CH. II. RENAISSANCE ET EFFACEMENT DE L'IMAGE
possible. Ainsi, la mémoire humaine est un vaste bassin où l'expérience journalière déverse incessamment divers ruisseaux d'eaux tièdes ; ces eaux plus légères restent à la surface, recouvrant les autres ; puis, refroidies à leur tour, elles descendent au fond par portions et par degrés, et c'est l'afflux ultérieur qui fait la nouvelle superficie. Parfois tel ruisseau, plus gonflé et tombant de plus haut, réchauffe jusque dans les bas-fonds d'anciennes couches inertes ; elles remontent alors à la lumière ; le hasard de l'afflux et les lois de l'équilibre ont échauffé telle couche pour la mettre au-dessus des autres. La forme du bassin, les accidents de la température, les diverses qualités de l'eau, parfois même les secousses du sol y contribuent encore, et divers exemples authentiques montrent tantôt des couches profondes ramenées tout d'un coup et tout entières à la surface, tantôt des couches superficielles plongées tout d'un cmip et tout entières à fond.
C'est que les images, ainsi qu'on le verra plus tard, ont pour conditions certains états de l'encéphale ; dès lors on comprend qu'une altération, un afflux, un appauvrissement du sang, un changement quelconque de la substance cérébrale puisse empêcher ou rétablir l'éveil de certains groupes d'images. « Je descendis ^ le même jour, dit sir Henry Holland, dans deux minea très-profondes des montagnes du Hartz, et je restai plusieurs heures sous terre dans chacune des deux. Étant dans la seconde mine et épuisé de fatigue e! d'inanition , je me sentis absolument incapable do parler davantage avec Tinspecteur allemand qui m'ac-