TRADUCTION
Monsieur Gerrit-Brandt,
Je vous envoie mon horloge , et je vous prie de faire faire la chaîne, et de Fy appliquer, comme nous sommes convenus ensemble, excepté que je vous ai parlé d'une chaîne de là aunes. Craignant qu'elle ne soit trop longue et trop difficile à appliquer et qu'elle ne cause de rembarras, je crois qu'il vaudra mieux prendre la moitié de cette longueur, d'après la mesure de la corde,.
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que j*ai jointe à Fhorloge. Je vous envoie en même temps les poids et la poulie , à laquelle le plus léger des poids doit être suspendu. Pardonnez -moi mon mauvais hollandais.
Votre bienveillant ami y Descartes.
/>'£gmond op de Hoef, 18 juillet 1643.
Extrait des remarques de M, Huygens sur la vie de Descartes, écrite par Baillef,
«t M. Descartes n'a pas connu quel seroit l'effet de ses lunettes hyperboliques , et les a présumées incomparablement plus qu'il ne devoit , n'entendant pas assez cette théorie de la dioptrique, ce qui paroistpar sa démonstration très mal basée des télescopes. Il ne sçavoit pas le défaut des réfractions remarqué par Newton. Nous serions heureux s'il n'y avoit que le défaut de la figure sphérique.
» Ne seroit-ce pas plus d'honneur à M. Descartes si on avoit omis un grand nombre de petites particularités sur sa vie? Ou faut -il croire que c'est un avantage et une chose à souhaiter d'estre ainsi connu à la postérité par des particularités et des circonstances qui n'ont rien de grand ni d'extraordinaire? Il me semble que si on nous avoit laissé de tels mémoires de la vie d'Épicure ou de Platon, ils n'ajouteroient rien à
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Testiineque je fais de ces grands hommes. Outre que ces petites choses ne méritent pas d'occuper un lecteur.
» Cet endroit où il raconte comment il avoit le cer* veau trop échauffé et capable de visions , et son vœu à Notre-Dame-de-Lorette, marque une grande foibiesse, et je crois qu'elle paroistra telle mesme aux catholiques qui se sont défait de la bigoterie.
» M. Descartes avoit trouvé la manière de faire prendre ses conjectures et fictions pour des véritez. Et il arrivoità ceux qui lisoient ses Principes de philosophie quelque chose de semblable qu'à ceux qui lisent des romans qui plaisent et font la mesme impression que des histoires véritables. La nouveauté des figures de ses petites particules et des tourbillons y font un grjand agrément. Il me sembloit , lorsque je lus ce livre des Principes la première fois , que tout alloit le mieux du monde , et je croyois , quand j'y trouvois quelque difficulté, que c'estoit ma faute de ne pas bien comprendre sa pensée. Je n'avois que quinze à seize ans. Mais y ayant depuis découvert de temps en temps des choses visiblement fausses et d'autres très peu vraisemblables , je suis fort revenu de la préoccupation où j'avois été, et à l'heure qu'il est je ne trouve presque rien que je puisse approuver comme vray dans toute la physique, ni métaphysique, ni météores.
» Ce qui a fort plu dans le commencement, quand cette philosophie a commencé de paroistre , c'est qu'on entendoit ce que disoit M. Descartes, au lieu que les autres philosophes nous donnoient des paroles qui ne faisoienl rien comprendre, comme ces qualitez, for-