Brierre de Roismont, Des hallucinations
3, Maury, La tnagic, Vastrologie, etc., 2e partie, chap ni, passim.
par l'examen des circonstances, l'homme trompe a reconnu qu'il s'était trompé»
III. Jusqu'ici, nous avons vu l'image se rapprocher de la sensation, acquérir la même netteté, la même abondance de détails minutieux et circonstanciés, la même énergie, parfois aussi la même persistance, fournir la même base aux combinaisons supérieures et aux raisonnements ultérieurs, provoquer les mêmes impressions et les mêmes actions instinctives, organiques et musculaires, bref avoir les mêmes propriétés, les mêmes accompagnements et les mêmes suites que la sensation, sans pourtant être confondue tout à fait et définitivement avec elle. En effet, il reste un caractère qui l'en distingue : nous la reconnaissons promptement comme intérieure ; nous nous disons, du moins au bout d'un instant, que la chose ainsi vue ou sentie n'est qu'un fantôme, que notre ouïe, notre vue, notre goût, notre odorat n'éprouvent aucune sensation réelle. Nous ne sommes pas hallucinés; nous ne disons pas comme les malades * : « J'ai vu, j'ai entendu aussi distinctement que je vous vois, que je vous entends... Je vous assure que ce que j'ai vu est aussi clair que le jour; il faut, si j'en doute, que je doute que je vois et que je vous entends. »
Pour expliquer une différence si grave, il faut observer de près en quoi consiste la reconnaissance d'une illusion. Il y a deux moments clans la présence de l'image : l'un affîrmatif, l'autre négatif, le second restreignant en partie ce qui a été posé dans le premier. Si l'image est très-précise et très-intense, ces