INTRODUCTION
L'hystérie peut présenter avec les affections chirurgicales des rapports très variables. Tantôt agissant comme cause, elle peut, en localisant ses effets dans une région, simuler une affection qui en réalité n'existe pas, telle que la coxalgie hystérique, ou bien déterminer, par la persistance de ses accidents. de véritables lésions, telles que les contractures, qui à un moment donné, et dans certaines conditions, pourront nécessiter l'intervention du chirurgien. Dans ces diftérents cas, hystérie étant la cause des accidents, sa marche n’est en rien améliorée par l'intervention chirurgicale. Elle peut même quelquefois êlre aggravée. On sait, en effet, que les bandages et appareils appliqués à la coxalgie, et qui constituent le traitement de choix lorsque cette affection estde nature tuberculeuse, ont au contraire pour effet d'augmenter linten-
AT ee sité des symptômes lorsqu'elle est de nature hystérique. Is prolongent la durée du mal en fixant davantage l'idée du malade eten déterminant chez lui une suggestion constante.
Tantôt, au contraire, l'hystérie, au lieu d’être cause, semble être effet: ses premières manifestations apparaissent à l'occasion d’une affection à laquelle elles.sont intimement liées, et dont elles subissent l'influence incontestable. C'est à l'étude de ces derniers cas seuls que nous avons voulu consacrer notre travail. Nous avons essayé de rechercher quel devait être le rôle du chirurgien, en présence de manifestations hyslériques paraissant nettement sous l'influence de lésions organiques qu'il peut supprimer. Il peut alors se présenter deux cas : ou bien les lésions peuvent par elles-mêmes, eten dehors de toute considération des troubles nerveux, imposer l'opération, ou bien le chirurgien a le choix entre l'opération et un traitement conservateur.
Dans le premier cas, la nécessité de l'intervention ne saurait être discutée, puisqu'on opère pour la lésion, par exemple lorsque l'examen permet d'affirmer l'existence d’une annexite suppurée où d’une annexite avec adhérences très étendues, qui par elles-mêmes sont toujours causes de douleurs.
Dans le second cas, la décision à prendre est plus difficile, car elle est basée surtoutsur la présence des troubles névrosiques ; mais sl est bien avéré que la lésion grave par elle-même, douloureuse chez toutes les malades, paraît avoir provoqué le début des phénomènes névrosiques el en commander les diverses manifestations actuelles, le problème de l'intervention se pose. Peut-être alors les accidents nerveux peuvent-ils constituer un argument secondaire d'intervention.
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Toutefois, les auteurs sont loin d’être d’accord sur ce point ; les uns, faisant dépendre ces accidents de l'hystérie concomitante, et n’attribuant dans leur production qu'un rôle tout à fait secondaire aux lésions locales, prétendent que le chirurgien n'a jamais à intervenir dans ces cas, car il ne saurait avoir aucune action contre la névrose et par suite contre ses manifestations. Les autres, au contraire, attribuant aux lésions le rôle prépondérant dans la production des accidents, pensent que le chirurgien pourra dans certains cas, en s'attaquant à elles, jouer un rôle utile, comme le prouvent un assez grand nombre de faits.
Dans quels cas donc les manifestations nerveuses nécessiteront-elles lintervention chirurgicale, tel est Pobjet de notre étude.
Nous envisagerons principalement les opérations qui ont porté sur l'appareil utéro-ovarien, et particulièrement la castration.
Nous examinerons successivement les raisons qui ont déterminé les chirurgiens à opérer, les résultats qu'ils ont obtenus, les objections’qu'on à opposées à cette méthode thérapeutique, ses indicalions el contre-indicalions et, enfin, les conditions dans lesquelles elle pourra être pratiquée.
Dans un dernier et court chapitre, nous essayerons de montrer qu'il peut exister; en dehors de l'appareil utéroovarien, d’autres organes dont les lésions peuvent pro: voquer de véritables agents provocateurs de l'hystérie, et, devenir, dans certains cas, justiciables de l'intervention
chirurgicale.
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