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« de bonne heure » ne signifie pas que l'obstruction de l'intestin soit au début. Déjà le cours des matières est arrêté et l'intestin lésé, sinon dans sa substance, du moins dans son activité, présente une dilatation notable. Cette dilatation, produite presque en totalité parles gaz, constituerait à elle seule une cause d'obstruction ; en fait, elle s'ajoute à l'obstruction préexistante.
L'électricité, en contractant les tuniques musculaires, tend à diminuer le volume du canal intestinal ; elle pourrait, par là, lever l'invagination et rétablir le cours des matières.
Elle agit aussi, et peut-être d'une façon prépondérante en activant la riche circulation des vaisseaux. Les conséquences de cette suractivité circulatoire sont complexes et peuvent se résumer dans :
1° La résorption des gaz;
2° L'exaltation de la sécrétion glandulaire ; circonstances qui, jointes aux mouvements mécaniques des tuniques musculaires peuvent concourir à lever les invaginations, et à rétablir la voie intestinale interceptée.
Quant au mode d'application des courants continus, il a été l'objet de certains perfectionnements. Duchenne reprochait à la faradisation de provoquer des douleurs spasmodiques du pharynx, du hoquet et de l'anxiété respiratoire grave : les réophores étaient introduits l'un dans le rectum, l'autre dans la bouche.
Aujourd'hui, le rhéophore supérieur s'applique non plus dans la bouche, mais en dehors sur la paroi abdominale, à la surface cle laquelle il est possible de le promener, en se guidant sur la douleur locale et les contractions produites. Bucquoy conseille, d'une manière générale, de débuter avec des courants faibles et de faire durer les premières séances de huit à neuf minutes au plus. Quant au reproche de production d'eschares que
l'on a adressé aux courants continus, nous pensons, avec M. Boudet de Paris, que celles-ci sont imputables, non pas aux courants, mais à la façon défectueuse ou inattentive dont ils sont appliqués.
Ponctions capillaires. Nous rattachons ce mode de traitement à la catégorie des moyens médicaux; nous doutons qu'on nous en fasse le reproche ; les méthodes chirurgicales dont nous avons parlé diffèrent tellement de cette petite manœuvre inoffensive et instantanée que nous avons dû signaler cette dernière à part. Aussi bien la ponction capillaire agit-elle à la façon des procédés médicaux en supprimant la pneumatose qui, pouvant à elle seule être cause, est toujours une complication de l'obstruction. Parfaitement étudié par Labric, il y a une trentaine d'années (Thèse inaug., Paris, 1852), ce mode de traitement a été surtout mis fréquemment en usage depuis que l'appareil de Dieulafoy a familiarisé les médecins avec les ponctions de toute nature. La ponction capillaire, dit Cuignet (Bull. méd. du Nord, p. 12b. 1875), doit se faire en imprimant un mouvement de rotation à l'aiguille et en la soutenant entre les deux doigts à la surface du corps. On apprécie fort bien le moment où l'aiguille arrive dans la cavité gazeuse et celui où elle touche la paroi opposée, ce qui peut donner l'idée exacte de la dimension de cette cavité.
Souvent, dit l'auteur, l'aspiration est nécessaire pour évacuer le gaz, mais ce qui serait plus généralement indiqué, ce serait de piquer successivement les anses distendues qui se présentent en avant à lia place des anses évacuées et rétrocédées.
Ces manœuvres sont inoffensives, mais elles sont délicates et, il faut en convenir, assez aveugles : c'esl dire qu'elles manquent souvent d'efficacité et qu'il faut agir autrement.
En somme, le traitement médical est utile souvent au début des obstructions, il faut le tenter invariablement. Mais il faut aussi que son inefficacité soit le plus sérieux des reproches qu'on puisse lui faire; il faut surtout qu'il ne compromette rien et qu'il laisse au chirurgien un terrain solide. pour les manœuvres plus radicales auxquelles ce dernier doit savoir se décider.
Nous n'ajouterons rien au rapide exposé que nous venons de donner du traitement médical. Les règles de son application sont bien connues; elles ne doivent pas être développées dans ce travail. Nos conclusions s'appuieront sur des données purement chirurgicales. L'examen des observations d'obstructions intestinales traitées par une opération, voilà la source où nous devons puiser nos principaux renseignements.