‹ De L'Intervention Chirurgicale dans le Cas de Hernies Ombilicales AdhérentesChapitre 8 sur 24 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

De l'intervention pour hernie ombilicale en général, hernie ombilicale étranglée, hernie adhérente.

« Guérir radicalement les hernies, modifier les tissus au point de rendre toute récidive impossible, est, dit M. le professeur Segond, un problème que se sont posés les chirurgiens de tous les temps ». 7

Les anciens qui considéraient la hernie comme une affection honteuse employèrent contre elle les moyens les plus variés. Celse, dans ses ouvrages, ne décrit pas moins de trois méthodes de cure radicale des hernies ombilicales :

Dans une première, l'opérateur, après avoir réduit l'intestin, plaçait deux ligatures autour du pédi- -cule ; dans une seconde, il traversait le pédicule de deux fils venant se nouer chacun de leur côté ; dans une troisième, avant de pratiquer la ligature, le chirurgien ouvrait le sac, afin de se rendre compte de l'état de l'intestin. Ces trois procédés avaient pour but de mortifier la poche herniaire.

Cette ligne de conduite fut à peu près celle de tous les chirurgiens de l'antiquité : Oribase IV® siècle, Paul d’Egine VII° siècle, Aétius, Avicenne, Albucasis, Haliabbas, qui furent les principaux représentants de

l’école arabiste, opérèrent toutes les hernies réductibles tant inguinales qu'ombilicales, Leur manuel opératoire ne diffère de celui de Celse que par quelques points de détail.

Nous ne rappellerons pas ici ie règne trop long des empiriques qui succéda à la déchéance de l’école de Paris ; nous arriverons de suite au XVI: siècle. A cette époque avec Franco, Ambroise Paré pour la France, Fabrice Acquadapente pour l'Italie, se lève l'aurore d’une renaissance scientifique. Ambroise Paré décrit dans ses ouvrages l'opération employée ; de son temps; effrayé sans doute par les mauvais résultats obtenus avant lui, cet illustre chirurgien n’osait pas ouvrir le sac herniaire pour en vérifier le contenu : après avoir réduit les viscères, lié solidement le pédicule, il excisait le sac au-dessus de la ligature. Cette méthode est, on le voit, celle de Celse. Elle fut en honneur jusqu'à la fin du XVI siècle. C’est alors que fut inventé le bandage d’acier ; les méthodes sanglantes n’eurent plus que de rares parti- | sans, parmi lesquels il faut citer Saviard et Thévenin :ce dernier chirurgien indique quatre procédés de ligature pour hernie ombilicale.

Malgré Thévenin, la cure radicale est abandonnée de plus en plus : Dionis, Richter, J.-L. Petit, Garengeot s’en tiennent aux bandages. Au commencement du XIX° siècle, il n’est guère que Desault à tenter la kélotomie, et encore ne la tente-tl que sur des " ‘enfants. Dans ses œuvres chirurgicales publiées par

Bichat, son procédé est ainsi décrit : © On pratique

d'abord la réduction des viscères, puis un aide fait autour de la base des enveloppes plusieurs circulaires avec un fil de lin ciré, ete. ; au bout de quelques jours, les parties liées tombent : lulcère qui en résulte est pansé soigneusement et guérit en quelques jours, laissant l'ombilic assez résistant pour que la toux et les-efforts imprimés aux muscles abdominaux n’y déterminent aucune impulsion. »

Les chirurgiens après Desault n'imitèrent pas sa manière de faire. Les sociétés de médecine de Lyon et de Paris condamnent les procédés sanglants pour la 3 cure des hernies, le bandage est seul employé jusqu'en 1835. | .

À cette époque, Gerdy propose sa méthode d’invagination du sac dans le trajet herniaire. Malgré les efforts de ce chirurgien, malgré les travaux de Boïnet, de Thierry, de Vidal de Cassis, de Wood, de Giraldès, préconisant la cure sanglante, les bandages, à dater de 1848, restèrent, comme le dit Barrier (thèse de Paris 1888), les seuls maitres du terrain. Il suffit de lire les ouvrages de Gosselin et de Malgaigne, pour se rendre compte du diserédit dans lequel tombèrent à cette époque tous les procédés de cure radicale préconisés jusqu'alors.

Il n’en est pas de même aujourd'hui. Depuis Charles Steale 1873, l’antiseptie a permis aux chirurgiens les plus grandes hardiesses : les bandages rélégués au second plan ont laissé la priorité aux méthodes sanglantes. Le procédé de Sewhalbe en Allema-

gne, de Luton en France, procédé qui consiste en

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