‹ De l'intelligence (volume 3)Chapitre 57 sur 112 · Landry, Trailé des paralysies^ I · texte numérisé non relu

Landry, Trailé des paralysies^ I

sensation d'une résistance, mais rien de plus; il ne pouvait rien dire de l'objet, quelles étaient sa forme, sa grandeur, son espèce, s'il était froid ou cliaiid, piquant ou émoussé, ni même s'il y en avait un. On lui attacha avec un lacet, et sans le prévenir, un poids d'un kilogramme au poignet ; il supposa qu'on lui tirait le Lras.

Voilà donc deux groupes de sensations et deux groupes de nerfs, aussi distincts que ceux de la jambe et du bras \ et, l'on peut ajouter, aussi

1 . Brown Séquard, Journal de physiologie, tome YI, pages 124-615.

Selon Brown Sécjuard « les impressions sensitives, douce loureuses et tactiles, se transmettent d'une façon croisée « dans la moelle épinière, c'est-à-dire que la transmission « à l'encéphale des impressions provenant d'une des moitiés « du corps s'opère dans la moitié latérale de la moelle épi- « nière du côté opposé. Au contraire les impressions du sens « musculaire se propagent sans s'entrecroiser jusqu'à la partie « supérieure de la moelle épinière. » Par conséquent « les '■'■ conducteurs du sens musculaire diffèrent radicalement des « conducteurs des autres impressions sensitives. •» Et l'auteur ajoute : «Non-seulement ces conducteurs ne s'entrecroi- « sent pas dans la moelle épinière, mais encore ils sortent « de cet organe surtout, sinon uniquement, par les racines « spinales antérieures. ■»

Les preuves très-fortes de cette théorie sont des observations faites sur des blessures et des altérations latérales de la moelle épinière. On voit les sujets perdre d'un côté, à droite par exemple, la capacité d'éprouver les sensations du toucher, de la douleur, du froid , du chaud , du chatouillement, et conserver de ce même côté, non-seulement la capacité de mouvoir leur membre, mais encore celle de le diriger exactement et d'apprécier tous les degrés de la contraction musculaire; du côté gauche c'est l'inverse. (Voir surtout les

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semblables. Car les nerfs des muscles comme ceux de la peau peuvent donner naissance aux sensations de contact, de froid et de chaud, de plaisir et de donleur'. « Outre la douleur que « détermine un coup d'épée ou de bistouri, les a blessés perçoivent aussi fort souvent le froid (c de la lame et sa présence dans l'épaisseur des (c tissus, et, chez beaucoup de paralytiques, quoi- « que la peau soit complètement insensible à «toute espèce d'excitation, une pression, un « choc, la piqûre d'une épingle enfoncée dans « les parties molles, sont perçues comme sensa- « tions profondes de contact, de choc et de douce leur. » En outre, traversés par l'électricité ou excités par une contraction musculaire trèsforte, ces mêmes nerfs provoquent une souffrance; excités par la détente qui suit la fatigue et le massage, ils provoquent une jouissance. A tous ces égards, leur action est la même que celle des nerfs de la peau ; ils n'en diffèrent donc que parce que , se terminant dans les muscles, ils sont excités par l'allongement ou le raccourcissement des muscles. Mais

cas cités aux pages 238 et 58-2.) — D'après cette théorie, les nerfs et les conducteurs des sensations musculaires, non seulement sont distincts des nerfs et des conducteurs des autres sensations sont tactiles, mais encore leur trajet anatomique est autre, et, dans la moelle, on peut indiquer ce trajet. 1. Landry, ibid.^ 201.

ClIAl'. II. SENSATIONS DES AUTRES SENS. 259

ce n'est point là une différence d'action, c'est une différence d'excitant; il n'y a dans la sensation musculaire proprement dite qu'une espèce de tiraillement semblable aux autres, et capable comme les autres de devenir douleur s'il est poussé loin.

On arrive ainsi à démêler, pour les nerfs des muscles comme pour les nerfs de la peau, trois espèces, et seulement trois espèces de sensations, celles de contact, celles de froid et de chaud, celles de plaisir et de douleur. — De plus, on les retrouve toutes les trois, plus ou moins vagues, partout où il y a des nerfs tactiles. « La face in- (c terne des parois abdominales seiit très-bien les a mouvements de l'intestin... On éprouve, après ic l'administration d'un lavement froid, une sensa- (c tion de froid très-manifeste qui semble marcher « dans la direction du côlon ascendant et trans- « verse ^ )> Le pharynx, l'œsophage et même l'estomac sentent, avec un certain degré d'exactitude, le passage, la chaleur et la présence des aliments. Et, en général, considérez tour à tour les innombrables sensations internes, agréables, pénibles ou indifférentes de la vie organique, celles qui constituent la faim, la soif et la plénitude, celles qui accompagnent la digestion, la respi-

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