A MES MAITRES DANS LES HOPITAUX DE PARIS
MESSIEURS LES DOoCTEURS :
DEVRAIGNE, RENÉ BÉNARD, LAMY, ROUHIER, HAMBURGER, PORTES, JANET, STÉVENIN.
De l'intérêt du dosage du glutathion-réduit du sang pour le diagnostic de certaines asthénies
Le nombre des sujets qui consultent le médecin pour asthénie est considérable. Le plus souvent il est assez facile de trouver la cause de ces asthénies après un examen clinique complet, appuyé au besoin de quelques examens de laboratoire élémentaires et même d’un examen radiologique de pratique aujourd’hui si
courante.
Mais souvent le praticien reste embarrassé dévant un malade auquel, après une examen consciencieux, il a trouvé les principaux appareils normaux et en bon état, tant physique que fonctionnel. Il est courant alors de prescrire quelque fortifiant.ou un tonique du sys-. tème. nerveux qui, d’ailleurs, peut produire quelque. effet. Souvent aussi le malade est considéré comme étant plus ou moins malade imaginaire. Chez l’enfant on invoque un tempérament lymphatique, le résultat du surmenage scolaire, la croissance. etc. Ceci étant vrai surtout lorsqu'on se trouve en présence d’une. asthénie légère.
En présence d’une asthénie marquée et durable, re-
belle à toute médication symptomatique, ne diminuant
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pas avec le repos, il est plus difficile de se contenter de ces hypothèses commodes mais un peu trop vagues, et c’est alors qu’on peut être amené à invoquer une étiologie endocrinienne possible. Il en est de même devant une asthénie peu importante mais très prolongée également rebelle aux repos et aux toniques ordinaires, durant des mois sans subir de modifications ni en bien, ni en mal, même aux variations saisonnières. On soupçonnera également la déficience ou parfois l’hyperfonctionnement d’une ou plusieurs glandes à sé-
crétion interne.
Les travaux modernes ont montré que trois d’entre celles-ci sont capables d’engendrer des asthénies graves autant par leur intensité que par leur durée prolon-
gée et rebelles à toute médication non spécifique.
Ce sont d’abord les glandes surrénales, auxquelles est consacrée la plus grande partie de notre étude,
viennent ensuite la glande thyroïde et l’hypophyse.
S’il existe des asthénies dépendant du dysfonctionnement de l’une de ces glandes exclusivement, il en existe peut-être d’aussi nombreuses qui sont causées par la déficience de deux d’entre elles, par exemple des surrénales et de la thyroïde ainsi que le montrent plusieurs des observations qui nous ont été obligeamment confiées par le docteur H. STEVENIN, notre
maître.
ASTHENIE PAR PETITE INSUFFISANCE SURRENALE
Dans la première partie de ce travail nous allons étudier tout spécialement l’asthénie due à l’insuffisance surrénale chronique mais de dégré atténué.
Cette asthénie doit être envisagée à un double point de vue, d’abord à celui du neuropsychisme, ensuite à celui du fonctionnement de l’appareil musculaire.
Le malade dont l’appareil nerveux et le psychisme sont atteints plus spécialement se plaint de fatigue continuelle, remarquable surtout au moment du réveil, où il se sent la tête lourde, où il lui semble être plus fatigué que la veille au soir au moment du coucher. Le sujet éprouve continuellement une dépression cérébrale plus ou moins marquée. Il n’a plus de goût au travail ni même à aucune distraction. Il cherche autant qu’il lui est possible à se reposer. Sa pensée sans cesse est errante. Il a une peine infinie à la concentrer longtemps sur un sujet déterminé.
En outre, l’affectivité des sujets est touchée. Ce
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sont des pessimistes, toujours enclins à voir le mau-
vais côté des choses.
Le sommeil peut être troublé, soit qu’il soit raréfié ou même impossible, soit qu’il soit harté de cauchemars.
En présence d’un tel tableau, le diagnostic de neurasthénie s’impose et il est même trop facilement posé.
Le médecin devra, en présence d’un tel tableau, surtout s’il s’agit d’un sujet jeune, se demander s’il ne s’agit pas d’un état névropathique symptômatique d’une insuffisance organique. On peut donc répéter, avec SCHNEIDER :
« Chez des hommes jeunes, le diagnostic de neu- : rasthénie de BEARD ne doit être accepté qu'après un examen minutieux de tous les organes. »
Outre les troubles neuro-psychiques, l’asthénie affecte plus ou moïns gravement le système musculaire. Cette myasthénie est plus ou moins intense: Tel sujet après quelques minutes de marche même sur une distance restreinte, est fatigué au point d’être obligé de - s'asseoir. Un autre ne peut supporter la station debout plus de quelques minutes. Dans des cas plus bénins, le sujet, d’activité à peu près normale dans la vie cou-
rante, est incapable de pratiquer aucun sport.
A l’examen, on note une diminution du tonus mus-
culaire. À la palpation des masses musculaires, on
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s’aperçoit d’un état de flaccidité variable avec le dégré de l’asthénie et qui contraste avec le tonus musculaire à l’état normal.
Presque toujours chez ces asthéniques on trouve une hypotension artérielle permanente. Très accentuée chez certains sujets, elle est corrélative entre le maxima et le minima. On trouve des chiffres comme 9,6 Je