Baillarger, Mémoire sur les halluciKatiom
accoutumée, n'excitaient qu'une sensation nulle. C'est pourquoi un physiologiste allemand, qui a fort bien observé ses propres hallucinations, Gruithuisen \ affirme qu'il a vu les images flottantes couvrir les meubles de l'appartement dans lequel il se trouvait. D'autres cas montrent le rétablissement partiel de la sensation correctrice. Un halluciné cité par Walter Scott « apercevait un squelette au pied de son lit. Le médecin, voulant le convaincre de son erreur, se plaça entre le malade et le point assigné à la vision. L'halluciné prétendit alors qu'il ne voyait plus le corps du squelette, mais que la tète était encore visible audessus du corps du médecin. » C'est pourquoi la solitude, le silence, l'obscurité, le manque d'attention, toutes les circonstances qui suppriment ou diminuent la sensation correctrice, facilitent ou provoquent l'hallucination ; et, réciproquement, la compagnie, la lumière, la conversation, l'éveil de l'attention, toutes les circonstances qui font naître ou qui accroissent la sensation correctrice, détruisent ou affaiblissent l'hallucination ^ ce Si l'on s'approche d'un malade en proie à des hallucinations de l'ouïe et qu'on lui parle de manière à fixer son attention, on peut se convaincre que ses prétendus interlocuteurs invisibles se taisent pendant le temps que dure la conversation... » Un malade, observé par M. Lélut à l'hospice de Bicêtre, ce cessait d'avoir ses hallucinations quand on le changeait de