Landry, ihid
excités par une contraction musculaire très-forte, ces mêmes nerfs provoquent une souffrance; excités par la détente qui suit la fatigue et le massage, ils provoquent une jouissance. A tous ces égards, leur action est la même que celle des nerfs de la peau ; ils n'en diffèrent donc que parce que, se terminant dans les muscles, ils sont excités par l'allongement ou le raccourcissement des muscles. Mais ce n'est point là une différence d'action, c'est une différence d'excitant; il n'y a dans la sensation musculaire proprement dite qu'une espèce de tiraillement semblable aux autres, et capable comme les autres de devenir douleur s'il est poussé loin.
On arrive ainsi à démêler, pour les nerfs des muscles comme pour les nerfs de la peau, trois espèces, et seulement trois espèces de sensations, celles de contact, celles de froid et de chaud, celles de plaisir et de douleur. — De plus, on les retrouve toutes les trois, plus ou moins vagues, partout où il y a des nerfs tactiles. « La face interne des parois abdominales sent très-bien les mouvements de l'intestin... On éprouve, après l'administration d'un lavement froid, une sensation de froid très-manifeste qui semble marcher dans la direction du côlon ascendant et transverse ^ . » Le pharynx, l'œsophage et même l'estomac sentent, avec un certain degré d'exactitude, le passage, la chaleur et la présence des aliments. Et, en général, considérez tour à tour les innombrables sensations internes, agréables, pénibles ou indifférentes de la vie organique, celles qui constituent la faim, la soif et la plénitude, celles qui accompagnent la digestion, la