‹ De l'intelligence (volume 2)Chapitre 63 sur 87 · Vulpian · texte numérisé non relu

Vulpian

chées les sensations et les images proprement dites, la moelle épinière et le bulbe, qui seuls subsistent, peuvent encore, sous l'aiguillon des nerfs sensitifs, provoquer et coordonner des mouvements en vue d'un but, comme fait le train postérieur d'une grenouille et d'un triton. L'animal crie encore, quoique sans douleur, quand on pince sa patte; il avale la nourriture lorsqu'elle atteint le fond de son gosier ; il exécute tous les mouvements respiratoires. L'éternument, la toux, le vomissement, ce sont là chez nous-mêmes autant de mouvements systématiquement compliqués et utiles que des excitations, parties de la pituitaire, des voies respiratoires ou de l'estomac, provoquent, sans volonté de notre part, par l'entremise du bulbe *. — En général, étant donné dans un animal un segment de moelle épinière avec les nerfs sensitifs qui s'y rendent et les nerfs moteurs qui en proviennent, si l'on excite les nerfs sensitifs, le segment, entrant en action, mettra en jeu les nerfs moteurs, et l'on verra des contractions musculaires. Rien de plus aisé à observer sur les anguilles, lea salamandres et les serpents. Landry l'a vu sur des cochons de lait ^, dont il divisait en plusieurs segments la moelle épinière, tout en laissant le reste du corps intact. Des animaux ainsi préparés peuvent vivre longtemps, et, quand la circulation subsiste, « l'excitabilité réflexe d'une partie séparée de la moelle peut persister presque indéfiniment; » on l'a vu durer trois mois et même plus d'un an.

Chaque segment est donc une sorte d'animal com-

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