‹ De L'Intervention Chirurgicale dans le Cas de Hernies Ombilicales AdhérentesChapitre 13 sur 24 · DURE · texte numérisé non relu

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en tous sens : on n'obtiendra rien de l'intervention chez ces types de hernieux. »

On voit, par cet exposé, que l'abstention n'est indiquée que dans des cas exceptionnels : en général l'intervention s'impose comme un devoir au chirurgien ; ne pas opérer, c'est laisser son malade exposé aux accidents les plus graves que nous allons passer en revue dans le paragraphe suivant.

« La hernie réductible est une infirmité doublée d’un danger dit M. le professeur Peyrot dans le manuel de pathologie externe des quatre agrégés.» Cette phrase peut s'appliquer à toute tumeur herniaire et en particulier aux grosses hernies ombilicales adhérentes. Il est vrai que l’on voit parfois des malades portant dans une poche herniaire la moitié et plus de leur intestin, vaquer sans trop de gêne à leurs occupations : les troubles digestifs sont nuls ; la santé générale reste bonne. Cette manière d'être est loin d’être la règle : le plus souvent ces malades condamnés au repos, dans l'impossibilité absolue de gagner leur vie ont à se plaindre de troubles digestifs, de flatulence, de douleurs lancinantes, de nausées comparables, dit Garnier, (thèse de Paris 1877), à l'impression produite par des tentatives de réduction ; les selles ne sont plus régulières ; à une diarrhée intense succède une constipation opiniâtre. Devant un fonctionnement aussi défectueux de l’appareil digestif, la nutrition se fait mal, les malades maigrissent, tombent souvent dans l’hypocondrie, deviennent un terrain de

culture favorable au développement des germes mor-

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bides. Il est certain que dans la plupart des cas, si Par exception les accidents très graves dont nous allons parler épargnent les hernieux, ils meurent pourtant de leur hernie, cause de débilitation et de ruine anticipées pour l'organisme.

Ces incommodités, comme le dit Garnier, les troubles digestifs occasionnés par la tumeur herniaire sont donc capables d'entraîner à d’irrémédiables conséquences. Souvent aussi ils sont le prélude d’accidents bien plus sérieux contre lesquels l'intervention ; chirurgicale a trop fréquemment échoué : nous vou-

lons parler de la péritonite herniaire et de l’obstruction intestinale qui dans bien des cas lui est consécutive. Avec Richter, il faut admettre que les hernies ombilicales surtout les hernies volumineuses réductibles ou non, s’étranglent plus difficilement que les hernies crurales ou inguinales ; dans les éxomphales, les accidents ne se produisent pas non plus avec la même rapidité que pour les hernies plus petites, quel-

le qu’en soit la nature : le mécanisme n’en est pas le E- même ; ils’agit plutôt d’une obstruction intestinale de 72 causes variées que d’un véritable étranglement, tel LS qu'il se forme par exemple dans les petites hernies Le ; inguinales mal contenues ; mais, dit Berger, «ces ac-

Re” cidents pour s'établir avec plus de lenteur n’en sont | peut-être que plus graves, une fois que l’occlusion in- ‘#4 Eu testinale est définitivement constituée. »

ES Dans une remarquable thèse de 1887, M. le doc- D. teur Boiffin, de Nantes, passe en revue les différentes

ne causes pouvant produire l’obstruction dans les grosses

honte

hernies adhérentes en général. L'observation LX VII de ce travail recueillie par M. Doyen, interne des hôpitaux, cite le cas d’une femme atteinte depuis trois ans d’une exomphale énorme et qui mourut après une intervention chirurgicale tardive ; l’autopsie vint démontrer qu'il s'agissait d’une occlusion due à l'arrêt dans l'intestin de corps étrangers alimentaires. De pareils faits sont rares, mais possibles ; il faut s’en souvenir.

L'occlusion par brides, adhérences, orifices accidentels, vices de position, est beaucoup plus fréquente ; dans ses mémoires de la société médicale d’observa-tions, Cossy à parfaitement expliqué de quelle façon les adhérences en coudant l'intestin arrivaient à former un éperon, s’opposant au cheminement des excreta. Pour cet auteur, les adhérences limitées sont beaucoup plus dangereuses que les adhérences étendues ; ces dernières ne font qu'immobiliser l'intestin, les premières l’immobilisent et l'infléchissent en même temps, d’où occlusion intestinale : les unes et les autres, comme Cloquet l’a démontré, produisent parfois l'invagination, Par compression, par formation d’orifices accidentels dans lesquels s'engage l'intestin, les brides que l’on rencontre dans le sac des grosses hernies ombilicales adhérentes sont souvent aussi une cause d’'obstruction.

Quant au rétrécissement dont M. le docteur Boiffin a parfaitement étudié le mode de formation, il arrive plus rarement à produire un arrêt completdes matières.

fécales ; il occasionne surtout les troubles digestifs.

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dont nous avons parlé, troubles qui conduisent les malades à la Consomption, à la mort, à moins qu'un “accident plus aigu ne vienne hâter le dénoûment.

\ Il faut signaler aussi comme possibles des accrdents infectieux, la péritonite, la gangrène, qui auraient pour origine, dit M. le professeur Condamin,

me dans les archives provinciales de chirurgie, les ulcérations, l’'eczéma, l’empétigo qu’il n’est pas étonnant de voir se produire dans le cas de grosses hernies ombilicales, chez des femmes chargées d’embonpoint.

Nous ajouterons avec M. le professeur Lucas Championnière que très souvent chez les hernieux,

& | que la tumeur soit crurale, inquinale ou ombilicale, le à diabète et l’albuminurie viennent assombrir le pro- E. | nostic en annonçant une prochaine déchéance de % | l'organisme.

” L'emphysème est encore une complication fré- # quente des grosses hernies ombilicales.

Par ce court aperçu on voit combien sont graves les accidents dont sont menacés les malades portant té une grosse hernie ombilicale adhérente, combien sont nombreuses les causes d’obstruction intestinale.

3 L'obstruction reconnue, il faut de toute nécessité tenter l'opération : si les accidents cessent parfois,

; c'est pour se reproduire bientôt plus menaçants ; il 2 LE | n'est permis d’avoir dans l’expectation que de très minimes espérances. Macdonald rapporte douze faits + de non intervention, dans lesquels trois seulement ont à

| été accompagnés de guérison, tandis que les neuf #

autres se sont terminés par la mort. Le traitement !

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