‹ De l'intervention chirurgicale dans l'obstruction intestinaleChapitre 6 sur 44 · Moyens 'physiologiques · texte numérisé non relu

Moyens 'physiologiques

Ces moyens sont nombreux. Le café, donné en abondance, aurait produit de bons résultats; mais il faut citer au premier rang des médicaments dont l'effet semble tout opposé, les narcotiques, parmi lesquels V opium, que Moutard-Martin a surtout préconisé chez nous, et auquel

Bryant reproche de faire perdre un temps précieux; la belladone pour laquelle les anglais paraissent avoir en ce moment une véritable prédilection et dont on enregistre tous les jours de nouveaux succès, le tabac insufflé ou administré en infusion et par des lavements, etc.'

Les purgatifs, dont les effets doivent être, sans nul doute, opposés à ceux des agents précédents peuvent déblayer l'intestin, en modifier la sécrétion catarrhale et lui rendre sa tonicité. Mais, combien il serait utile pour les administrer sans danger d'avoir fait le diagnostic de l'obstruction ! Que peuvent-ils faire contre une bride ou un rétrécissement très serré? Ne peuvent-ils pas, comme Leroy d'Etiollesl'a dit, provoquer à eux seuls une invagination ou du moins aggraver une invagination déjà existante? Il est certain que beaucoup d'obstructions cèdent cependant aux purgatifs ; ce sont surtout sans aucun doute, les obstructions par les matières fécales.

Le froid a, selon Grisolle, une grande valeur. Son élève Masson a publié sur ce sujet un travail dans les Annales de thérapeutique de 1876. Glace sur le ventre, lavements glacés ou petits morceaux de glace dans la bouche si le malade vomit beaucoup, voilà le fond du traitement. Le froid calmerait les douleurs, solliciterait les contractions intestinales, combattrait les phénomènes inflammatoires et aurait l'avantage de pouvoir s'appliquer à tous les cas donnés.

U électricité, proposée par Leroy (d'Etiolles), dans un mémoire lu à l'Académie de Médecine en 1826, a été employée par Duchenne (de Boulogne), qui en a fixé les règles d'applications d'une manière véritablement scientifique. Au début, Duchenne employait les courants induits et c'est à cet ordre de courants que Bucquoy {Journal de thérapeutique, 1878) a dû son succès.

11 est aujourd'hui démontré que les courants continus

peuvent suppléer avec avantage les courants induits. Nous devons à M. Boudet, de Paris, la communication de deux faits préremptoires de guérisons, dont l'observation va paraître en môme temps que cette thèse, dans le Progrès médical.

Quelle que soit la forme sous laquelle les courants électriques soient administrés, on sait que c'est la contraction des tuniques des intestins qui est l'objectif de leur action. Excitation vive avec les courants induits, excitation plus lente avec les courants continus et production de mouvements plus analogues aux vermiculations de l'intestin, les effets on le voit, ne sont pas identiques et, au point de vue de la thérapeutique médicale, répondent sans doute à des indications différentes.

D'une manière générale, quand il y a un obstacla organique au cours des matières et surtout lorsque l'obstruction a commencé à produire des troubles inflammatoires, le traitement électrique aussi bien que tout traitement médical est, disons-le, non-seulement inefficace, mais encore dangereux. L'excitation de l'intestin en augmentant la tension sur des parois dilatées et enflammées, peut en hâter la rupture et précipiter la terminaison fatale.

C'est ce que Bucquoy avait bien compris en disant que « pour donner d'heureux résultats et être bien supportée, l'électricité doit être appliquée avant toute complication inflammatoire ». Quand l'obstacle n'est pas infranchissable et surtout quand il consiste dans une invagination ou dans l'engagement récent de l'intestin sous une bride ou un anneau, l'électricité est pleine d'avantages.

Analysons en quelques mots les conditions de rétablissement du cours des matières : on applique généralement l'électricité de bonne heure, mais celle expression

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