‹ De l'intelligence (volume 3)Chapitre 79 sur 112 · Vulpian, 414 et pages suivantes · texte numérisé non relu

Vulpian, 414 et pages suivantes

(c que ce mouvement a pour résultat d'éloigner « la partie irritée du corps irritant. Or, c'est là « le mouvement qu'exécutent les Tritons encore « intacts soumis à la même irritation.... S'ils « ne réussissent pas par ce moyen, ils cherchent ce à se débarrasser de l'agent d'irritation par un ce autre procédé que ce triton mutilé va pareillece ment mettre en œuvre. Vous voyez en effet se (c produire un mouvement du membre postécc rieur du côté irrité. » Suivant le point irrité, les mouvements changent, et la nouvelle combinaison de contractions musculaires est toujours celle qui convient pour écarter la nouvelle cause d'irritation, a Tous ces mouvements sont si bien ce adaptés, si naturels, que, si la plaie résultant ce de la décapitation était cachée, vous croiriez ce que l'animal n'a subi aucune mutilation, et le ce caractère commun de ces mouvements est ft d'avoir pour effet la défense contre les atce teintes extérieures. »

Pareillement, des grenouilles décapitées peuvent encore sauter, nager. Bien plus, « si on ce place une goutte d'acide acétique sur le haut ce de la cuisse d'une grenouille décapitée ) le oc membre postérieur se fléchit de façon à ce fc que le pied vienne frotter le point irrité. » Làdessus on ampute ce pied et l'on renouvelle l'expérience, ce L'animal commence à faire de nou-

« veaux mouvements pour frotter la place irritée ; « mais il ne peut plus y parvenir et après « quelques mouvements d'agitation, comme s'il « cherchait un nouveau moyen d'accomplir son ce dessein, il fléchit l'autre membre et réussit « avec celui-ci. » — Ce sont là les expériences les plus saillantes, et l'on comprend que, pour obtenir des faits aussi frappants, il faut opérer sur des animaux inférieurs, en qui la vie est plus tenace et dont les parties sont moins étroitement liées les unes aux autres. — Mais on en rencontre de pareils chez les mammifères et jusque chez l'homme ^ On a vu a des fœtus anencépha- « les qui criaient et qui suçaient le doigt qu'on « mettait entre leurs lèvres. Beyer, ayant été obli- « gé de briser la tête d'un fœtus pour compléter « un accouchement et ayant ainsi vidé compléte- « ment le crâne, vit ce fœtus, quelques minutes « après l'accouchement, pousser un cri, respi- « rer et agiter les pieds et les mains. » — Chez les animaux supérieurs, si l'on supprime tout l'encéphale, c'est-à-dire, tous les centres nerveux auxquels sont attachées les sensations et les images proprement dites, la moelle épinière et le bulbe, qui seuls subsistent, peuvent encore, sous l'aiguillon des nerfs sensitifs, provoquer et

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