‹ De l'intervention chirurgicale dans la péritonite tuberculeuse: étude critique et statistiqueChapitre 35 sur 54 · OBSERVATION LXVII · texte numérisé non relu

OBSERVATION LXVII

Inédite. Due à l’obligeance de M. le professeur DEMoNS, recueillie et rédigée par LAMARQUE, interne du service,

D... Léontine, 24 ans, entre le 27 février 1888, à l'hôpital St-André où elle est placée à la salle des Dames payantes.

Pas de maladies antérieures. Réglée à 14 ans, la menstruation s'établit normalement et se maintient régulière.

Deux ans après environ, à l'époque menstruelle. elle ressent subitement de vives douleurs avec coliques violentes. Ces phénomènes durent trois jours et disparaissent ; ils se reproduisent cinq ou six fois avant son mariage, qui à lieu à 16 ans et demi. Trois mois après, grossesse, un peu pénible, mais sans douleurs bien fortes cependant. Accouchement normal.

Dès le lendemain de l'accouchement, la malade prétend avoir senti du côté gauche de l'abdomen une grosseur du volume du poing. Il y a de cela sept ans, par conséquent.

Dans les mois qui suivirent l'accouchement, état peu satisfaisant, fatigue constante, maux d'estomac, faiblesse générale. Un an après ces douleurs s'accentuent et se localisent au bas-ventre. Cantérisations pour métrite probable, non accompagnée de pertes blanches. Les règles sont normales et régulières.

La santé redevient bonne pendant un an environ. Quelques maux d'estomac seulement de temps à autre.

Dans le flanc gauche existe toujours la grosseur dont il a été

parlé. Il y a trois ans coliques très intenses. D utérines, pertes blanches très abondantes pendant environ un mois.

Depuis lors la santé n’est pas entièrement bonne: les douleurs

sans être aussi fortes sont continues.

Les forces sont très diminuées, tout travail est impossible et répond douloureusement dans l'abdomen.

Ily a un mois environ, une ponction exploratrice est faite dans la fosse iliaque gauche, au niveau de la grosseur décrite plus haut. Elle donne issue à environ cent grammes d’un liquide clair, visqueux.

A partir de ce moment les douleurs deviennent Se fortes. La fièvre revient tous les soirs. L’amaigrissement fait des progrès rapides.

Depuis un an environ la malade était atteinte d’une constipation opiniâtre : depuis un mois au contraire elle est en proie à une diarrhée incessante.

Examen de la malade. — Femme brune, pâle, très amaigrie. Le ventre est plat, non ballonné et mat à la percussion. A la palpation on a la sensation d'une surface bosselée, irrégulière et présentant une certaine rénitence. Ces saillies paraissent situées immédiatement au-dessous de la paroi; on pense qu’elles siègent dans l’épiploon et le diagnostic de péritonite tuberculeuse est porté.

Laparotomie le 10 mars 1888. Incision sur la ligne médiane (18 cm.). On tombe sur un péritoine épaissi, adhérent de toutes parts à la paroi abdominale. À sa surface se trouve une multitude de granulations tuberculeuses ef par places de petits kystes renfermant un liquide visqueux analogue à celui qu'on avait retiré de la première ponction, mais ils sont très petits et le liquide qu'ils contiennent ne peut être recueilli. Le péritoine est décollé le plus possible, sa surface est raclée légèrement et on la saupoudre d'environ vingt grammes d'iodoforme.

Hémostase des plus faciles. Ligatures de quelques artérioles de la paroi. Trois sutures profondes au fil d'argent : sutures superficielles au fil de soie. Pansement phéniqué.

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