Axenfeld, Des névroses
(( ils en ignorent l'étendue, et souvent ne savent « pas s'il a eu lieu. Si, lorsqu'ils ont l'intention « (l'en exécuter un, on les en empéclie, c'est a tout à fait à leur insu, et ils croient l'avoir « exécuté, parce qu'ils en ont eu la volonté. On c( leur communique des mouvements passifs à (c l'aide d'un appareil électrique, sans qu'ils le (c soupçonnent. Leurs membres leur semblent « privés de pesanteur. Qu'on leur plonge la (c main dans l'eau, ils savent que c'est un lice quide à cause de l'impression cutanée, mais « en agitant la main ils n'éprouvent pas cette « molle résistance qui fournit la notion de flui- « dite aqueuse, et ils ne savent s'ils se remuent (C dans l'air ou dans l'eau. La pression, le pince cément, le massage des muscles ne donnent ce lieu chez eux à aucune sensation distincte. Ils ce ne perçoivent plus le passage d'un courant ce électrique intense. On peut impunément leur ce enfoncer un instrument piquant dans les cliairs, ce à condition bien entendu qu'ils n'en soient pas ce avertis par la sensibilité persistante de la ce peau. » Partant, quoiqu'ils aient gardé toute leur vigueur musculaire et que même ils ne puissent plus connaître la fatigue, ils marchent trèsdifficilement, quand ils sont dans l'obscurité, ou quand, avec les yeux, ils cessent de surveiller leurs mouvements; il faut que chez eux les sen-
salions de la vue soient toujours là pour suppléer aux sensations musculaires absentes. Si ce second régulateur manque comme le premier, « ils c( ne peuvent se tenir debout sans chanceler ou (( risquer de tomber; leurs mouvements ont trop ce ou trop peu d'ampleur; ils laissent facilement « échapper les objets qu'ils ont entre les doigls, (c ou d'autres fois les brisent par une contrac- « tion trop énergique. » Aucune autre sensation ne leur manque; ils peuvent encore éprouver toutes les sensations cutanées de chatouillement, de contact, de pression passive, de température et de douleur superficielles. En d'autres termes ces malades ne peuvent plus apprécier l'état de leurs muscles; mais ils peuvent encore très-bien apprécier l'état de leur peau.
Réciproquement, d'autres malades ne peuvent plus apprécier l'état de leur peau, mais peuvent encore apprécier très-bien l'état de leurs muscles \ — Un ouvrier cité par Landry avait les doigts et les mains insensibles à toute impression de contact, de douleur et de température; mais chez lui les sensetions musculaires étaient intactes. Si après lui avoir fermé les yeux, on lui plaçait un objet assez volumineux dans la main, il s'étonnait de ne pouvoir la fermer; il avait la