DIAGNOSTIC DE LA MYASTHENIE
L’asthénie est le symptôme qui amène le plus souvent le malade à consulter. S’il est facile de reconnaitre la cause d’un myasthénie généralisée, caractérisée par une fatigabilité rapide augmentant par l’exercice
musculaire, s’aggravant à la fin de la journée, mal répa-
rée par le repos et en particulier pendant le sommeil,
donnant lieu à un état d’asthénie paralytique dans les
muscles dépendant du territoire mésocéphalique, il est ‘
plus difficile de reconnaître la cause véritable d’une forme à son début, ou d’une forme bénigne de myasthénie.
L’asthénie initiale peut faire penser à une insuffi-
sance surrénale ou encore à une asthénie d’ordre gé-
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néral. La question de la participation des glandes endocrines dans la pathogénie de la myasthénie a intéressé spécialement les neurologues.
Certains auteurs — P. MARIE, BoUTTIER, BER- TRAND — ont décrit dans la myasthénie des lésions de la zone médullaire ainsi que des zones pigmentaires
et réticulées.
La théorie glandulaire a prévalu et les glandes surrénales ont été mises au premier plan par les neurologistes.
SEZARY a insisté sur les rapports des asthénies addisoniennes et de la myasthénie, caractérisées toutes les deux par la faible résistance des muscles à l’épuisement, mais il ne considère pas toute myasthénie comme due à l’hypo-épinéphrie.
H. CLAUDE a essayé de différencier la myasthénie
paralytique des myasthénies d’origine surrénale.
Il faut réserver pour cet auteur le nom d'état myasthénique au cas où il existe des troubles des réactions électriques en permanence, alors que dans la myasthénie surrénalienne on n’observe de troubles que lorsque le muscle a fourni le travail qui l’a épuisé.
MARINESCO donne aux glandes surrénales un rôle important dans la myasthénie mais par la déficience du système sympathique d’origine surrénale. Cette théo-
rie est appuyée par les modifications du métabolisme
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basal, par les perturbations du réflexe oculo-cardiaque qui montrent le rôle joué par le sympathique.
L’interrélation surréno-sympathique n’est pas un fait nouvellement démontré.
Certains auteurs veulent voir dans les résultats du traitement opothérapique dans la myasthénie une preuve de plus en faveur de l’étiologie surrénalienne.
De tous les extraits opothérapiques essayés en effet, c’est avec les extraits surrénaux (RAYMOND et SI- CARD, CLAUDE et VINCENT, LANDOUZY et SEZARY) que l’on obtient les meilleurs résultats. Quoi qu’il en soit, il nous semble possible d'admettre une participation
relative des glandes surrénales dans la myasthénie.
Les tests de laboratoire apportent ici un secours précieux au diagnostic étiologique, en permettant de préciser la participation des glandes et en guidant la thérapeutique, car la question des myasthénies est encore à l’heure actuelle incomplètement approfondie. D’autre part, le diagnostic clinique de l’étiologie d’une myasthénie est presque toujours impossible et le but de notre travail est précisément de montrer à quel
point le clinicien doit recourir ici au laboratoire.