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55. — Rien n’y faisait; les usuriers savaient toujours tourner toutes les prohibitions. La loi Genutia n’étant pas applicable au-delà du Latiam, il suffisait de prendre pour homme de paille un latin, et on était en règle avec la loi. La loi Sempronia étendit à toute l'Italie les prescriptions de la loi Genutia : au lieu d’un latin, les usuriers firent intervenir un provincial,
Enfin la loi Gabinia défendit lusure partout où s’éténdait la domination romaine. Mais aucun frein n’était capable d'arrêter le mal. On dut recourir à plusieurs reprises à l'expédient de Paltération des monnaies qui permettait au débiteur de se libérer en monnaies dépréciéés, et, par conséquent, en ne payant qu’une partie de ses dettes.
96. — Après les guerres puniques, lorsque les relations avec la Grèce se furent développées, les mœurs grecques s’introduisirent à Rome, et avec elles le luxe et la corraption. La défaite de Persée, les dépouilles de la Macédoïne, la prise de Carthage avaient enrichi les vainqueurs: mais les trésors des peuples vaincus ne suffirent pas à alimenter un luxe effréné, et ce fut à qui augmenterait lé plus sa fortune par les plus détestables moyens. L’usure était génée à Rome : on alla prêter dans les provinces. Tandis que les patriciens et les chevaliers s’enrichissaient, le peuple restait pauvre. C’est surtout le peuple des provinces qui avait à subir les exactions de l’usure : Cicéron (4) nous apprend que Brutus lui-même faisait valoir son argent