des dispositions pour la musique. Les postulants qui appartiennent aux classes civiles de la population doivent avoir atteint leur dix-septième année.
Pièces à produire.
1" Une déclaration d'un officier de santé attaché à un hospice civil ou militaire , constatant qu'ils ont eu la petite vérole ou qu'ils ont été vaccinés, qu'ils ne sont atteints d'aucune infirmité ou maladie contagieuse, et qu'ils ont une bonne constitution; 2" leur acte de naissance; 5° un certificat de bonnes vie et mœurs; 4° un consentement écrit des père et mère ou tuteur.
Déboursés.
Préalablement à l'envoi à l'École de chaque brigadier ou cavalier désigné, il est versé au trésor, par les soins du conseil d'administration , une somme de 200 fr. à titre de première mise.
Les élèves trompettes appartenant aux classes civiles sont tenus de verser au trésor, avant leur admission à l'École, une somme de 30 fr. à titre de première mise. Le même versement de la somme de 50 fr. est exigé pour chacun des enfants de troupe ou fils de gendarmes qui sont admis comme élèves trompettes; ils sont également tenus, les uns et les autres, de justifier du consentement de leurs parents ou tuteurs.
Personnel de l'École.
Le personnel de l'École se compose actuellement d'un niarécUal-de-camp, commandant supérieur ; d'un colo-
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iicl , commandant en second ; d'un lieutenant-colonel , de trois chefs d'escadron instructeurs, d'un major, de liuit caititaines instructeurs, de trois capitaines-majors, d'un capitaine écuyer militaire, de deux lieutenants et un sous-lieutenant, sous-écuyers militaires; d'un capitainetrésorier, d'un officier d'habillement, d'un porte-étendard, d'un chirurgien-major et d'un chirurgien aidemajor. L'instruction est dirigée par un professeur d'art militaire et par son adjoint. — L'établissement compte aussi, comme personnel civil, un écuyer de première classe, un écuyer de deuxième classe, un écuyer de troisième classe , un professeur de maréchalerie, deux commis d'administration. Le service de l'infirmerie a un chirurgien sous-aidc-major, un pharmacien, un adjudant et un sous-adjudant d'administration. Les élèves sous-officicrs sont divisés en trois escadrons. Le premier, formant une division de grosse cavalerie et une division de dragons, se compose d'un maréchal-des-logis-chef, de quatre maréchaux-des-logis, d'un fourrier, de seize brigadiers, de soixante-deux cavaliers de première classe et de quatre-vingt-deux de troisième classe; le deuxième escadron, qui forme deux divisions de cavalerie légère, dont une armée de mousquetons, l'autre de lances, est composé comme le premier; le troisième compte un même nombre de sous-officiers. Le reste se compose de soixante-douze élèves maréchaux-ferrants et de soixantedouze élèves trompettes.
ÉCOLES RÉGIMEMAIRES.
On donne ce nom à des écoles formées près des difîérents corps de l'armée ou dans les corps mêmes, dans le but de développer ou de commencer l'instruction des hommes qui appartiennent à ces mêmes corps : elles n'ont pas toutes la même destination. En France, on distingue trois sortes (X écoles régimentaires ,■ — les écoles
d'ariillerie, — les écoles du génie, — et les écoles primaires. — Les deux premières sont des écoles praiiques, dont les militaires de l'arme suivent seuls les cours, dans lesquels ils trouvent la facilité d(^ perfectionner et de compléter leur instruction , dans l'intérêt de leur avenir.
Des écoles régimentaires d'artillerie existent à La Fère,
— Metz, — Besançon, — Strasbourg , — Douai , — Toulouse,
— Rennes; — des écoles régimentaires du génie existent à Arras, — Metz, — Montpellier. Chacune de ces Écoles est commandée par un maréchal-de-camp de l'arme , ayant sous ses ordres un lieutenant-colonel , sous-directeur de l'École ; un professeur et un répétiteur de sciences mathématiques, un professeur de dessin et de fortifications, deux gardes d'artillerie et un maître artificier en composent le personnel. 11 est affecté à chaque école régimentaire d'artillerie, sous le nom d'Hôtel de l'école, un bâtiment où sont réunis les salles et établissements nécessaires pour l'instruction théorique des officiers et sous-officiers de l'arme, tels que salles de théorie et de dessin, bibliothèque, dépôt de cartes et plans, cabinet de physique et de métallurgie, laboratoire de chimie et salles de modèles. Le polygone aflecté à chacune des écoles pour l'instruction des troupes de l'arme a assez d'étendue pour fournir, au besoin, une ligne de tir do douze cents mètres dans le sens de la longueur, sur une largeur moyenne de six cents mètres. — L'instruction des troupes de l'arme se divise en instruction théorique et en instruction pratique. Le cours annuel de l'instruction se divise par semestre en instruction d'été et en instruction d'hiver. L'instruction d'été commence, suivant les localités, du l" avril au 1" mai; l'instruction d'hiver commence du 1" octobre au 1" novembre. L'instruction théorique a lieu plus particulièrement pendant le semestre d'hiver, et l'instruction pratique pendant celui d'été, sauf les théories sur les manœuvres et sur les travaux
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d'artillerie , qui sont faites comme dans le semestre
d'hiver.
Des cours élémentaires existent également dans plusieurs régiments de ligne ou de cavalerie; mais comme ils ne sont ni soumis à une organisation uniforme ni obligatoires pour les élèves, et que d'ailleurs des écoles spéciales et des professeurs ad hoc n'existent pas, il s'ensuit que ces cours ne profitent pas à beaucoup près autant que cela se pourrait. 11 serait donc à désirer qu'il s'établît des écoles permanentes.
A cette utile création peut-être objectera-t-on les dépenses qu'entraînerait un nombre d'écoles égal à celui des villes de garnison ; mais nous ne demandons pas immédiatement la mesure pleine et entière ; que les cours s'établissent d'abord dans les villes principales; dans la suite, si les résultats avantageux compensent, comme nous sommes fondés à le croire, les sacrifices, on pourra donner de l'extension aux écoles, en augmenter le nombre et y introduire les modifications que l'expérience aura indiquées.
On nous opposera peut-être encore les déplacements fréquents des troupes en général ; mais pour peu qu'on réfléchisse, il sera facile de voir qu'on remédierait à cet inconvénient en régularisant les cours professés dans les différentes écoles, ou plutôt en faisant qu'il n'y en ait qu'un du même genre pour toutes; ainsi, l'élève qui était à une telle classe d'un tel cours en quittant une garnison arriverait dans une autre et retrouverait et son cours et sa classe; il n'éprouverait donc de retard que le temps employé dans le trajet, encore ce retard serait-il diminué par les rédactions imprimées que chaque élève de bonne volonté pourrait se procurer et consulter dans ses loisirs.
La société retirerait de l'instruction donnée aux militaires de grands et précieux avantages. Dans l'état de paix, sur trois jeunes gens désignés par le sort, deux au moins
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