LIVRE TROISIÈME
LA CONNAISSANCE DE l'eSPRIT CHAPITRE PREMIER
LA CONNAISSANCE DE l'eSPRIT
I. Rôle de l'idée du moi dans la vie mentale. — Sa présence presque incessante. — Le moi comparé à ses événements 169
II. Idées dont se compose l'idée du moi. — Entre autres idées, elle comprend l'idée d'un être permanent lié à tel corps organisé. — Ce que nous entendons par cette liaison.
— Idées plus précises dont se compose l'idée du moi. — Idée d'un groupe de capacités ou facultés 171
III. Ce que nous entendons par les mots de capacité et de faculté. — Ils ne désignent que la possibilité de certains événements sous telles conditions et la nécessité des mêmes événements sous les mêmes conditions, plus une condition complémentaire. — Ces possibilités et nécessités sont
permanentes. — Importance capitale que nous leur attachons. — Illusion métaphysique que leur idée provoque.
— Les seuls éléments réels de notre être sont nos événements 173
IV. Le caractère distinctif, commun à tous ces événements, est d'apparaître comme internes. — Exemples. — Mécanisme de la rectification. — Toute représentation, conception ou idée, à son second moment, est oblifrée d'apparaître comme interne. - Nos émotions et volitions ne sont que la face aflective et active de nos idées. — D'où il suit qu'elles doivent aussi apparaître comme internes. — Les sensations que nous localisons dans notre corps apparaissent comme internes. — Les sensations que nous localisons hors de notre corps apparaissent comme des événements étrangers à nous ou comme des propriétés de corps étrangers à nous 178
V. Nos événements passés, aussi bien que nos événements présents, apparaissent comme internes. — La série de ces événements apparaît comme une chaîne. — Mécanisme de la mémoire qui les attache entre eux chaînon à chaînon. — Par la loi de la renaissance des images, l'image d'un de nos événements évoque celles du précédent et du suivant.
— Procédés abréviatifs par lesquels nous remontons ou nous descendons vite et loin dans la série totale. — Exemples. — Points éminents de notre vie passée. — Nous sautons d'éminence en éminence. — EITet de ce parcours rapide. — Dégagement d'un caractère commun à tous les éléments successifs de la série. — Idée d'un dedans stable.
— Cette idée est l'idée du moi. — Achèvement de cette idée par celle des capacités et facultés permanentes. — Opposition finale du moi et de ses événements 182
VI. A quel composé réel correspond effectivement l'idée du moi. — Elle est le produit d'une élaboration longue et complexe. — Opérations préalables requises pour la former.
— Partant elle est susceptible d'erreur. — Diverses classes d'erreurs au sujet du moi. — Cas où des événements étrangers sont introduits dans l'idée du moi. — Exemples divers.
— Point de départ de lïUusion. — Chez les romanciers. — Chez les esprits incultes. — En rêve. — Chezlesfous. — Dans l'hypnotisme. — Cas où des événements qui appartiennent au moi sont attribués à autrui. — Aliénation normale de nos sensations de son et de couleur. — Hallucinations psychiques. — Locutions intellectuelles des mystiques. — Histoire de Blake. — Autres exenqjles. — Point de départ et l)rogrès de l'illusion. — Passage de l'hallucination psychique à l'hallucination sensorielle. — Cas où la série totale de nos événements passés, présents et possibles, est remplacée par une série étrangère. — Point de départ de l'illusion. — Suggestions dans l'hypnotisme. — Expériences des docteurs Tuke et Elliotson. — Exemples chez les monomanes. — Malades persuadés qu'ils sont une autre personne, qu'ils sont changés en animaux ou en corps inanimés, qu'ils
sont morts. — Croyances analogues dans le rêve. — Mécanisme de l'idée du moi à Télat normal. — Mécanisme de ridée du moi ;\ Télat anormal. — Analogie du travail mental et du travail vital 189
VII. Véracité générale du souvenir. — Etant donné le mécanisme du souvenir, son jeu est ordinairement sûr. — A rimage actuelle, nette et circonstanciée, correspond presque toujours une sensation antécédente dont Timage est le reliquat. — A remplacement apparent de l'image refoulée correspond presque toujours l'emplacement réel de la sensation antécédente. — Véracité générale de la notion que nous avons de nos facultés. — L expérience incessante la contrôle, la rectifie et la consolide. — Cohésion de ses éléments.
— II faut des circonstances exceptionnelles pour les disjoindre ou y en insérer d'étrangers. — Raison générale de la concordance de nos pensées et des choses 207
VIII. Comment, d'après l'idée de notre esprit, nous nous formons l'idée des autres esprits. — Analogie des autres corps vivants et du nôtre. •- Cette analogie nous suggère par association l'idée d'un esprit semblable au nôtre. — Vérifications diverses, nombreuses et constantes de cette induction spontanée 214
IX. Résumé général et vues d'ensemble. — Dans toutes les opérations précédentes, une image ou un groupe d'images est soudé à une sensation ou à un groupe de sensations, à une image ou à un groupe d'images, en vertu des lois do reviviscence et d'association des images. — Complication croissante du composé mental. — Complication énorme du composé qui constitue l'idée d'un individu. — Tout composé mental est un couple, et, à ce titre, il est une connaissance.
— Quand le premier terme du couple est répété par la sensation actuelle, le second terme devient une prévision. — Mécanisme de la prévision et projection du second terme dans I avenir. — Dans la majorité des cas, notre prévision concorde avec l'événement prévu. — Correspondance ordinaire de la loi mentale avec la loi réelle. — Deux états du couple mental. — Il agit avant d'être démêlé. — Opposition de la pensée animale à la pensée humaine. — Passage de la première à la seconde. — Après les idées des choses individuelles, naissent les idées des choses générales 216