‹ De l'intervention chirurgicale dans l'obstruction intestinaleChapitre 1 sur 44 · DIVISION DU SUJET · texte numérisé non relu

DIVISION DU SUJET

Toute interruption du cours des matières entre le nvlore et l'anus constitue une obstruction de l'intestin.

Avec l'arrêt de la circulation fécale, apparaissent de nombreux symptômes plus ou moins graves, dont les uns sont immédiatement sous la dépendance de la rétention des matières, et dont les autres coïncident seulement avec elle.

Dans le langage courant, il arrive souvent que 1 on ne sépare point ces phénomènes les uns des autres ; le terme d'obstruction comprend tout. C'est pour ainsi dire une maladie dont l'étiologie se compose de tous les processus qui conduisent à l'arrêt des matières. Une idée générale préside au traitement de toutes les obstructions : rendre aux matières leur cours normal, ou bien, si ce but idéal ne peut pas être atteint, ouvrir du moins aux matières une voie d'échappement artificielle.

A côté de ce point de ressemblance, des différences considérables existent entre les diverses variétés de l'obstruction. Certaines formes sont dans tous les livres classiques étudiées à part : ainsi celles qui dépendent d'un vice congénital, ainsi encore, celles qui se produisent au niveau d'une hernie externe. L'utilité de cette pratique est trop évidente pour que nous ayons à la justifier; nous nous y conformerons dans ce travail, et nous retiendrons seulement comme constituant l'obstruction intestinale, celles qui sont acquises et qui se forment dans l'intérieur de la cavité abdominale.

Ici encore deux grands groupes doivent cire tout d'abord établis :

1° Les obstructions qui ont leur siège à portée de la main et de l'œil de l'opérateur dans la région ano-rectale.

2° Celles qui se passent en dehors de la sphère directement accessible au chirurgien, dans les profondeurs cle la cavité abdominale, et que l'on peut appeler les obstructions intestinales proprement dites.

Si nous avions écouté notre première inspiration et suivi les errements classiques, nous nous en serions tenus à ce dernier groupe. Il nous a semblé, à la réflexion, que le titre si général de notre travail ne nous permettait pas de prendre cette détermination.

Nous ferons donc, à la fin de cette étude, une place aux obstructions dont le siège est à la région ano-rectale, mais ce ne sera qu'une petite place. Les règles de l'intervention chirurgicale, pour ce cas spécial, sont bien établies. Un point reste peut-être à éclairer cependant, c'est la valeur des opérations palliatives qui se pratiquent à propos de ces obstructions. Nous étudierons particulièrement ce point, en laissant de côté toutes les questions de manuel opératoire qui auront été suffisamment traitées dans la première partie de cette thèse.

L'obstruction intestinale commune nous retiendra particulièrement. C'est elle qui depuis quelques années est, on peut le dire, à l'ordre du jour de la chirurgie.

Au cours de cette étude, nous ne nous servirons jamais du terme de gastrotomie. Quoi que l'on puisse faire et dire, ce terme prêtera toujours à confusion.

Dans le langage anatomique et médical, c'est toujours l'estomac que le mot gaster représente (gastrique, hypogastrique, gastrorrahagie, gastrostomie). 11 vaut donc mieux oublier que ce terme a été chez les Grecs étendu d'une façon fâcheuse à des choses aussi dissemblables

que l'estomac d'une part et de l'autre la cavité abdominale tout entière.

Si on y avait bien regardé on aurait vu, du reste, que l'extension allait plus loin encore. Hippocrate appelle la cavité pleurale le « gaster supérieur » et la cavité abdominale le « gaster inférieur », comparaison fort ingénieuse entre les deux grands compartiments de la cavité générale du corps, mais comparaison qui troublerait encore nos notions étymologiques, si nous tenions absolument à conserver le mot gaster comme synonyme de cavité abdominale.

L'expression de Laparotomie, originaire de l'Allemagne, a été critiquée comme désignant dans son sens étymologique pur la seule section du flanc (a*tt&?&, flanc).

Si le terme de Laparotomie ne répond pas étymologiquement d'une façon exacte à la chose qu'il désigne, il a du moins l'avantage de ne prêter à aucune confusion. Nous nous en servirons donc d'une façon exclusive.

Qu'il me soit permis de faire remarquer pour ne plus avoir à revenir sur ces définitions, que la laparotomie est loin de constituer toute l'opération par laquelle on va détruire les causes de l'obstruction intestinale. Elle n'en forme qu'une partie ; c'est une sorte d'opération préliminaire, le premier temps de beaucoup d'opérations différentes. Nous commettons donc une incorrection de langage quand nous disons que nous avons guéri un malade par la laparotomie. Nous le guérissons par la laparotomie combinée à une autre opération qui sera la section d'une bride, le déroulement d'un volvulus, etc. Mais comme il arrive souvent, l'acte le plus important a fait oublier l'autre. L'acte final, seul curatif, en définitive, a disparu, bien à tort, nous le répétons, devant le premier qui n'avait d'autre but que de lui préparer la voie.

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