AGE
Chez le lapin, enfin, HirsCH a trouvé un résultat
identique. :
Chez l’homme peu d’observations ont pu être faites, le pouvoir réducteur du glutathion diminuant rapidement dans les tissus cadavériques. Les recherches se sont portées sur des organes enlevés par ablation, la rate, les muscles de la jambe. On a fait également des recherches sur le fœtus (LEMELAND et DELETANG).
Cependant les chiffres trouvés seriblent montrer que la teneur des organes en glutathion est moindre dans l’espèce humaine que dans les espèces animales. De même la glutathionémie est inférieure chez l’homme. Dans le sang le taux du glutathion réduit, indiqué par les différents auteurs, varie avec la méthode employée et voici des chiffres qui montrent combien la diversité des méthodes de dosage est regrettable.
D’après GABLE la glutathionémie chez le sujet nornormal varie entre 290 et 370 mgr. pour 1000 ce. de sang. KITAMURA a mdiqué comme limites extrêmes 180 à 320 mgr. D’après CAMPANACCI la teneur n’est que de 160 mgr. ;
LABBE et NEPVEUX trouvent de 156 à 250 mgr.
On admet actuellement que le chiffre normal du glutathion réduit du sang oscille entre 170 et 200 mer. pour 1000 cc.
es Es me f
PME
Variations du glutathion suivant les facteurs
physiologiques
Le taux du glutathion sanguin n’est pas seulement appelé à varier dans certains états pathologiques, il est appelé également à varier suivant certains facteurs physiologiques. L’altitude par exemple entraîne une augmentation importante du taux du glutathion. C’est ainsi que la teneur du sang en glutathion réduit peut, pour des sujets normaux, atteindre un chiffre de 500 mgr. pour 1000 cc. de sang à une altitude de 5.000 m.
(DELRUE et VISCHER).
Le régime a une influence également sur la teneur du sang en glutathion: par exemple, la carence en vitamine B. détermine un abaïissement du taux du glutathion sanguin, lequel au contraire est augmenté par un régime riche en cystine. (Mme RANDoIN et René
FABRE, LECLAIR, MARENZ:I et BRAIER).
La croissance influe également sur le taux de la glutathionémie. Très abondant chez l’embryon, le glutathion diminue pendant la gestation puis après la naissance, le taux décroit lentement à mesure que la croissance se poursuit. Cette diminution se poursuit
dans l’âge adulte, beaucoup plus lente, et chez le vieil-
lard le glutathion sanguin est nettement diminué par
rapport au taux normal du sujet jeune.
En ce qui concerne les rapports du glutathion avec l’état sexuel nous n’envisagerons la question que chez l’être humain.
Il ne semble pas qu’il y ait de différence notable entre les sexes, et cependant la glutathionémie serait légèrement plus forte chez la femme. Dans l’état de gravidité qui peut être considéré à la fois comme état biologique et comme état sexuel, la glutathionémie ne semble pas modifiée pendant la gestation mais le début du travail amène une chute du glutathion réduit qui persiste jusqu’à l’expulsion du fœtus ‘et même quelques jours après l’accouchement.
Si le taux du glutathion sanguin est peu influencé par la gestation et la puerpéralité, les travaux de Georges BINET, A. BLANCHETIERE, et À. ARNAUDET ont montré chez la chienne gravide une augmentation constante du taux du glutathion des glandes surrénales. LÉMELAND et DELETANG ont montré que la teneur en glutathion de l'utérus gravide était considérable dès le début de la gestation et est alors comparable à celui des glandes surrénales. Vers la fin de la grossesse ce taux dépasserait même celui des glandes surrénales.
Inversement, l’ablation des deux ovaires amène un abaissement du chiffre du glutathion dans le tissu surrénal: 327 mgr. pour 100 gr. de glande pour une
chienne opérée six mois auparavant (Léon BINET).
L’hyperthermie déterminée par l’injection intraveineuse de dinitrophénol 1-2-4 est suivie d’une légère diminution du glutathion réduit dans les glandes surrénales.
La dépancréatisation totale est également suivie d’un léger abaissement du taux du glutathion dans ces
organes.
Le glutathion et les glandes endocrines
et plus particulièrement les glandes surrénales:
L'étude des tableaux du taux en glutathion des divers organes montre que les glandes endocrines sont plus riches en glutathion que tous les autres organes. De plus, il est à noter que dans ces glandes, le rap-
glutathion total port est diffèrent de celui des autres glutathion réduit
organes. Elles se classent donc tout à fait à part. Parmi les autres glandes endocrines, la glande surrénale est l'organe le plus riche en glutathion réduit. Cette richesse en glutathion a attiré l’attention d’un grand nombre d'auteurs et Léon BINET put à la suite de nombreuses expériences établir le rôle des glandes surré-
nales dans le métabolisme du soufre.
Les glandes surrénales et la synthèse du glutathion
LOoEPER, LESURE et TOMET ont trouvé dans la sur-
rénale jusqu’à 0,19 de soufre total pour 100 parties de
Tips
glande sèche. le soufre oxydé représentant à peine 40 du soufre total.
L’étude comparative du sang artériel et du sang Voice. de la surrénale, montra à LOEPER, DECOURT et GARSIN que la teneur du sérum en soufre total était moins élevée dans la veine que dans l’artère, cette diminution portant surtout sur le soufre neutre. La surrénale fixe donc jusqu’à un tiers du soufre contenu
dans le sang qui la traverse.
Ces auteurs conclurent à une fonction thiopexi-
que de la surrénale.
L'expérience la plus démonstrative est réalisée par la perfusion des glandes surrénales réalisée chez le chien avec du sang citraté additionné de cystéiné et d'acide glutamique. Il y a augmentation nette du taux du glutathion réduit dans le liquide de perfusion et dans le tissu de la glande artificiellement irriguée. Le perfusat présente une teneur en glutathion au moins doublée par rapport au chiffre de départ. Dans la glande perfusée on relève des chiffres de 750, 714, 729, 781 milligrammes de glutathion, alors que dans la glande témoin dans les expériences correspondantes, renferme 555, 546, 488 et 455 milligrammes pour 100 grammes de glande. Le rein perfusé dans des conditions identiques n’a présenté aucune modification du
taux du glutathion, ni dans le liquide de circulation ni dans l’organe perfusé.
Pet CA 1
Enfin, des observations ont montré que la teneur des glandes surrénales en glutathion ne variait pas parallèlement avec leur teneur en adrénaline. Chez des chiens en tétanie parathyroprive on note, au sixième ou au septième jour qui suit la parathyroprivation totale, un effondrement de la charge en adrénaline dans la glande surrénale. Il n’y a, au contraire, aucune
modification de la teneur en glutathion réduit.
Enfin, dans l’intérieur de la glande, des essais histochimiques, pratiqués au moyen du nitroprussiate de soude sur des coupes de glandes surrénales congelées est beaucoup plus intense au niveau du cortex que dans
la zone médullaire (Léon BINET et A. GIRARD).
Tels sont les faits que nous avons cru devoir réunir dans une étude d’ensemble avant de passer à l’étude particulière du rapport entre l’insuffisance surré-
nale légère et le taux du glutathion réduit du sang.
Ces données physiologiques devaient amener à doser le glutathion dans le sang des addisoniens. C’est en 1932, à l’Association des physiologistes de langue française à Lille, que Léon BINET et A. ARNAUDET ont insisté sur une chute du glutathion sanguin chez deux malades attéints de maladie d’Addison.
Depuis, la question a été reprise par de nombreux auteurs, et les chiffres suivants permettent d'affirmer
l’existence d’une chute du glutathion dans le sang des
ee addisoniens qui est retrouvée à peu près dans tous
les cas. <
Ces chiffres sont exprimés en milligrammes pour
1000 cc. de sang total prélevé par ponction intra-vei-
neuse :
MHé Hesse sine . 84,3 mgr.
NES CAE ARE 87 mr.
Mile HR 0e 96,1 mgr.
Me Cire AE 130 mzgr.
Comme le montrent des travaux récents parmi lesquels l’étude remarquable de la petite insuffisance surrénale par AMADo (thèse de Paris 1936) il existe une chute du même ordre quoique généralement moins importante de la glutathionémie chez les sujets atteints
d'insuffisance surénale légère.
Le dosage du glutathion réduit du sang devient un moyen de diagnostic de premier ordre de l’insuffisance surrénale légère qu’on ne peut que soupçonner devant un tableau clinique évocateur comme celui que nous avons exposé dans la première partie de notre étude.
De plus, des dosages répétés permettraient de contrôler l'efficacité du traitement employé (corticosurrénine et cystéine) et de conduire la thérapeutique.
Ainsi que notre maître, le Docteur STÉVENIN l’expose dans son article de la médecine internationale il-
lustrée n° 682. Si on peut admettre comme normaux
REC ee
des chiffres oscillant entre 170 et 260 mgr. du glutathion réduit pour 1000 cc. de sang, entre 120 et 160 mgr. on peut conclure à une insuffisance légère, entre 100 et 120 mgr. à une insuffisance notable, enfin, au- - dessous de 100 mgr. à une insuffisance sérieuse des glandes surrénales. Ces chiffres bas coïncident toujours avec des asthénies accentuées accompagnées du cortège des autres signes d'insuffisance surrénale, hypotension, vagotonie, troubles dyspeptiques, etc...
Nous allons maintenant présenter les observations que nous a si obligeamment confiées notre Maître le
Docteur STÉVENIN, médecin de l’hôpital Saint-Louis.
Les unes étudient des cas d’asthénie par insuffisance surrénale pure; ce sont les plus nombreuses, cependant plusieurs relatent des cas d’insuffisance surrénale associée à l'insuffisance thyroïdienne. On verra combien la connaissance du taux du glutathion réduit du sang a été précieuse pour établir dans chacun de ces cas le diagnostic étiologique, ainsi que pour suivre les effets du traitement par le système des extraits surrénaux.
Demême,dans certains cas, une reprise de l’asthénie n’était pas due à une nouvelle manifestation de l’insuffisance surrénale chez des malades qui primiti- ‘vement améliorés par le traitement opothérapique, avaient depuis longtemps négligé de se faire suivre;
le taux de la glutathionémie venait le prouver.
LSRAN EE
Voici ces observations, dont la plupart sont des observations personnelles de notre maître STÉVENIN, les autres provenant de son service de l'Hôpital Nou-
veau-Beaujon, à Clichy.
OBSERVATION I. — Denise H... (Observation personnelle de Monsieur STÉVENIN).
Agée de 3 ans consulte pour la permière fois en mars 1936. Le père syphilitique a été traité régulièrement avant le mariage. Un frère est mort à un an de septicémie.
Elle a une sœur de 13 ans bien portante mais toujours fatiguée.
Nourrie peu de temps par sa mère, elle a eu une croissance difficile, à 3 mois elle a fait une broncho-pneumonie.
La première éruption dentaire et la marche se sont
produites dans les délais normaux.
A l’âge de 6 ans, fièvre typhoïde sans complications.
Cest à partir de cette époque qu’elle commence à se sentir déprimée, d’une façon habituelle.
Au cours de l’hiver dernier, elle a fait une grippe à forme pneumonique. Elle dort et mange très bien. De caractère gai, elle est très frileuse et présente une fatigue intellectuelle et physique très marquée.
Il y a quelques ganglions cervicaux.
Au cours d’un séjour récent à Chamonix, on a pratiqué une radiographie de thorax et constaté la présence de
ganglions hilaires. La cuti-réaction est positive.
DM", 7 IS