‹ De l'intervention chirurgicale dans la péritonite tuberculeuse: étude critique et statistiqueChapitre 27 sur 54 · OBSERVATION XLIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XLIII

JACOBI, cité par TRUC.

Femme de 23 ans. Tumeur abondante. La laparotomie conduit sur une hydropisie enkystée de nature tuberculeuse, d'après l’auteur. Drainage avec un tube en verre, durant six semaines.

OBSERVATIONS XLIV ET XLV Maxo RogsoN. The Lancet, 1886.

Au cours d'une discussion à Leeds and west riding medico chirurgical Society, M. Mayo Robson dit avoir pratiqué deux fois la laparotomie dans la péritonite tuberculeuse et avoir chaque fois obtenu après l'intervention une grande amélioration dans les symptômes locaux et généraux.

OBsERvATION XLVI

MARY SNODDY WHETSTONE. Boston med. Journ.

Lilie H..., 20 ans, Norwégienne, nullipare, sans antécédents héréditaires, a remarqué depuis le mois de février 1885 une grosseur dans la fosseiliaque droite. Pas de trouble de la menstruation : réglée à 13 ans. Syphilis et pelvi-péritonite antérieures. sommets suspects.

La tumeur prenant de plus en plus de développement et l’état général de la malade devenant défectueux, on décide l'opération qui est pratiquée le 16 février 1886. On tombe sur un péritoine épaissi qui recouvredes anses intestinales agglutinées. Dans la fosse iliaque gauche on trouve une tumeur kystique

assez volumineuse, très adhérente au péritoine, remplie d’un liquide purulent. Une seconde tumeur de même nature occupe le fosse iliaque droite. Cette dernière très adhérente à l'utérus ne put en être complètement séparée, mais la face postérieure de cet organe fut soigneusement grattée. |

Les kystes furent reconnus d’origine ovarique. Le péritoine et les intestins étaient recouverts d’un exsudat plastique. Lavage avec une solution phéniquée à vingt pour mille, drainage. Mort le 22 mars, six semaines après l’opération.

A l’autopsie on trouve les anses intestinales et le péritoine couverts de granulations miliaires tuberculeuses. Les poumons sont également reconnus tuberculeux.

OgsERvATION XLVII

CLARKE. Brit. med. Journ., 1887. Traduction inédite de LACAZE.

A. S..., 10 ans, se présente à La consultation, le 10 mai 1887. Inappétence, anorexie, amaigrissement, faiblesse progressive, avec une tumeur abdominale.

Le lendemain, l'examen est complété; la malade est pâle, émaciée, les pommettes sont rouges, sa température est élevée. Elle marche avec difficulté. Les deux poumons, sains en avant, présentent en arrière et particulièrement du côté gauche une obscurité du murmure vésiculaire et une légère submatité.

L’abdomen est distendu par un épanchement liquide. Les antécédents héréditaires et personnels sont excellents. Le 16 mai on pratiqua la laparotomie.

A l'ouverture du ventre, faite sur la ligne médiane, on trouve les intestins refoulés en haut vers le diaphragme. Ils sont, parsemés ainsi que le péritoine de petites granulations de la grandeur et de l'aspect de grains de tapioca cuits. La cavité péritonéale est lavée avec environ deux litres et demi d’une solution phéniquée au centième. On referme le ventre sans éponger le péritoine.

Les suites opératoires furent des plus simples. Six heures

60 0e Hs après l'opération, la douleur disparut. La température se main-

tint assez élevée les deux premiers soirs qui suivirent l’intervention eb redevint ensuite normale. Le septième jour on

enlève les sutures et le quinzième, la malade serrée dans un

bandage de corps, se lève pour la première fois. Le 5 juin elle part pour l'hôpital des convalescents où elle demeure trois semaines pendant lesquelles elle engraisse de neuf livres. Ses forces reviennent parallèlement. Un mois après elle se portait

fort bien : il n’y avait plus trace de liquide dans l'abdomen et à

l’auscultation on trouvait les deux poumons sains. OgservarioN XLVIII KNAGGS. Bristish med. Journ. Traduction inédite de LACAZE.

Jeune fille de 16 ans non réglée depuis quatre mois : se plaint d’une tumeur abdominale située à gauche. Une ponction aspi-

ratrice donne les résultats suivants : Liquide d’une densité

égale à 1027, contenant de l'albumine, de la paralbumine, des cellules à larges granulations et des leucocytes.

Diagnostic : Kyste de l'ovaire. Le 7 juillet 1886, on pratique la laparotomie. Le péritoine, le mésentère, les intestins sont couverts de myriades de granulations de la grosseur d’un grain de millet. Amélioration de la santé générale depuis l’intervention. En sept mois la malade gagne huit livres. En mars 1887, se trouvant très bien, elle reprend du service, mais la place était dure et la santé déclina. Néanmoins quinze mois après l'opération il n'y avait pas d’ascite ni aucune apparence de progression de l'affection abdominale. Elle avait cependant perdu huit livres de son poids. En outre elle présentait une expectoration matinale et de l'expiration prolongée au sommet droit. Les règles avaient disparu depuis le mois de juillet 1887.

ES

OBsERvVATION XLIX

Wan DE WARKER. Amer. Journ. of Obst. Traduction inédite de LACAZE (résumée).

Mne C..., âgée de 26 ans, mariée depuis quatre ans et mère depuis un an d’un enfant assez beau, a depuis deux mois le ventre anormalement développé et elle attribue cette déformation à la présence d’une tumeur abdominale. Examinée avec soin on constate les signes habituels de l’ascite sans que rien du côté de l’utérus ou de ses annexes, du foie, du rein ou de larate puisseen expliquer l’étiologie. Les poumons sont sains, la température est normale, l'appétit est demeuré bon, néanmoins les digestions sont pénibles et la malade présente une tendance marquée au dévoiement. Avec cela elle a maigri légèrement, mais n’a du côté des malléoles ou des paupières aucune trace d'œdème. Le diagnostic d’ascite idiopathique {?) est porté et la malade est soumise à un régime tonique et diurétique.

L'amaigrissement s’accentue ainsi que l’ascite : M"*° C. resta dans cet état jusqu’à la fin de l’année, sans souffrir d’autre chose que d’une toux légère qui céda au bout de cinq semaines à une thérapeutique appropriée.

A la fin de cette année un changement complet s'observa dans l’état local ; l’épanchement parut s’enxyster et à la palpation on trouvait dans la fosse iliaque droite une masse irrégulièrement dure et un empâtement général de la région. Avec cela pas de toux ni d'état hectique, la température était presque normale et cependant la malade dépérissait rapidement et présentait de plus en plus le faciès ovarien. Le premier diagnostic fut abandonné, néanmoins dans l'impossibilité de lui en substituer un positif, toute décision fut remise à plus tard. |

En mars 1886, en raison de la dyspnée devenue très grande par le fait du développement progressif de l'ascite, on pratiqua une ponction qui donna issue à un litre et quart environ d’un liquide jaune paille. L'abdomen ne revint que fort peu sur lui-

le

même et l'examen du liquide ne permit pas de former une opinion.

Le 11 juin 1886 on se décida, sur les instances de la malade, à pratiquer la laparotomie : on avait été peu à peu amené à croire que l’ascite primitive était masquée par le développement d’un kyste ovarien, diagnostic qui fut confirmé par le D' Didama.

A l’ouverture de la cavité abdominale le péritoine est trouvé très épaissi, on l’incise avec difficulté et on arrive à évacuer ainsi une certaine quantité de liquide. Au-dessous les anses intestinales sontagglutinées entre elles et sont parsemées d'un grand nombre de granulations tuberculeuses de la grosseur d'un grain de millet à celle d’une chevrotine, granulations que l’on retrouve également sur le péritoine pariétal. Le côlon transverse était adhérent dans toute son étendue au péritoine, circonscrivant ainsi la cavité qui donnait au liquide l'apparence d'une collection enkystée.

Tout cela fut débridé et soigneusement nettoyé avec une solution chaude de sublimé à un gramme pour cinq litres. La plaie fut fermée et pansée avec de l’iodoforme et de l’ouate absorbante sèche.

La température ne dépassa jamais 100° F. La malade guérit très rapidement. Son appétit augmenta considérablement, son teint redevint coloré et au moment où elle quitta l'hôpital, c'est-à-dire trois semaines après l'opération, elle avait engraissé de dix livres. Elle continua à se fortifier et trois mois plus tard avait une apparence très robuste. En ce moment (juin 1887) son état n’a pas changé.

À noter que l’on ne mit pas d’iodoforme dans la cavité abdominale.

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