‹ De l'intelligence (volume 3)Chapitre 67 sur 112 · Vulpian, 557. Expériences de Flourens et Longet · texte numérisé non relu

Vulpian, 557. Expériences de Flourens et Longet

(( danger qui le menace. La vue n'est donc pas « abolie; il y a là un phénomène tout à fait anac( logue à celui que nous avons constaté chez le « rat privé de ses lobes cérébraux, lorsque nous c< déterminions un sursaut brusque au moyen de a certains bruits produits d'une façon soudaine. « C'est là encore un exemple de sensations sans « intervention du cerveau proprement dit. » — D'autre part, les lobes cérébraux étant intacts, si l'on blesse ou détruit les tubercules quadrijumeaux, l'animal devient aveugle, en gardant néamoins toutes ses idées, tous ses instincts et toutes ses autres sensations. Les tubercules quadrijumeaux fournissent donc par leur action la condition suffisante et nécessaire des sensations visuelles, et seulement des sensations visuelles. — Quant aux sensations de l'odorat, on n'a point fait d'expériences pour déterminer la portion de l'encéphale dont l'action est leur condition nécessaire et suffisante ;*mais toutes les analogies anatomiques et physiologiques portent à croire que, pour elles comme pour les quatre autres espèces de sensations, il y a un centre distinct des lobes cérébraux eux-mêmes. — Provoquées par l'action des nerfs sensitifs , les cellules de ces centres fonctionnent d'une manière inconnue , et ce mouvement moléculaire spécial, sans lequel il n'y a pas de sen-

sation, suffit par lui-même pour éveiller la sensation.

V. Remarqu ez qu'il s'agit ici de sensations pures, ou, comme disent les physiologistes^ de sensations brutes, non encore élaborées., c'est-à-dire dépourvues de la faculté de renaître spontanément, partant de s'associer, de former des groupes fixes et de fournir à toutes les opérations supérieures de l'intelligence. Il nous faut voir maintenant l'autre face des expériences, et ici l'accord de la physiologie et de la psychologie se trouve aussi complet qu'imprévu. L'analyse psychologique avait séparé les fonctions ; l'analyse physiologique sépare les organes. La première avait mis d'un côté les sensations pures, de l'autre les images ou sensations reviviscentes ; la seconde met d'un côté les tubercules quadrijumeaux, la protubérance, et peut-être un autre ganglion dont l'action éveille les sensations pures, et de l'autre côté les lobes cérébraux dont l'action éveille les images, c'est-à-dire répercute , prolonge et associe les sensations.

Si le lecteur veut regarder de nouveau un encéphale préparé, il verra que, des angles antérieurs de la protubérance annulaire, partent deux grosses colonnes blanches nommées pédoncules cérébraux, dont les fibres se termi-

lient dans de gros renflements appelés couches optiques et corps striés, organes intermédiaires entre les lobes cérébraux et la protubérance. En efî'et, de ces organes partent d'autres fibres qui se terminent dans les lobes cérébraux ^ Pour les lobes cérébraux eux-mêmes, ils constituent, surtout dans les animaux • supérieurs, la plus grosse masse de l'encéphale. Dans l'homme, ils sont énormes et occupent de beaucoup la plus grande portion du crâne. L'anatomie comparée fait déjà pressentir leur usage en montrant que, dans la série animale, leur volume s'accroît en même temps que l'intelligence ; on verra d'ailleurs que leur partie la plus importante est leur écorce, composée de substance grise; et justement, par une rencontre non moins significative, à mesure que l'on monte l'échelle zoologique, cette surface augmente beaucoup plus encore que ce volume, par les renflements et les anfractuosités très-nombreuses qui la plissent et qu'on nomme circonvolutions'^. Dans l'homme lui-même , l'atrophie des lobes cérébraux et l'absence des circonvolutions sont toujours accompagnées d'idiotisme ; « au-dessous d'un cer- « tain volume et d'un certain poids, le cerveau

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