‹ De l'intelligence (volume 4)Chapitre 58 sur 90 · Vulpian, 414 et pages suivantes · texte numérisé non relu

Vulpian, 414 et pages suivantes

plaie résultant de la décapitation était cachée, vous croiriez que l'animal n'a subi aucune mutilation, et le caractère commun de ces mouvements est d'avoir pour effet la défense contre les atteintes extérieures. » Pareillement, des grenouilles décapitées peuvent encore sauter, nager. Bien plus, « si l'on place une goutte d'acide acétique sur le haut de la cuisse d'une grenouille décapitée, le membre postérieur se fléchit de façon que le pied vienne frotter le point irrité. » Làdessus, on ampute ce pied et l'on renouvelle l'expérience. « L'animal commence à faire de nouveaux mouvements pour frotter la place irritée ; mais il ne peut plus y parvenir, et après quelques mouvements d'agitation, comme s'il cherchait un nouveau moyen d'accomplir son dessein, il fléchit l'autre membre et réussit avec celui-ci. » — Ce sont là les expériences les plus saillantes, et l'on comprend que, pour obtenir des faits aussi frappants, il faut opérer sur des animaux inférieurs, en qui la vie est plus tenace et dont les parties sont moins étroitement liées les unes aux autres. — Mais on en rencontre de pareils chez les mammifères et jusque chez l'homme l. On a vu <r> des fœtus anencéphales qui criaient et qui suçaient le doigt qu'on mettait entre leurs lèvres. Beyer, ayant été obligé de briser la tête d un fœtus pour compléter un accouchement et ayant ainsi vidé complètement le crâne, vit ce fœtus, quelques minutes après l'accouchement, pousser un cri, respirer et agiter les pieds et les mains. » — Chez les animaux supérieurs, si l'on supprime tout l'encéphale, c'està-dire tous les centres nerveux auxquels sont atta-

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