Wiualow, on Obscure Diseasei
i52 LIVRE II. LES IMAGES
compagnait. Tous les mots et toutes les phrases allemandes avaient déserté ma mémoire ; c'est seulement après que j'eus pris de la nourriture et du vin et que je me fus reposé quelque temps que je les retrouvai. »
— Des accidents semblables ne sont point rares après les fièvres cérébrales ou les grandes pertes de sang. Une dame, dit Winslow *, après une large hémorrhagie utérine, « avait oublié où elle demeurait, qui était son mari, combien de temps elle avait été malade, le nom de ses enfants et même son propre nom. Elle ne pouvait désigner aucune chose par la vraie dénomination, et, en essayant de le faire, elle commettait les plus singulières méprises. Avant sa maladie, elle avait eu l'habitude de parler français au lieu de parler anglais. Mais alors elle sembla avoir perdu toute connaissance du français; car, lorsque son mari lui parlait dans cette langue, elle ne parais^ sait pas comprendre le moins du monde ce qu'il disait, quoiqu'elle pût converser en anglais sans difficulté. » Au bout de sept ou huit semaines, ces lacunes de la mémoire se remplirent un peu, et, au bout de quelques mois, elles étaient tout à fait comblées. Pareillement un gentleman cité par Abercrombie ^, ayant reçu un coup sur la tête, perdit tout d'un coup la connaissance du grec, tous ses autres souvenirs demeurant intacts.
— La défaillance porte quelquefois sur une période de la vie antérieure. « Un clergyman ', sortant d'une attaque d'apoplexie, avait perdu le souvenir de quatre années et de quatre années seulement. Il se rappelait parfaitement tout ce qui avait précédé cette période.