UNIVERSITÉS
cine ; et dans ce cas, en Hollande comme en France, il y a un programme scientifique particulier.
Quelle que soit ma prédilection pour la philosophie et rhistoire de la philosophie , je ne conçois pas bien qu'on en exige la connaissance, comme le veut Tarticle 94, pour devenir docteur dans les sciences mathématiques et physiques. En général, il importe d'établir des points de contact entre toutes les études, et cela est nécessaire au début de la carrière ; mais à mesure que Ton avance , il ne faut lier entre elles que les études analogues , la philosophie et les lettres avec la théologie et la jurisprudence, et les sciences avec la médecine ; on doit finir même par laisser chaque élève se livrer exclusivement à ses études spéciales qui dans chaque faculté sont si étendues et réclament tant de temps.
TiTRB III. — Des Professeurs.
Ici est le plus grand et le plus heureux changement que Fordonnance de 1815 ait fait subir aux anciennes universités hollandaises.
Autrefois ces universités , avec leurs professeurs , étaient à la charge des villes. L'ordonnance de 1815 déclare les professeurs des trois universités, fonctionnaires de rÉtat, nommés par TÉtat et payés par l'État. Us sont exemptés non-seulement du service militaire, mais du service de la garde bourgeoise. Leur traitement se compose de deux parties, le fixe et l'éventuel. Le traitement fixe est de 2,800 florins pour les profes-
i78 CRlTUSITtS.
leurs de Tuniversité de Leyde, et de 3,300 florins pour ceux dTtrecht et de Groningue. Au delà de trente années d*exercice,Ie traitement fixe est augmenté d'un quart. Voilà déjà qui assure aux professeurs une situation satisfaisante; mais le traitement éventuel améliore beaucoup cette situation. II se compose : l^" de la répartition égale entre tous les membres d'une faculté des sommes que rapporte la collation des grades, déduction faite de ce qui est nécessaire aux frais de Tuniversité, au recteur et au secrétaire; â<» du partage égal entre tous les professeurs de l'université du dixième des droits d'inscription; ^^ -des avantages attachés aux diverses fonctions académiques , comme celles de secrétaire et de recteur , que chaque professeur titulaire remplit tour à tour, et auxquelles on est promu pour une année par les suffrages de l'assemblée des professeurs de toutes les facultés. Enfin il y a le revenu des cours; car chaque professeur fait payer ses leçons, institution excellente et qu'on ne peut trop recommander ^ Chaque cours est d'une année. S'il comprend seulement deux leçons par semaine, il coûte 15 francs; s'il comprend plus de deux leçons, il coûte 50 francs , et cela indépendamment des cours extraordinaires, que chaque professeur peut donner, s'il lui plaît , et pour lesquels il est libre de faire les arrangements qui lui paraissent convenables.
On voit par là que le professeur d'université jouit en Hollande de l'aisance due à ses travaux et nécessaire au rang qu'il occupe dans la société. On m'a assuré
iUtrecht,pag.123.
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que le revenu total d*an professear actif et accrédité est à peu près de 10 à 1S,000 francs.
Sa yieillesse non plus n'a rien à craindre, et les pensions de retraite sont établies sur des bases très-raisonnables. Pour cause d'infirmités ou de vieillesse, on peut être admis à Vémèritat, qui donne droit à une pension , dont le minimum est 300 florins pour les cinq premières années de service, avec Taugmentation, pour chaque année de plus , de la trente-cinquième partie du traitement fixe dont on jouit au moment où on demande la retraite. A soixante-dix ans, tout professeur est déclaré de droit émérite avec son traitement tout entier pour pension , et même avec une certaine part dans les émoluments éventuels. Les veuves des professeurs, tant qu'elles ne se remarient pas, et leurs enfants mineurs touchent une pension de 500 florins , qui peut s'élever dans certaines circonstances jusqu'au double, sans pouvoir le dépasser. Ces dernières pensions pour les veuves et pour les enfants sont payées par une caisse spéciale , composée des retenues faites chaque année sur les traitements des professeurs. Quand cette caisse ne suffit pas , l'État vient à son secours.
Titre iv. — Des Étudiants.
Ce titre ne contient guère que des détails de police académique semblables à ceux des règlements *allemands, que nous avons fait connaître dans la description des universités d'Iéna et de Leipsig ^
< Rapport , pag. 80 et pag. 133.
380 URiySB8ITÉ8.
Titre y. — Du Matériel nécessaire à renseignements
Ce titre y montre le haut prix que le gouvernemeot hollandais attache à renseignement universitaire, par les sommes qu'il consacre à accroître sans cesse et à entretenir dans le meilleur état les bibliothèques et les collections de tout genre des universités. L'énumération de toutes les ressources dont chacune est pourvue au nom de la loi, forme un contraste affligeant avec la pénurie et le mince budget de nos facultés de province. C*est la faute de Fisolement de ces facultés. S*il y avait en France, comme partout en Europe, un certain nombre de grands centres scientifiques, composés des quatre facultés réunies , avec de nombreux étudiants , les villes , les départements et FÉtat s'empresseraient de concourir à Tornementet à Tagrandissement de pareils établissements. Les particuliers même, comme en Allemagne et en Hollande , pourraient être tentés de les enrichir par des legs ou donations : il se trouverait des professeurs qui transmettraient leur bibliothèque ou des collections plus ou moins précieuses à l'université auprès de laquelle ils auraient passé leur vie. Pour qu'un établissement s'accroisse et se développe, il faut qu'il ait d'abord quelque grandeur par lui-même. Qui peut s'intéresser à une misérable faculté, où l'on compte à peine quatre ou cinq professeurs, cent cinquante ou deux cents élèves? C'était la situation des universités hollandaises deFranekeret de Harderwyck avant 1811. II faudrait oser faire chez nous ce qui a été fait en Hollande : supprimer plusieurs facultés qui languissent
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inutiles, les grouper et les réunir, comme je Tai proposé tant de fois S sur un certain nombre de points qui deviendraient peu à peu des foyers de lumières et de civilisation pour les provinces. Depuis 1808 , je ne crois pas qu*il y ail eu un seul legs fait à aucune faculté en France. La plupart n'ont pas de bibliothèque, et les étudiants sont réduits aux bibliothèques des villes, qui, n'appartenant pas à l'université , ne se procurent pas les livres qui pourraient être utiles ëxa études académiques. Mais je demande quelle ville ne consentirait volontiers à affecter sa bibliothèque à l'université qu'on établirait dans son sein? Cette bibliothèque, tout en servant aux habitants de la ville , étant une fois affectée à l'université, s'enrichirait successivement de livres à son usage et deviendrait d'un immense secours pour les études ; bien entendu qu'il faudrait y introduire l'usage allemand et hollandais non-seulement d'y recevoir chaque jour les étudiants , mais de leur prêter des livres sous la garantie de la signature d'un de leurs professeurs. Sans de grandes bibliothèques , il n'y a pas d'enseignement supérieur, et la division des facultés s'oppose invinciblement à la formation de grandes bibliothèques. J'en dis autant des collections scientifiques. Par exemple, le gouvernement , malgré ma vive résistance, a. établi une faculté des sciences dans la ville de Lyon. Il fallait là quelque grande école industrielle, si l'école de la Martinière n'était pas suffisante. Il fallait peut-être un second collège , royal ou communal , ou, ce qui eût été encore mieux, trois ou qua-
^ Rapport, pag. 80 et pag. 135.
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tre écoles primaires supérieures bien organisées. An lien de cela, Lyon a Favantage de posséder une faculté des sciences, qui fait des cours de luxe à des amateurs bénévoles , et qui ne sert et ne peut servir à rien, puisqu'elle n*a pas d'étudiants obligés. £t pourtant quelles sommes ne faudrait-il pas pour établir raisonnablement une pareille faculté avec les collections de tout genre dont elle a besoin ! Mettez à Lyon une faculté de médecine à côté de cette faculté des sciences : tout change. Les étudiants en médecine composent un auditoire à la faculté des sciences. L'enseignement peut avoir une règle parce qu'il a un but. Les deux facultés, nécessaires l'une à l'autre, se soutiennent réciproquement : elles peuvent mettre en commun leurs ressources , et voilà le commencement d'un établissement durable. La faculté de droit de Poitiers compte d'honorables souvenirs et plus d'un professeur recommandable; mais elle a bien peu d'élèves, et, faute d'une faculté des lettres, les élèves sont là, ensevelis pendant trois ou quatre années dans l'étude exclusive de la jurisprudence , sans aucun cours ni de philosophie , ni d'histoire , ni de littérature. Quel triste fondement pour la jurisprudence ! quelle grande étude de droit romain ou de droit national peut se faire dans une pareille faculté ! et comme si le droit , par sa nature , ne tenait pas de tous côtés à la philologie , à la critique historique et à la philosophie ! Ce que dis des facultés isolées de Poitiers et de Lyon , je pourrais le dire de beaucoup d'autres qui , par la même cause , sont dans le même état. Toutes ces facultés ne laissent pas d'être matériellement utiles à un certain nombre de villes ,
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entre lesquelles le gouTerneinent sème beaucoup d*argent sans en recueillir presque aucun fruit. Ces villes tiennent extrêmement à leurs petites facultés comme à leurs petites cours royales. De 1830 à 1832, il n'y avait presque pas de ville qui ne nous demandât une faculté ou de droit ou des lettres. Orléans , Bourges et bien d*autres villes ont été sur le point d'obtenir ce qu'elles demandaient. Puisse un ministère , sérieusement dévoué à la cause de l'instruction publique , entreprendre de substituer peu à peu de grands centres scientifiques fortement constitués et richement dotés , à de pauvres facultés isolées , sans bibliothèques, sans collections, sans ressources et presque sans étudiants. Le jour où on songera à établir de pareils centres , ou fera bien de prendre en considération le titre v de l'ordonnance hollandaise de 1813.
TiTBE VI. — Des Moyens d'encouragements et de secours pour les études cuiodémiques.
Un des grands ressorts de notre instruction secondaire réside dans les prix annuels des collèges. Peutêtre même avons-nous un peu trop tendu ce ressort.. En revanche , nous avons livré à elle-même l'instruction supérieure, et nous avons assez bien présumé des étudiants de nos facultés pour ne leur proposer aucune autre récompense que la perspective d'une admission honorable aux examens du baccalauréat, de la licence et du doctorat. A Paris, tandis que l'on a institué une solennelle distribution de prix, avec l'appareil le plus pompeux, en faveur des écoliers de nos collèges depuis
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la rhétorique jusqù^à la sixième; tandis que chaque année M. le ministre de l'instruction publique, assisté du conseil royal, et accompagné du corps entier de Funiversité, ya de sa propre main mettre des couronnes sur la tête d*enfants d'une douzaine d'années, on laisse absolument sans récompenses les étudiants inscrits aux différentes facultés , qui réussissent dans leurs études, excepté à la faculté de médecine dont en général Torganisation est un modèle. Pourquoi chaque faculté ne mettrait-elle pas chaque année au concours des sujets de dissertation que les étudiants inscrits pourraient traiter? Le grade inférieur de la faculté suffirait pour être admis à ce concours. Chacun de ce» prix porterait tour à tour sur quelqu'une des matières principales de l'enseignement. Ce ne serait pas une grande dépense , car le prix pourrait être fort modeste ; par exemple , une médaille de 100 fr. ou de 100 écus au plus. Chaque année , à TouTcrture des cours, la faculté proclamerait les résultats du concours, distribuerait la médaille en public et donnerait de nouveaux sujets de prix. Cet usage règne depuis longtemps en Allemagne et en Hollande. Souvent des prix ainsi obtenus pendant le cours des études universitaires ont décidé plus d'une vocation , suscité de jeunes talents, et même enrichi la science , et particulièrement l'histoire de la philosophie , de dissertations qui ne sont pas sans mérite. Je possède un assez grand nombre de dissertations de ce genre sorties des universités d'Allemagne et de Hollande. L'ordonnance de 1815 consacre cet usage et fonde pour chaque université autant de prix ou médailles qu'il y a de facultés. Elle
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entoare ces concours des précautions qui peuvent prévenir toute espèce de fraude. Elle admet indistinctement à tous les concours les étudiants des trois universités, et elle décide que chaque dissertation couronnée sera imprimée dans les annales de Tuniversité, Tel est le premier encouragement accordé par TÉtat aux études académiques. Le second moyen , plus efficace encore, est celui des bourses.
En France, je le répète, tout a été (ait pour Finstruetion secondaire et presque rien pour Tinstruction supérieure. Il y a des prix pour les collèges ; il n'y en a pas pour les facultés ; il y a des bourses pour les collèges ; il n'y en a pas pour les acuités. C'est une in. conséquence que rien n'explique. Indépendamment des considérations politiques que j'écarte ici , il y a deux régies en matière de bourse : la première est la pauvreté ; la seconde, la capacité. Je ne suis pas de ceux qui veulent pousser à la haute instruction les classes inférieures , et j'ai dit ailleurs et mille fois combien je désirais que de bonnes écoles moyennes diminuassent le nombre des enfants^ pauvres que la vanité mal entendue de leurs parents envoie au collège. Mais le talent a des droits sacrés , surt<Hit le talent pauvre; et il* faut lui tendre la main partout où on le rencontre. N'est-ce pas du sein du peuple que sortit la plupart du temps, soos l'inspiration d'une nature heureuse et sous l'aiguillon du besoin, les hommes qui, en tout georcf, re. culent les bornes de l'esprit humain et enrichissent les seîeooes de découvertes inattendues? C'est une imprudence, c'est presque un crime de refouler sur euxméraes ces puissants instincts, et je ne sais au nom de
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quel intérêt social on Tiendrait dire au talent pauvre : La société te condamne à périr, parce qu^elIe te craint, toi sans lequel il n*y a pour elle ni progrès ni grandeur. Je déplore donc Tabus des bourses que les yilles prodiguent au hasard ; mais j'en approuve le principe, et c*est surtout à l'instruction supérieure qu'on peut rappliquer , sans courir le moindre risque de se tromper ; car rinstruction secondaire est là pour attester si réellement un jeune homme pauvre mérite ou non d'être introduit de la main même de l'État dans les carrières libérales et savantes. On ne devrait pas donner une seule bourse de collège avant la quatrième ou la troisième, parce que jusque-là il n'y a pas encore de vocation décidée. Mais quand, à la fin de ses études, un jeune homme a eu de grands succès, en rhétorique, en philosophie , en mathématiques, toutes ses preuves sont faites et bien faites; il n'y a point à hésiter : il faut lui donner toutes les facilités de poursuivre ses études. Et pourtant, chose étrange! il n^y a pas de bourses pour les facultés. Longtemps même il n'y a eu qu'une seule exemption des frais d'inscriptions et d'examen. Elle était accordée à celui des élèves des collèges de Paris, qui, dans le concours général de ces collèges, avait obtenu le prix d'honneur de rhétorique. Encore cette exemption était-elle bien peu de chose; car, ce qui coûte le plus , ce ne sont pas les frais d'inscription et d'examen ; ce sont les frais de séjour et d'entretien pendant tout le temps que durent les études universitaires. Il eût donc été digne de la munificence impériale d'accorder au prix d'honneur de rhétorique une bourse de faculté de 1000 francs ou lâOO francs par
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année. Le privilège jusqu^îci attaché au seul prix ti*honneur de rhétorique a été étendu depuis au prix d*honneur de philosophie et à celui de mathématiques pour les lauréats du concours général de Paris. On devrait aller plus loin et créer un certain nombre de bourses et de demi-bourses, royales et départementales, pour rinstruction supérieure , qui seraient accordées à ceux qui auraient obtenu de grands succès dans rinstruction secondaire. En Prusse, il y a un assez grand • nombre de bourses de ce genre , et, en Hollande , Tordonnance de 1815 fonde une allocation annuelle de 17,000 florins à répartir entre les trois universités , de manière qu'il y ait 30 bourses pour l'université de Leyde, âO pour celle d'Utrecht et autant pour celle de Groningue. Chacune de ces bourses est de 500 florins à Leyde , et de âOO à Ùtrecht et à Groningue.
Enfin le dernier moyen d'encouragement pour les études académiques employé par le gouvernement hollandais , est l'institution des Annales que publient les universités et dans lesquelles elles impriment , avec leurs actes essentiels et les programmes de leur enseignement, les pièces couronnées dans les concours dont nous avons parlé tout à l'heure et les meilleures dissertations présentées pour le doctorat. D'après l'ordonnance de 1815, chaque université devrait chaque année publier à part ses annales. On m'écrit qu'une ordonnance du mois d'octobre dernier a décidé qu'il y aurait un seul corps d'annales pour les trois universités. J'ai déjà dit < et je répète que ces annales composent, avec
i Utrecht, pag. 151.
288 VIIIVERSITSS.
le recueil des Mémoires de Tinstitut d^Amsterdi^m , rhistoire scientifique et littéraire de la Hollande.
Il me reste à dire un mot de Tadministration deé universités. Cest le sujet du titre vu et dernier.
TiTRK VII. — De l'Administration,
Les universités de Hollande se gouvernent ellesmêmes pour les affaires ordinaires , et elles sont gouvernées dans les points essentiels par ce qu'on appelle le collège des curateurs. Ces curateurs sont des personnages distingués par leur rang dans la société et par leur attachement à la cause des lettres et des sciences. Us sont nommés directement par le roi ; leurs fonctions sont gratuites ; sauf de faibles droits de présence. Ces fonctions sont particulièrement de procurer Texécution de l'ordonnance de 1815 et de tous les arrêtés ultérieurs du gouvernement relatifs aux universités ; de tenir la main à ce qu'il n'y ait pas une branche d'enseignement du programme légal qui ne soit remplie; de veiller à la conservation des bâtiments, cabinets , et collections académiques ; de statuer sur toutes les questions que l'assemblée des professeurs porte à sa connaissance en ce qui regarde le matériel ; et enfin , de gérer les fonds , revenus et propriétés de l'université, de discuter et de fixer son budget annuel.
Le collège des curateurs est aussi chargé de la collation des bourses.
Ils peuvent proposer d'ériger une nouvelle chaire , de supprimer ou de scinder une chaire devenue vacante.
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Us ont le droit de proposer aa ministre deux candi*dats à tonte chaire qni devient vacante.
Us communiquent directement avec le ministre et ne relèvent que de lui.
Us sont tenus de s'assembler deux fois i*année.
A tout collège de curateurs est attaché un secrétaire et un intendant qui ont un traitement fixe.
Sous le collège des curateurs , le corps de Tuniversite se gouverne lui-même par rassemblée de tous les professeurs ordinaires présidée par le recteur. Cette assemblée s'appelle sénat académique; il est particulièrement chargé de maintenir la discipline entre les étudiants. Il fait à cet égard les règlements que Tintérèt de la discipline exige , sans avoir besoin d'en référer au ministre ; seulement le collège des curateurs a le droit d'en connaître. Le recteur a le titre de rector magnificus. Cette dignité est annuelle , et elle passe d'une faculté à une autre. Le recteur est nommé par le roi sur une liste de quatre candidats présentés par le sénat académique. Chaque année , il prononce , en remettant ses fonctions à son successeur, un discours solennel en latin dans lequel il rend compte de tout ce qui s'est passé sous son rectorat. Le discours est imprimé dans les annales académiques. Certains avantages matériels sont attachés à la charge de recteur.
Le sénat académique est convoqué et présidé par le recteur, et il a auprès de lui un secrétaire qui jouit aussi de certains avantages; ce fonctionnaire est, comme le recteur, un professeur, et il est choisi sur une liste de quatre candidats , présentés par l'assemblée académique. Mais ce n'est pas le roi qui nomme le secrétaire.
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c^est le collège des curateurs. Ce même collège a le droit de nommer des assesseurs , toujours pris dans le sénat académique, pour assister au besoin le recteur dans ses fonctions.
Outre cette assemblée générale des professeurs de runlTersité , chaque faculté a ses assemblées particulières. Celles-ci ont lieu aussi souvent que la faculté le juge à propos. Le doyen de la faculté est un professeur choisi pour une année par la faculté elle-même : le plus jeune des professeurs fait Tofiice de secrétaire. Le doyen et le secrétaire n*ont pas de traitement. Ce sont deux titres purement honorifiques.
Pour beaucoup d'autres détails , je renvoie au texte même de Tordonnance de 1815.
L'analyse étendue que j'ai donnée de cette ordonnance aura son excuse dans l'importance de la matière, surtout au moment où le gouvernement de juillet , après avoir constitué l'instruction primaire, peut enfin songer à perfectionner l'instruction supérieure partout languissante, exceptée Paris, sur le fondement de l'excellente instruction secondaire que le gouvernement impérial nous a léguée. Osons le dire : l'instruction supérieure est d'un intérêt peut-être encore plus grand, ou du moins plus pressant que celle du peuple. Car une instruction supérieure bien réglée développe des talents capables de remplir toutes les grandes fonctions de l'État et de faire marcher le gouvernement et la société , en attendant que le peuple se forme et grandisse. Ce qui a fait jusqu'ici la force du pays , c'est l'instruction secondaire. Couronnons -la par une instruction supérieure fortement organisée sur le modèle de
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nos anciennes universités nationales , quand il y avait en France autre chose encore qu'une capitale, à Timage des grandes et célèbres universités de la Hollande et de rAlIemagne , et nous aurons un système général d'instruction publique auquel nous pourrons confier sans crainte l'avenir de la patrie.