‹ De l'intelligence (volume 5)Chapitre 42 sur 60 · SI TOUT FAIT OU LOI A SA RAISON EXPLICATIVE · texte numérisé non relu

SI TOUT FAIT OU LOI A SA RAISON EXPLICATIVE

I. A présent, que le lecteur rassemble et embrasse d'un coup d'œil toutes les conclusions auxquelles nous venons d'aboutir; il les trouvera convergentes, et sera conduit par leur convergence vers une loi universelle et d'ordre supérieur, qui régit toute loi. Soit un couple quelconque de données quelconques; sitôt qu'elles sont effectivement liées, il y a une raison, un parce que., un intermédiaire qui explique, démontre et nécessite leur liaison. — Cela est vrai pour les cas ou couples de données particulières, comme pour les lois proprement dites ou couples de données générales; il y a une raison pour la chute de cette feuille qui vient de tomber tout à l'heure, et pour la gravitation de

toutes les planètes vers le soleil, pour la rosée de cette nuit, et pour la liquéfaction de toute vapeur, pour le battement de pouls que je constate sur mon poignet en ce moment même, et pour la présence d'une fonction ou d'un appareil quelconque dans un être vivant quelconque. — Cela est vrai pour les lois dans lesquelles la première donnée est un composé plus complexe, comme pour les lois dans lesquelles la première donnée est un composé plus simple; il y a une raison pour les actions totales d'une société humaine et pour les actions individuelles de ses membres, pour les propriétés d'un composé chimique et pour les propriétés de ses substances constituantes, pour les effets d'une machine et pour les effets de ses rouages. — Cela est aussi vrai pour les lois qui concernent les composés mentaux que pour les loisqui concernent les composés réels ; il y a une raison pour les propriétés de l'ellipse ou du cylindre comme pour les propriétés de l'eau ou du granit. — Cela est aussi vrai pour les lois qui régissent la formation d'un composé que pour celles qui lui rattachent ses caractères ; il y a une raison pour la formation comme pour les propriétés d'une planète ou d'une espèce. — Mais le point lerpliis remarquable, c'est que cela est aussi vrai pour les lois dont aujourd'hui nous avon<^ l'explication que pour celles

dont Texplicatioii nous manque. Il y a une raison pour l'attraction que toutes les masses exercent les unes sur les autres, pour les propriétés de l'oxygène, pour la formation d'une cellule vivante, pour la naissance de notre nébuleuse. Du moins nous le croyons. Nous ne pouvons montrer cette raison, mais nous sommes persuadés qu'elle existe; nous anticipons par une affirmation hardie sur nos découvertes futures, et même sur des découvertes que peut-être nous ne ferons jamais. Bien mieux, nous indiquons d'avance l'emplacement et les traits principaux de l'intermédiaire qui nous échappe encore. — Nous admettons que, si deux masses s'attirent, c'est en vertu d'un caractère plus simple et plus général, inclus dans le groupe des caractères qui constituent ces masses, tel que serait une impulsion incessamment répétée laquelle à chaque instant surajouterait un effet à l'effet précédent, ce qu'on exprime en disant que l'attraction est une force dont l'action n'est pas instantanée mais continue, ce qui permet de concevoir la vitesse de la masse tombante comme la somme de toutes les vitesses acquises depuis le premier instant de sa chute, ce qui a conduit quelques physiciens à expliquer l'attraction de deux masses par la poussée continue d'un éther environnant. — Nous admettons que, si l'oxygène présente tels ou tels caractères, c'est en vertu de

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