‹ De l'instruction publique en HollandeChapitre 15 sur 59 · ÉCOLES LATINES · texte numérisé non relu

ÉCOLES LATINES

les professeurs chargés des autres enseigneinente, en leur donnant une augmentation de traitement. Il y a plus : si Ton ne trouve pas, dans les professeurs ordinaires de récole , des gens capables de se charger de renseignement des mathématiques , le même art. 19 permet d'appeler, pour cet enseignement, des mattres spéciaux ; mais ces mattres n'auront ni le même rang ni les mêmes avantages que les autres profeseurs : ils n'auront, d'après Fart. âO, aucune part â la rétribution des élèves. Celle-ci est alors exclusivement réservée au recteur , au corecteur et aux quatre autres professeurs. Le maître de mathématiques n*a droit qu'à un traitement spécial : il est exactement sur le même pied que les maîtres d'histoire naturelle et de langues modernes dans les collèges français.

Par tous ces motifs , il est évident que l'enseignement scientifique dans les écoles latines, n'offrant point une carrière véritable , ne peut attirer aucun homme distingué; et que cet enseignement n'est qu'un accessoire qui ne peut jouir auprès des familles et auprès des élèves d'aucune considération.

Les vices d'un pareil état de choses ne tardèrent pas à paraître. L'enseignement des mathématiques restant à peu près nul dans les écoles latines , condamnait celui des universités à la même nullité. Bientôt de vives réclamations se firent entendre , surtout en Belgique où les collèges avaient possédé autrefois , sous le gouvernement français , un enseignement mathématique très-bien constitué. De là l'ordonnance royale du 9 septembre I8â6, qui réforme l'enseignement des mathématiques dans les gymnases et dans les universités.

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L*art. 1«' de cette ordonnance arrête que renseignement des mathématiques dans les athénées , les collèges et les écoles latines , embrassera au moins les éléments de l'arithmétique et de Talgèbre jusqu'aux équations du deuxième degré inclusivement , et ceux de la géométrie jusqu'à la trigonométrie rectiligne. C'est exactement l'enseignement mathématique de nos collèges , et tel qu'il était réglé sous le gouvernement français dans les lycées de Belgique : cet article sérieusement exécuté devait relever en Hollande l'étude des mathématiques.

L'art, â de la même ordonnance met pour condition à toute inscription dans les universités , un certificat constatant que l'élève a acquis au collège , dans l'arithmétique , l'algèbre et la géométrie , les connaissances nécessaires pour être admis aux leçons académiques. C'est encore un sage emprunt fait au règlement français qui , pour le grade de baccalauréat es lettres, condition de l'inscription dans toute faculté, exige une certaine portion de connaissances scientifiques.

Mais malheureusement l'art. 5 contient une réserve qui détruit ou énerve toute la force de l'art, â. En effet, cet art. 3 admet qu'à défaut de ce certificat, il suffira, pour être inscrit comme étudiant, de produire une attestation du professeur de mathématiques de l'université, par laquelle ce professeur déclare qu'après avoir fait subir à l'élève un examen spécial , il lui reconnaît des connaissances suffisantes en arithmétique, en algèbre et en géométrie, pour profiter des leçons de l'université. Cet article renverse toutes les mesures antérieures. Si la nature humaine est en Hollande ce

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qa*elJe est en France, tout examen passé devant an homme seul est nul. Il n*y a personne qui veuille se charger à lui tout seul de la responsabilité d*un refus. Gomment yeut-on qu'un professeur de mathématiques, recevant dans sa chambre un étudiant en littérature, en droit ou en théologie , pousse le stoïcisme jusqu'à lui refuser, à lui et à toute sa famille et aux mille sollicitations dont on Fentourera, un certificat qui, après tout, ne nuira point aux mathématiques, et dont le refus nuirait aux revenus de l'université dont le professeur de mathématiques fait partie ? On peut être bien sûr que ce certificat ne sera jamais refusé ; que , par conséquent , les élèves ne demanderont point le certificat du collège dont parle Tart. â, mais cet autre certificat si facile à obtenir; que, par conséquent encore, dans Tespérance de l'obtenir, sans rien savoir, ils n'auront aucun intérêt à bien suivre l'excellent enseignement imposé en vain par l'art. 1<"^ de l'ordonnance de 1826. Mais à côté de cette indulgence excessive , voici en revanche une sévérité tout à fait déplacée et poussée jusqu'à l'injustice et presque jusqu'au ridicule. S'il est convenable et nécessaire de placer dans l'examen d'immatriculation, à côté de connaissances littéraires, une certaine portion de connaissances scientifiques, il n'est plus du tout nécessaire de reproduire cette dernière condition pour les examens qu'exige l'obtention des grades ultérieurs dans la faculté des lettres. C'est pourtant ce que prescrit Fart. 5 : il déclare que pour obtenir le grade de candidat es lettres qui prépare aux études de théologie et de jurisprudence , il faudra subir devant la faculté des sciences un examen sur les

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éiémente de l*arithoiétique, de Talgèbre et de la géométrie. Mais Yoici qui est bien pis : Fart. 7 veut que le candidat au grade de docteur es lettres obtienne préalablement du professeur de mathématiques un certificat constatant non*seulement qu'il possède, mais qu'il est en état d'enseigner et même d'enseigner avec succès les éléments de l'arithmétique, de la géométrie et de l'algèbre. Je rois bien que cette dernière disposition est faite pour les recteurs et corecteurs d'écoles latines, assujettis à la condition du grade de docteur es lettres, et qui voudraient, conformément à l'article ci-dessus énoncé de l'ordonnance de 1818, se charger de l'enseignement des mathématiques à leur école, pour avoir une augmentation de traitement. Je conviens qu'au moyen de cet art. 7 de l'ordonnance de 18S6, les docteurs es lettres qui voudront se charger de l'enseignement des mathématiques , devront les savoir. Mais l'ordonnance aurait dû dire cela et pas autre chose, et n'imposer cette condition qu'aux candidats au doctorat qui annonceraient un pareil dessein; autrement, dans sa généralité, l'art. 7 est souverainement injuste. Celui qui veut être docteur es lettres pour enseigner seulement les lettres , ne peut être condamné à prouver qu'il peut enseigner aussi les sciences avec succès. £t si on répond que ce certificat , étant donné par le seul professeur de mathématiques, sera très -facilement obtenu , je dis que cette réponse , très -fâcheuse en elle-même , détruit de plus la garantie nécessaire pour les docteurs es lettres qui se destineraient à l'enseignement des mathématiques.

On m'assure que depuis l'ordonnance de 1826, une

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nouvelle ordonoance, allant plus directemenl au but, a exigé pour renseignement des mathématiques, le grade de candidat es sciences , toutefois en accordant au ministre la faculté d'en dispenser. Je n'ai pas sous les yeux cette ordonnance ; mais d'après la disposition que je viens de citer, elle semble dire le oui et le non : exiger une condition et en même temps en dispenser, c'est véritablement ne rien faire.

Tous ces changements montrent assez que si quelques pas ont été faits vers le but qu'il faudrait atteindre , ce but n'est pas encore atteint ; et ici nous n'hésitons pas à inviter le gouvernement hollandais à tourner les yeux vers les deux pays où l'instruction secondaire est florissante, l'Allemagne et la France, et à imiter de leurs règlements ce qui peut réparer les imperfections que nous venons de signaler. Il faut s'empresser de supprimer l'obligation pour tout candidat au doctorat es lettres de prouver qu'il peut enseigner avec succès les mathématiques. Il faut également supprimer dans l'examen de candidat es lettres, la forte portion de mathématiques dont il est chargé et la reporter sur l'examen d'immatriculation , examen qu'il s'agit d*organiser sérieusement et de confier à une commission universitaire , composée de professeurs de la faculté des lettres et de la faculté des sciences , comme en France; ou , si l'on veut, comme en Prusse , aux professeurs supérieurs de sciences et de lettres de chaque gymnase ^ Enfin, le professeur de mathématiques doit être sur le même pied que les autres professeurs;

1 Mémoire, pag. 68-117.

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il doit aroir la même perspective d*aTancement, les mêmes avantages, et il faut lui imposer dans les sciences les grades correspondants à ceux des autres professeurs dans les lettres:

L'ordonnance de 1815 se tait sur un point essentiel qui, je ne crains pas de le dire, est la gloire et la force de l'instruction secondaire en France : la préparation des professeurs et les conditions nécessaires pour entrer dans la carrière de renseignement.

Nous avons vu que dans Tinstruction primaire la loi hollandaise prescrit deux degrés d'examen, l'un général, l'antre spécial pour obtenir une place de maître d'école, et que pour former ces mattres d'école, indépendamment des classes normales annexées à la plupart des bonnes écoles primaires, le gouvernement a établi une grande école normale à ses frais, à Harlem,iet qu'il en protège une autre à Gronlngue. Il semble que, pour l'instruction secondaire , de plus grandes précautions encore devaient être prises. L'ordonnance de 1815 dit seulement que, pour être professeur à une école latine, il faut être candidat es lettres , et docteur , pour être recteur et corecteur. Il n'y a pas d'autre condition au choix des professeurs , et pas un mot sur la manière de les former. S'il est pourtant quelque chose de dé^ montré par l'expérience , c'est que nul n'est propre à une fonction, s'il n*y a été préparé spécialement. Cette vérité reconnue un peu tard donna naissance à l'ordonnance royale du 19 septembre 18S7, et à l'arrêté ministériel du 1«' mai 18â8, qui établissent dans chaque université un cours de pédagogie avec des exercices pratiques : c'est déjà un progrès considérable ; mais on

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ne peat s^arrêterlà. Ces cours de pédagogie auprès des trois universités du royaume , répondent à peu près aux classes normales attachées aux bonnes écoles primaires : ces classes normales étaient aussi un progrès dans leur temps. Sans renoncer à cet excellent moyen de former des instituteurs, on a organisé une préparation plus sûre en fondant des écoles normales primaires; de même, en conservant le cours de pédagogie dans chaque université, il faudrait établir une école normale secondaire à Utrecht ou à Leyde pour tout le royaume , sur le modèle du Seminarium fur gelehrte Schulen de Berlin , ou sur celui de la grande école normale de Paris. Si la Hollande veut relever son instruction secondaire , qu'elle emprunte à la Prusse et à la France quatre pièces essentielles : le règlement du Séminaire de Berlin ^ et celui de Fécole normale de Paris ^ , avec le règlement prussien sur les examens nécessaires pour obtenir un emploi dans un gymnase^, et le règlement français du concours de l'agrégation * ; c'est là qu'elle trouvera des modèles d'organisation , ^ an lieu des ébauches que contiennent l'ordonnance * royale de 181 K et les ordonnances ultérieures.

Il est encore un article fort important sur lequel la pratique prussienne et française est infiniment supérieure à la pratique hollandaise : le mode de nomination et de traitement des professeurs.

< Mémoire , paç. 94.

'icole normale, pag. 34.

' Mémoire , pag. 43.

* École normale, pag. 152

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En Hollande , diaprés rordonnance de 181$ et de très «anciens usages, auprès de toute école latine est une administration appelée Collège des Curateurs. Cest ce collège qui présente les candidats aux places de professeurs des écoles latines ; mais à qui les présente-t-il? au conseil municipal de la ville; et c'est ce conseil qui nomme, parce que c'est lui qui paye. Mais ce principe est très-faux : celui qui paye n'a pas toujours le droit de nommer, s'il n'a pas la capacité nécessaire ; mais il est fort convenable qu'il paye ce dont il profite. En France , tous les professeurs de collèges communaux sont payés par les communes ; et ils sont nommés par le ministre. En Prusse, beaucoup de gymnases, sont , en partie du moins , aux frais des communes , et c'est toujours le gouvernement qui nomme les professeurs. Ainsi, même en supposant que le gouvernement hollandais ne pût intervenir davantage dans les dépenses des écoles latines, il a le droit d'en nommer les mattres ; et ce droit, si important pour le gouver- , nement, ne l'est pas moins pour le bon service de Fin- 'struction secondaire et pour les profeseurs eux-mêmes. L'État peut ainsi faire passer les professeurs d'une ville dans une autre pour augmenter leur traitement ou pour fortifier une école , et le droit de nomination est entre ses mains un moyen indirect mais efficace de récompenser les services et de répandre l'émulation. Enfin, le professeur nommé par l'État a tout autrement de dignité et de consistance. Quant à la question financière, en France , le gouvernement fait seul toutes les dépenses des collèges royaux, et il ne donne pas une obole à tous les collèges communaux; ce sont

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deux extrémités entre lesquelles je préfère la pratique de la Prusse, où TÉtat intervient, en une certaine mesure, dans le traitement des professeurs ou du moins des directeurs de tout gymnase. Le gouvernement hollandais ferait bien d*augmenter un peu les subsides . qn*il fournit déjà aux écoles latines ; ce lui serait un titre pour reprendre les rênes de Tinstruction secondaire qui, jusqu'ici, est restée presque entièrement municipale. Mais, je le répète, quand même il ne pourrait augmenter les subsides existants , il n*en est pas moins fondé à réclamer le droit de nommer tous les professeurs d'école latine, surtout les directeurs; et ce droit , personne ne sera tenté de le lui contester dès qu'il aura organisé : 1*» une école normale secondaire, semblable à celle de Harlem , pour l'instruction primaire ; â<* des examens sérieux pour devenir professeur d'une école latine , semblables à ceux qu'il a prescrits pour devenir instituteur primaire ; 5<* des commissions , et j'allais dire , avec mes habitudes de centralisation française, une seule et grande commission pour présider à ces examens, et conférer le brevet de capacité pour l'enseignement secondaire. Et ici, conformément à la pratique allemande , j'approuverais fort qu'il y eût un examen spécial pour les directeurs. En Prusse , le règlement ^ prescrit une conférence dans laquelle le candidat au rectorat doit exposer ses principes pédagogiques , et satisfaire à toutes les questions qui lui sont adressées sur les diverses parties de l'art de gouverner une école , élèves

< Mémoire , p. 67.

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et mattres, études et discipline, le moral et le matériel. En Hollande, il suffit d^étre docteur es lettres pour devenir recteur et corecteur. Au lieud*un simple grade, qui témoigne seulement d'une instruction plus ou moins élevée , mieux vaudrait un examen spécial où fussent mises à Tépreuve les qualités requises pour les fonctions auxquelles on aspire.

La meilleure disposition de Tordonnance royale du 2 août 1815, est celle qui établit auprès du ministre un inspecteur des écoles latines, lequel, conformément à son titre, surveille ces écoles , et fait de temps en temps une tournée, pour en visiter un certain nom* bre, selon les besoins du service. Cette place est pour rinstruction secondaire ce qu'est la place d'inspecteur des écoles primaires pour l'éducation du peuple. G*est comme inspecteur général des écoles primaires que M. Van den Ende a fait tant de bien. Il appartiendrait à M. Wynbeek, inspecteur général des écoles latines , d'oser regarder en face les imperfections des écoles confiées à ses soins , et d'essayer d'y porter remède : cette tâche est bien digne de son patriotisme et de ses lumières.

Et pourquoi le ministre ne ferait-il pas pour Tiastruction secondaire, ce qui s'est fait plusieurs fois si utilement pour l'instruction primaire? pourquoi de temps en temps ne convoquerait-il pas à la Haye un certain nombre de professeurs d'université dans les lettres et dans les sciences, des recteurs d'écoles latines et des curateurs de ces écoles, pour conférer avec eux sur les intérêts des écoles latines et sur les améliorations qu'on pourrait y introduire? II sortirait infailH-

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blement de ces assemblées des propositions qui mériteraient Tattention du gouvernement.

La première question qui devrait occuper une pareille assemblée , celle qu'il faut résoudre d'abord , et qui , non résolue , s'oppose invinciblement à toute réforme , c'est la délicate et périlleuse question de la répartition des écoles latines sur le territoire hollandais. Cette répartition est aujourd'hui très-vicieuse; il n'y a pas une petite ville qui n'ait voulu avoir son école latine , comme il n'y a pas de petite ville en France qui ne veuille avoir son collège. lien est résulté <|u'en Hollande, comme en France, il y a un bon nombre d'écoles latines qui comptent à peine quelques élèves , avec deux ou trois maîtres très-mal payés et dans une situation à laquelle aucun homme de mérite ne peut se réduire. La Hollande , en 1855, comptait 62 écoles latines fréquentées par 1255 élèves, ce qui donne, terme moyen, âO élèves par chaque école. Or, je le demande, quelle organisation un peu savante peut-on appliquer à une école de 20 élèves? comment diviser une pareille école en six classes, ainsi que le veut l'ordonnance royale de 1815, pour qu'il y ait 3 ou 4 élèves dans chaque classe? comment avoir des professeurs de sciences différents des professeurs des lettres? Avec un si petit nombre d'élèves, la force des choses contraint d'avoir très-peu de classes dans chaque école, et très-peu de maîtres, condamnés chacun à enseigner tout et à tout mal enseigner. £t encore ce nombre 20 n'est qu'une moyenne qui couvre de grandes différences. Nous avons vu que les écoles latines de la Haye et d'Utrecht ont chacune une soixantaine d'élèves; il faut donc qu'il y

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ait des écoles latines qui n*en comptent pas plus de 10 on 1S ; dans ce cas je défie le génie même de Torganisation de tirer aacan parti d'une pareille école. Par exemple , un seul département , la Gueldre , a 14 écoles latines fréquentées par 70 élèves, ce qui donne, terme moyen , IS élèves par école. N'est-il pas évident que, dans ce département, il y a trop d'écoles latines, qu'elles se nuisent les unes aux autres, et que plusieurs doivent être dans un état déplorable? Je sais tout le respect qui est dû aux habitudes domestiques et aux mœurs de la famille , et qu'en ayant partout sous leur main une école latine , bonne ou mauvaise , les parents ne sont pas forcés de se séparer de leurs enfants, et qu'on évite ainsi de convertir les écoles latines en pensionnats. Mais si on tient à une bonne instruction secondaire , il faut bien faire quelques sacrifices , et payer la rançon du bien qu'on veut obtenir. Or, ici cette rançon est inévitablement le système du pensionnat dans une certaine mesure pour quelques écoles latines, et la suppression d'une vingtaine d'écoles au moins sur 62. Cette suppression serait un grand bien public et même privé ; car tant d'écoles latines sont un appât dangereux pour beaucoup de familles auxquelles des écoles françaises bien organisées , de bonnes Burgerschulen conviendraient mieux. Il y a très-peu d'écoles françaises publiques en Hollande, et beaucoup trop d'écoles latines ; il faudrait renverser cette proportion ; il faudrait augmenter le nombre des écoles françaises publiques, diminuer celui des écoles latines, et transformer peu à peu les établissements secondaires trop défectueux en excellentes écoles primaires supérieures.

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