CHAPITRE Il
Indications et contre-indications de l'intervention dans le cas de grosses hernies ombilicales «dhérentes. — Dangers auxquels l’abstention expose le malade.
Au commencement de ce chapitre, nous tenons à dire que les réflexions qui vont suivre s’adresseront non-seulement aux grosses hernies ombilicales vraies sortant par l’anneau, mais aussi aux hernies adumbilicales de Gerdy et sus ombilicales de Gosselin, se faisant un passage à travers les interstices musculo-aponévrotiques voisines de l’anneau.
L'intervention pour hernies ombilicales adhérentes est, il faut le reconnaître, une intervention sérieuse : si les contre-indications sont devenues plus rares depuis les progrès de la chirurgie, il en existe encore.
En premier lieu, il ne convient pas d'opérer les malades d’un âge trop avancé ; nous rappellerons à ce propos l'opinion de Monsieur Lucas Championnière ; pour cet auteur, l'opération est dangereuse chez le vieillard ; il ne faut la faire que sur une indication pressante, surtout en présence d'accidents qui compromettent profondément la santé générale (Gazette des hopitaux 92, page 927). Chez les individus ayant
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dépassé la période moyenne de Ja vie, le chirurgien doit agir avec la plus grande prudence. Monsieur Lucas Championnière conseille de d'intervenir qu’après la production d'accidents bien déterminés : douleurs, troubles digestifs, impossibilité de travail. Il est évident que ce chirurgien en parlant ainsi, ne pousse pas à une imprudente temporisation, à l'attente dangereuse de Symptômes graves : il n’ignore pas la statistique déplorable que donnent les interventions tardives.
Quand au volume de la hernie, une grosseur exagérée n’est à aucun point de vue une bonne indication ; si, dans ces conditions, le chirurgien peut encore obtenir d'excellents résultats, il trouve toujours devant lui des obstacles qu'il ne peut surmonter qu'avec beaucoup de peine.
La hernie ombilicale à, plus que toute autre, une tendance à l'accroissement. La plupart du temps les bandages sont illusoires et ne maintiennent que très imparfaitement les omphalocèles ; de cet accroissement progressif, résulte comme Sanger l’a démontré, là formation dans les loges du sac de hernies secon-
daires. Une telle disposition complique le manuel
opératoire : le plus sage est donc d'opérer le plus vite possible. Si M. Lucas Championnière est intervenu AVEC SuCCÈS chez une femme de 55 ans du poids de 210 livres et dont la hernie mesurait 78 centimôtres de tour à la base pour 31 centimètres de hauteur, il a réconnu lui-même la gravité d’une telle opération et
les difficultés de la mener à bien. Il est impossible de .
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fixer un chiffre, un volume limite qu’on ne devra pas dépasser ; cette détermination variera selon les circonstances. Quoiqu'il en soit, l'observation de M.
Lucas Championnière, citée plus haut doit inspirer de
la hardiesse aux chirurgiens : il est permis de croire que le volume exagéré de la tumeur n’est que rarement une importante contre indication.
Un mauvais état général du malade forcera bien plus souvent le chirurgien de s'abstenir : on doit laisser de côté les grands cachectiques, albuminuriques, diabétiques, tuberculeux ; toutefois en ce qui concerne
les albuminuriques, il convient de faire des restrictions ; plusieurs opérations pratiquées chez des albu-
minuriques n'ont pas eu de suites fâcheuses : il en est de même pour les emphysémateux ; avec de la
prudence on peut encore ici obtenir d'excellents résul-
tats.
Quant aux diabétiques, M. Albert Vidal (Thèse de Lyon 1892) a démontré que les nouvelles méthodes
chirurgicales ont sensiblement modifié pour cette
classe de malades les indications opératoires : malgré la diathèse, les plaies pourront, grâce à une rigoureuse antiseptie se cicatriser sans le moindre accident. Un assez grand nombre d'observations recueillies dans le service pe M. le professeur Poncet de Lyon,
viennent à l'appui de cette théorie.
« Enfin, dit M. Lucas Championnière, il faut
abandonner à leur sort certains hernieux qui font des
hernies partout, dont la paroi abdominale s'effondre