DIAGNOSTIC DE LA NEURASTHÉNIE
L’asthénie peut, chez les névropathes revêtir toutes les formes; nous allons envisager tout d’abord la neurasthénie en général, puis après ce trop bref aperçu, nous passerons à la neurasthénie en rapport avec l’insuffisance surrénale.
L’asthénie passagère ou épisodique succède à une maladie infectieuse grave, à toutes les formes de surmenage, à des chocs émotifs, à des états passionnels, à des causes morales d’ordre varié.
Cette forme est très communément observée par le neurologue et presque toujours curable.
L’asthénie périodique ou récidivante est également fréquente. On observe des accès d’asthénie alternant
avec des périodes plus ou moins longues de rémission.
L’asthénie durable et chronique:
Il faut opérer une distinction entre l’asthénie chro-
nique, co-existant avec une affection organique facile à
déceler comme la tuberculose ou l’urémie, l’asthénie chronique séquelle d’une affection connue, enfin l’asthénie constitutionnelle congénitale difficile à séparer de l’asthénie acquise dans la première enfance.
La question de la tension artérielle joue ici un grand rôle. Abaïissée dans l’insuffisance surrénale, elle permet souvent au clinicien de s’orienter vers ce diagnostic.
La conclusion de cette étude rapide des différentes formes d’asthénie paraît devoir être la suivante:
Devant toute asthénie, de quelque forme et de quelque degré qu’elle soit, avant d’affirmer le diagnostic de neurasthénie de Beard, on ne doit jamais omettre de faire une étude complète du fonctionnement de toutes les glandes endocrines et tout spécialement des glandes surrénales. Une difficulté réelle du diagnostic étiologique réside dans l’analogie clinique existant entre l’asthénie de la petite insuffisance surrénale et dans celle de l’insuffisance thyroïdienne. Il semble cependant que l’hyposurrénalien soit surtout un sujet fatigable qui peut, après un long repos sentir renaître en lui un peu d’activité cérébrale et musculaire tandis que l’hypothyroïdien est constamment fatigué même
après le repos.
ASTHENIE THYROIDIENNE
L’asthénie thyroïdienne se voit surtout chez les jeunes. À la différence de l’asthénie par hypoépinéphrie, elle s’accompagne d’un cortège plus ou moins abondant de signes physiques d'insuffisance thyroidienne. |
Il s’agit souvent d’enfants retardataires suivant péniblement une classe au-dessous de leur âge. Leur intelligence paraît engourdie, ils ont du mal à fixer leur attention, et d’ailleurs rien ne les intéresse. Ils sont classés parmi les paresseux par leurs parents et par leurs maîtres. Ils sont apathiques et indifférents aux encouragements et aux remontrances, stoïques sous l’avalanche des retenues et des pensums.
Physiquement, ils présentent l’aspect suivant: ils sont gros et pâles, souvent d’une taille supérieure à la moyenne de leur âge. Cependant, leur croissance est régulière.
La puberté est tardive et incomplète. Les organes
génitaux restent d’un développement médiocre. Les
Re
poils pubiens sont rares et à disposition inverse de
celle du sexe du sujet, chez l’adolescent.
Mais si un syndrome asthénique n’évoque pas à lui seul d’emblée une insuffisance thyroïdienne, il est fréquent de grouper chez le malade un certain nombre de signes physiques et fonctionnels qui orientent le diag-
nostic clinique.
Tels sont la cyanose habituelle des extrémité, les engelures, un certain degré de bouffissure du visage, la rareté des poils avec distribution irrégulière par plaques de la barbe, l’absence de la queue du sourcil qui est presque pathognomonique, l’adiposité surtout, très évocatrice d’hypothyroïdie à tel point que chez presque tous les gens qui viennent consulter pour un embonpoint exagéré on fait pratiquer un métabo-
lisme basal.
La frilosité, la tendance aux hémorragies telles que les epistaxis, les métrorragies, les troubles de la menstruation sont moins importants mais attirent souvent l'attention du clinicien averti sur l’insuffisance thy-
roïdienne possible.
La fatigue matutinale qu’on trouve également dans l'insuffisance surrénale pose avec celle-ci un diagnostie différentiel que peuvent seuls trancher les tests de la-
boratoire.
PH". Eee
Il en est de même de l’hypotension, de la microsphygonie.
Enfin, l’anorexie et la constipation opiniâtre se voient aussi bien dans l’asthénie par l’hypoepinéphrie que dans l’asthénie par insuffisance thyroïdienne.
Or, s’il existe des cas bien nets d’asthénie par l’une ou l’autre de ces carences endocriniennes, il y a aussi comme le montrent plusieurs de nos observations, des cas mixtes d'insuffisance surrénale légère et d’insuffisance thyroïdienne ou d’hyperthyroïdie.
Il y a également des cas où l’insuffisance hypophy-
saire s’associe à l’insuffisance surrénale.
ASTHÉNIE HYPOPHYSAIRE
L’asthénie due à l’insuffisance hypophysaire pure présente un tableau bien différent de celles que nous avons étudié jusqu'ici. Nous avons essayé d’en brosser une esquisse rapide, parce que cette association nous
a paru plus rare que la précédente.
Le malade a des mouvements musculaires lents et pénibles, il manque d'énergie, il se fatigue rapidement et est parfois obligé de rester étendu plusieurs heures. Sa force réduite peut faire contraste avec un développement physique normal, mais il s’agit le plus
souvent d’un sujet maigre.
Les fonctions ‘intellectuelles sont atteintes dans leur ensemble, la parole est lente, la mémoire paresseuse, la compréhension laborieuse. Il a une tendance à somnoler continuellement. Il paraît plus ou moins hébété.
L’affectivité est troublée. Le malade est hypersensible, mélancolique avec hypocondrie et même parfois des accès maniaques. L'homme est souvent impuissant ou manifeste une indifférence génitale marquée.
La femme est souveñt frigide, parfois stérile avec atrophie utérine. Cependant il y a peu de modifications
des caractères sexuels secondaires.
Tels sont les tableaux des trois principales asthénies d’origine endocrinienne. L’impression qui se dégage de cette étude est avant tout celle de la complexité des symptômes et de leur multiplicité. Il en résulte que le diagnostic étiologique d’une asthénie est le plus souvent impossible à établir par la clinique seule. Il faut donc recourir à certains tests biologiques dont la technique est actuellement mise au point après de longues et laborieuses recherches, et qui nous apportent un secours précieux.
En ce qui concerne l’insuffisance surrénale, il existe à côté du test de laboratoire qui fait l’objet prineipal de notre travail, le dosage du glutathion réduit du
sang, d’autres procédés qui permettent également de