‹ De l'intelligence (volume 3)Chapitre 70 sur 112 · Vulpian, 690. Et Landry, Paralysies · texte numérisé non relu

Vulpian, 690. Et Landry, Paralysies

On prend deux grenouilles, l'une saine, l'autre privée depuis plusieurs jours de ses tubercules cérébraux.

« Posées toutes les deux sur le plancher, la première s'enfuit aussitôt et cherche à se cacher. La deuxième, après un ou deux sauts, devient et reste immobile. Si je fais du bruit auprès de la première, parfois elle se retourne pour regarder d'où vient le bruit, parfois elle s'enfuit plus loin ; chez la deuxième il se produit un léger soubresaut, mais elle ne bouge pas. Si je leur pince la patte, toutes deux s'enfuient en sautant, et se débattent si je les retiens. »

On les met toutes deux dans un grand flacon plein d'eau.

« La grenouille saine exécute aussitôt des mouvements multiples de natation et va se cacher au fond du bocal. Pendant ce temps les mouvements respiratoires ont complétemenl cessé. Au bout d'un temps, elle gagne la surface de l'eau et cherche à s'y maintenir pour respirer ; mais, tout point d'apqui lui manquant, elle s'épuise en eiforts pour se soutenir. Quand je la repousse au fond, elle remonte peu après, et, si je l'en empêche, elle fait son possible pour remonter sur un autre point.

La grenouille sa^is cerveau se comporte tout différemment. Au moment où je la place dans le bocal, elle coule complé-

signes et par lesquelles nous avons des idées abstraites ; périssent aussi. Ainsi toutes les opérations qui dépassent la sensation pure, nonseulement celles qui sont communes àlliomme et aux animaux, mais encore celles qui sont propres à l'homme ont pour condition suffisante et nécessaire une action des lobes cérébraux. Elles sont donc attachées à cette action ; elles naissent, périssent, s'altèrent, s'accélèrent, se transforment avec elle et la pathologie ici est d'accord avec les vivisections *.

tement à fond comme une masse inerte, sans chercher à nager. Cependant, quand je l'excite à l'aide d'une tige de bois, elle exécute très-bien les mouvements de rotation, mais au hasard et sans but; après quoi elle redevient immobile et coule à fond. Là les mouvements respiratoires continuent à s'exécuter comme dans l'air, avec cette seule différence que le petit opercule membraneux des narines est complètement fermé . L'animal reste tranquillement au fond du bocal, sans chercher à gagner la surface pour respirer, sans témoigner le moindre malaise. Peu à peu les mouvements respiratoires deviennent rares, saccadés, et la grenouille meurt asphyxiée, avant d'avoir fait aucune tentative pour respirer et sans avoir paru souffrir.

ce Ainsi la grenouille sans cerveau ne sait pas suspendre sa respiration, et aspirerait de l'eau si l'opercule des narines ne se fermait pas automatiquement au contact du liquide; elle ne souffre pas de l'asphyxie, ne s'en doute pas, ne cherche pas à l'éviter. Rien, il me semble, ne démontre mieux que cette expérience, et l'absence réelle de perception, et l'absence de tout phénomène intellectuel, et l'absence de la volonté.

ce J'admets avec M. Flourens que le cerveau proprement dit est le siège exclusif des perceptions, de la volition et de tous les phénomènes intellectuels. »

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