‹ De l'intelligence (volume 5)Chapitre 7 sur 60 · I. En même temps que le grand travail mental · texte numérisé non relu

I. En même temps que le grand travail mental

dont on vient de parler, il s'en accomplit un autre aussi involontaire, aussi sourd et aussi fécond en illusions et en connaissances. Chaque sensation particulière se transforme et reçoit un emplacement apparent. Nous n'en éprouvons aucune aujourd'hui sanslui assigner une place. Sitôt que nous avons une impression de froid, de chaud, de douleur, de contact, de contraction musculaire, de saveur, d'odeur, nous pouvons indiquer plus ou moins précisément l'endroit où nous l'éprouvons : c'est à la main, à la joue, au milieu du bras, dans le nez, sur la langue. — Ce jugement n'est séparé par aucun intervalle appréciable de la sensation elle-même; nous sommes même tentés de croire que les deux événements n'en font qu'un, et que, du même coup, nous remarquons à la fois l'élancement douloureux et sa place. Il y a pourtant un intervalle entre ces deux remarques, et dernièrement les procédés délicats des physiologistes l'ont mesuré*; c'est que l'opération, par laquelle nous situons notre sensation à tel endroit dans tel ou tel membre, est une ad dition ultérieure plus ou moins compliquée, dont les moments plus ou moins nombreux exigent pour se succéder un temps plus ou moins long^.

1. Expériences de Helmoltz, Marey, de Bezold, Hirsch, Van Deen,Donders, de Jaager, Wolf, résumées par M.Radau dans la Revue des Deux-Mondes, du l" août 1867, p. 794.

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