Mueller, Manuel de Phijsiologie, II
2. Dans la branche limacéenne. Expériences de Flourens. Au contraire , par la brandie vestibulaire , il provoque la douleur; celle-ci appartient donc au groupe des nerfs tactiles.
peuvent être mis en expérience; car ils sont excités par une quantité d'événements extérieurs difierents, contact et pression mécaniques, action chimique des caustiques, de Fair et du sang, changement de température, ondulations éthérées ou aériennes, section du bistouri; toujours leur action aboutit à une sensation de contact, pression, de température, ou de pure douleur.
Non-seulement chaque espèce de nerf a son jeu propre, mais le jeu de chaque espèce de nerfs est différent. L'événement extérieur a beau être le même; s'il met en mouvement des nerfs d'espèce différente, les sensations excitées seront différentes. La même action électrique éveille, selon le nerf qu'elle met en jeu, ici une sensation de lumière, là une sensation de son, ailleurs encore une sensation de choc et de picotement. Le même coup violent éveille une sensation de pression et de douleur par l'entremise des nerfs tactiles, une sensation de lumière par l'entremise du nerf optique, une sensation de son par l'entremise du nerf acoustique. Le même narcotique, introduit dans le sang, éveille des flamboiements en agissant sur le nerf optique, des tintements en agissant sur le nerf acoustique, des fourmillements en agissant sur les nerfs tactiles. — Ainsi chaque nerf d'espèce distincte a son mode d'action personnel et distinct.
292 LIVUK IV. COxNDlTIONS DES ÉVÉNEMENTS MORAUX.
Il suit (le là que tous les excitants extérieurs pourraient manquer ; si, en leur absence, le nerf entrait de lui-même en action, nous aurions la même sensation en leur absence qu'en leur présence. — Et de fait, c'est ce qui arrive; nous éprouvons, sans leur concours, une quantité de sensations, qu'on appelle subjectives ou consécutives. Elles sont nombreuses surtout pour la vue ; l'excitation du nerf optique, et partant la sensation des couleurs ou de la lumière, dure après que l'ondulation étbérée a cessé de frapper la rétine; en ce cas, les paupières fermées, ou l'œil tourné d'un autre côté, on continue à voir l'objet que l'on regardait d'abord ; selon les cas l'image est incolore ou colorée, de couleur persistante, ou de couleur cbangeante ; et ces illusions sont soumises à des lois connues* par lesquelles s'expliquent une multitude de faits singuliers.— Les mêmes sortes de sensations spontanées se retrouvent dans l'ouïe^ : « Tels sont les <f. tintements et bourdonnements d'oreille chez les (c personnes qui ont les nerfs délicats, et chez celles « dont le nerf auditif lui-même est siège d'une lé- « sion; tel est encore le bruissement qu'on dis- « cerne dans ses oreilles après avoir longtemps
1 . Helmholtz, Handbuch dcr physîologischen optik; deuxième partie § 22, 23, 24, 25.