Ibid.^ 541. Expériences de Longet
(( ments violents ; et cependant la circulation, « la respiration et les autres fonctions conti- « nuaient à s'accomplir pendant quelque temps.... « J'ai répété les expériences de M. Longet, et j'ai « obtenu exactement les mêmes résultats que lui. « Ce jeune lapin n'a plus ni cerveau proprement « dit, ni corps striés, ni couches optiques ; il ne « reste plus dans son crâne que la protubérance « annulaire, le bulbe rachidien, le cervelet et les « tubercules quadrijumeaux*. Je pince fortement « sa queue, vous le voyez immédiatement s'agi- « ter violemment. Je pince une oreille, une lèvre : « même agitation , mêmes cris. Ces cris peu- « vent-iis être considérés comme des phénomènes « réflexes ? yj — En aucune façon. « Vous avez « vu des animaux auxquels tout l'encéphale avait «été enlevé, à l'exception du bulbe rachidien; « ces animaux criaient encore quand on les pince çait; mais quelle différence entre les cris qu'ils c< jetaient et ceux qu'ils poussent lorsque l'expé- « rience a laissé la protubérance en place ! Dans « le premier cas, chaque excitation d'une partie « restée sensible provoquait un cri bref, unique « pour une seule excitation , toujours le même,
1. D'autres expériences ont montré que le cervelet n'intervient pas dans la sensation; enverra tout à l'heure les fonctions des tubercules quadrijumeaux. En attendant, l'expérience peut être considérée comme aussi probante que si le cervelet et les tubercules quadrijumeaux avaient été retranchés.
'308 LIVRE IV. GONDITIONS DKS ÉVÉNEMENTS MORAUX.
(( comparable à ces sons qu'émettent les jouets « d'cni'ants lorsqu'on les presse en un certain « point, dépourvu en un mot de toute espèce de (( signification. C'est bien là le cri réflexe. Mais a ici, chez ce lapin, quelle difî'érence ! Lorsque «j'excite un point sensible, ce n'est plus ce cri « bref, c'est un cri prolongé , indubitablement « plaintif, et, pour une seule excitation, l'animal «pousse plusieurs cris successifs, exactement « semblables aux cris de douleur que jette le lapin « encore intact lorsqu'il est soumis à une vive ir- « ritation. » C'est donc une action de la protubérance qui est la condition nécessaire et suffisante des sensations tactiles. — Elle est aussi la condition nécessaire et suffisante des sensations de l'ouïe '. « Un certain bruit d'appel fait avec les « lèvres , ou un souffle brusque imitant celui « qu'émettent les chats en colère, excitent surtout « chez le rat intact une vive émotion. Voici un « rat sur qui j'ai enlevé le cerveau proprement « dit, les corps striés et les couches optiques. Vous « le voyez, il est très-tranquille; je fais avec les « lèvres le bruit d'appel que j'ai indiqué, et aus- « sitôt l'animal a fait un brusque soubresaut. «Chaque fois que je fais le même bruit, vous « voyez le même soubresaut. Tous ceux d'entre