‹ De l'instruction publique en HollandeChapitre 11 sur 59 · L£YOK · texte numérisé non relu

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mes SQhstantieUes , espèces intentionnelles , etc. Il a rejette plus universellement que personne auparavant cet impertinent fatras. Mais ce qui a surtout recommandé sa philosophie, c'est qu'il n'en est pas demeuré à donner du dégoût pour l'ancienne, mais qu'il a osé substituer des causes qu'on peut comprendre de tout ce qu'il y a dans la nature. Car Démocrite, Épicure et plusieurs autres des philosophes anciens , quoiqu'ils fussent persuadez que tout se doit expliquer par la figure et le mouvement du corps et par le fluide, n'expliquoient aucun phénomène , en sorte qu'on en restoit peu satisfait ; comme il paroist par les chimères touchant la vision , où ils vouloient qu'il se détache continuellement des pellicules très déliées des corps , lesquelles vont frapper nos yeux. Ils retenoient la pesanteur pour une quantité interne des corps. Ils soutenoient que le soleil n'avoit effectivement qu'un pied ou deux de diamètre , et qu'il se refesoit la nuit pour renaître le matin. Enfin ils ne pénétroient rien de ce qu'on souhaitait de sçavoir.

» Les modernes, comme Telesius, Campanella et Gilbert, retenoient de mesme que les Aristotéliciens plusieurs qualitez occultes, et n'avoient pas assez d'invention ni de mathématiques pour faire un système entier; Gassendi non plus , quoiqu'il ait reconnu et découvert les inepties des Aristotéliciens. Vérulamius a vu de roesme l'insuffisance de cette philosophie péripatéticienne , et de plus a enseigné de très bonnes méthodes pour en bastir une meilleure à faire des expériences et à s*en bien servir. Il en a donné des exemples assez rares, pour ce qui regarde la chaleur dans les

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corps, qa*il conclut n^estre qu'un mouvement des particules qui les composent. Hais au reste il n'entendoit point les mathématiques et manquoit de pénétration pour les choses de physique , n'ayant pas pu concevoir seulement la possibilité du mouvement de la terre, dont il se moque comme d'une chose absurde. Galilée avoit tout ce qu'il faut pour faire des progrès dans la physique, et il faut avouer qu'il a esté le premier à faire de belles découvertes touchant la nature du mouvement, quoiqu'il en ait laissé de très considérables à faire. Il n'a pas eu tant de hardiesse ni de présomption que de vouloir entreprendre d'expliquer toutes les causes naturelles , ni la vanité de vouloir cstre chef de secte. II estoit modeste et aimoit trop la vérité ; il croyoit d'ailleurs avoir acquis assez de réputation et qui devoit durer à jamais par ses nouvelles découvertes.

n Mais M. Descartes, qui me paroist avoir été jaloux de la renommée de Galilée , avoit cette grande envie de passer pour autheur d'une nouvelle philosophie. Ce qui paroist par ses efforts et ses espérances de la faire enseigner aux académies à la place de celle d'Âristote; de ce qu'il souhaitoit que la société des jésuites l'embrassast; et enfin parce qu'il soutenoit à tort et à travers les choses qu'il avoit une fois avancées, quoique souvent très fausses. Il respondoit à toutes les objections, quoique je voye rarement qu'il ait satisfait à ceux qui les faisoient , sinon comme les soutenants font aux disputes publiques dans les académies, où on leur laisse toujours le dernier mot. Gela auroit esté autrement, s'ileust pu expliquer clairement la vérité de ses

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dogmes, et il Tauroit pu, si la vérité s'y fust rencontrée.

» J*ay dit qu'il donnoit ses conjectures pour des véritez , ce qui paroist dans les particules caneiées , qu'il employé à l'explication de l'aimant, au cercle de glace suspendu en l'air, qu'il employé aux parhélies de Rome, et à cent autres choses , sans qu'il se soit arrêté à quantité d'absurditez que ces hypothèses tralnoient ayec elles. Il assuroitde certaines choses, comme lesloixdu mouTcment dans les corps qui se rencontrent , qu'il croyoit faire accepter pour vrayes , en permettant de croire que toute sa physique fust fausse , si ces loix l'estoient. C'est à peu près comme s'il vouloit les prouver en fesant serment. Cependant il n'y a qu'une seule de ces loix de véritable , et il me sera fort aisé de le prouver.

» Il devoit nous proposer son système de physique , comme un essai de ce qu'on pouvoit dire de vraisemblable dans cette science , en n'admettant que les principes de mécanique , et inviter les bons esprits à chercher de leur costé. Cela eust esté fort louable ; mais en voulant faire croire qu'il a trouvé la vérité , comme il fait partout, en se fondant et se glorifiant en la suite et en la belle liaison de ses expositions , il a fait une chose qui est de grand préjudice au progrès de la philosophie; car ceux qui le croient et qui sont devenus ses sectateurs, s'imaginent de posséder la connoissance des causes tout autant qu'il est possible de les sçavoir ; ainsi ils perdent souvent le temps à soutenir la doctrine de leur maistre , et ne s'étudient point ^ pénétrer les raisons véritables de ce grahd nombre de

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phénomènes naturels dont Descartes n*a débité que des chimères.

» La plus belle chose qu'il ait trouvée en matière de physique , et dans laquelle seule peut-estre il a bien rencontré , c'est la raison du double arc-en-ciel ; c'està-dire pour ce qui est de la détermination de leurs angles ou diamètres apparents ; car pour la cause des couleurs , il n'y a rien de moins probable, à mon avis. Les escrits des autres philosophes jusqu'à luy estoient pitoiables sur ce sujet , pour n'avoir pas sçu assez de géométrie , n'avoir connu les véritables loix de la réfraction, ni s'estre éclaircis par des expériences. Il est vray que ces loix de la réfraction ne sont pas de l'invention de M. Descartes , selob toutes les apparences ; car il est certain qu'il a vu le livre manuscrit de Snellius, que j'ay vu aussi, qui estoit escrit exprès touchant la nature de la réfraction et qui finissoit par cette règle , dont il remereioit Dieu ; quoiqu'au lieu de considérer les sinus, il prenoit, ce qui revient à la mesme chose , les costez d'un triangle ; et qu'il se trompoit en voulant que le raion qui tombe perpendiculaireraeni sur la surface de l'eau, se raccourcist, et que cela fait paroistre le fond d'un vaisseau élevé plus qu'il n'est.

» Nonobstant ce peu de vérité que je trouve dans le livre des Principes de M. Descartes, je ne disconviens pas qu'il ait fait paroistre bien de l'esprit à fabriquer, comme il a fait, tout ce système nouveau, et à luy donner ceton de vraisemblance qu'une infinité de gens s'en contentent et s'y plaisent. On peut encore dire qu'en donnant ces dogmes avec beaucoup d'assurance et estant devenu autheur très célèbre, il a excité d'autant

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plas ceux qui escrivoient après, à le reprendre et tascher de trouver quelque chose de meilleur. Ce n*estpas aussi sans Tavoir bien mérité , qu'il s'est acquis beaucoup d*estime ; car à considérer seulement ce qu'il a escrit et trouvé en matière de géométrie et d'algèbre , il doit estre réputé un grand esprit, n

H^otUvham*

La ville. — LMnspecteur primaire M. Belprat. — M. le baron de Mackay , membre de la commission de la ville.

— Salle d^asile. — École de pauvres. — Écoles primaires payantes. — École de la maison centrale de correction.

— Fin du voyage. Retour en France.

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