LoDget, Traité de physiologie, II, 243. Vulpian
de ces animaux, je les ai vus exécuter des mouvements brusques de mastication, faire grimacer leurs lèvres comme s'ils cherchaient à se débarrasser d'une sensation désagréable. Les mêmes mouvements s'observent chez un autre animal sain de même espèce, aussitôt qu'on l'a forcé d'avaler cette décoction amère. » Voilà donc un centre spécial, la protubérance, dont l'action est la condition suffisante et nécessaire de plusieurs espèces de sensations. — Il y a d'autres centres semblables, qui font le même office à l'égard d'autres sensations. Pour celles de la vue, ce sont les tubercules quadrijumeaux ou bijumeaux K « Voici un pigeon qui a les lobes cérébraux parfaitement enlevés, mais qui a gardé les tubercules bijumeaux; lorsque j'approche brusquement le poing, il fait un léger mouvement de tête comme pour éviter le danger qui le menace. La vue n'est donc pas abolie; il y a là un phénomène tout à fait analogue à celui que nous avons constaté chez le rat privé de ses lobes cérébraux, lorsque nous déterminions un sursaut brusque au moyen de certains bruits produits d'une façon soudaine. C'est là encore un exemple de sensations sans intervention du cerveau proprement dit. » — D'autre part, les lobes cérébraux étant intacts, si l'on blesse ou détruit les tubercules quadrijumeaux, l'animal devient aveugle, en gardant néanmoins toutes ses idées, tous ses instincts et toutes ses autres sensations. Les tubercules quadrijumeaux fournissent donc par leur action la condition suffisante et nécessaire des sensations visuelles, et seulement des sensations visuelles. — Quant aux sensations de l'odorat, on n'a